Une mairie de Dordogne s’engage à interdire les spectacles d’animaux
Sommaire8 sections
- 01Un arrêté municipal, pas une interdiction nationale
- 02Une pression associative ancienne
- 03Ce que prévoit la loi depuis 2021
- 04Ce que documentent les études sur les animaux itinérants
- 05Des habitants partagés
- 06Qui vérifie que l’engagement est tenu ?
- 07Deux associations à l’origine de la plupart des campagnes
- 08Un mouvement qui s’élargit
Depuis juin 2024, la ville de Périgueux, en Dordogne, ne programme plus de spectacle avec des animaux sauvages sur son territoire. La décision, annoncée par la maire Delphine Labais, met fin à une tradition locale attachée à la Journée médiévale, où des rapaces étaient présentés en vol devant le public. Elle s’ajoute à une liste de communes françaises qui ont pris le même engagement ces dernières années.
Un arrêté municipal, pas une interdiction nationale
Une décision de ce type porte sur ce que la mairie contrôle réellement : l’usage du domaine public et la programmation des événements municipaux. Elle ne s’applique pas à un cirque privé qui s’installerait sur un terrain ne dépendant pas de la commune, ni aux structures situées hors de son territoire. C’est une différence qui explique pourquoi ce genre d’annonce, même suivie d’effet, ne fait pas disparaître d’un coup les spectacles d’animaux sauvages dans toute une région.
Une pression associative ancienne
Les mairies qui franchissent ce pas le font le plus souvent après une campagne menée par des associations de protection animale, qui recensent les événements municipaux impliquant des animaux sauvages et sollicitent directement les élus. Ce travail a porté ses fruits, des grandes villes jusqu’aux bourgs plus modestes.
Ce que prévoit la loi depuis 2021
Au niveau national, la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale a fixé un calendrier pour les cirques itinérants : la détention d’animaux sauvages y sera interdite à partir de 2028, après une période de transition destinée à permettre le reclassement des animaux déjà présents, le plus souvent vers des refuges ou des parcs spécialisés. Les spectacles avec des mammifères marins captifs suivent une trajectoire comparable, avec l’arrêt des naissances et des acquisitions déjà en vigueur depuis la promulgation du texte.
Ce que documentent les études sur les animaux itinérants
Les travaux d’éthologie consacrés aux animaux de cirque convergent sur un point : les espèces à large territoire ou à vie sociale complexe, comme les grands félins ou les éléphants, montrent des signes de mal-être plus marqués en captivité itinérante qu’en captivité fixe, faute d’espace stable et de repères durables. C’est cet argument, documenté par des vétérinaires spécialisés en faune sauvage, qui pèse le plus lourd dans les décisions municipales récentes.
Des habitants partagés
Sur le terrain, la mesure ne fait pas l’unanimité. Une partie des habitants et des visiteurs regrette la disparition d’un rendez-vous qu’ils considéraient comme un moment fort de l’animation locale, en particulier lors des fêtes médiévales où les rapaces avaient un rôle démonstratif plutôt que circassien. D’autres saluent une décision cohérente avec l’évolution du regard porté sur la faune sauvage.
Qui vérifie que l’engagement est tenu ?
Une fois l’arrêté voté, ce sont le plus souvent les mêmes associations qui assurent le suivi, en consultant le programme des événements municipaux et en signalant à la mairie tout écart constaté. Ce contrôle reste ponctuel et repose sur du bénévolat, ce qui explique que la portée réelle d’un engagement de ce type dépende autant de la vigilance associative que du texte voté en conseil municipal.
Deux associations à l’origine de la plupart des campagnes
Deux organisations reviennent le plus souvent derrière ces démarches auprès des mairies françaises : Code Animal, qui tient un décompte des communes engagées, et One Voice, plus ancienne, qui a porté plusieurs contentieux devant les tribunaux administratifs contre des arrêtés jugés trop timides. Leur travail consiste autant à convaincre les élus qu’à documenter, commune par commune, l’état réel des engagements pris.
Un mouvement qui s’élargit
Chaque nouvelle commune qui adopte ce type d’arrêté renforce un rapport de force qui pousse les organisateurs de spectacles à revoir leur offre, en particulier pour les événements accueillis sur des terrains municipaux, souvent les plus visibles et les plus fréquentés. Les associations qui portent ces campagnes visent désormais les grandes agglomérations qui n’ont pas encore pris position, avec l’objectif d’élargir la couverture avant même l’échéance légale de 2028.
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