Périgueux suspend les spectacles avec des animaux sauvages
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Depuis juin 2024, Périgueux ne programme plus de spectacle avec des animaux sauvages sur son territoire. La décision met fin à une tradition attachée à la Journée médiévale de la ville, où des rapaces étaient présentés au public depuis plusieurs décennies. Elle illustre un mouvement plus large de communes françaises qui renoncent à ce type d’animation.
La Journée médiévale et ses rapaces
Chaque année, la Journée médiévale de Périgueux attirait les foules avec ses reconstitutions, ses échoppes et, jusqu’à récemment, des démonstrations de rapaces en vol. Le public pouvait y observer de près des hiboux grands-ducs et d’autres oiseaux de proie maintenus en captivité pour l’occasion, dans un format qui existait depuis longtemps sans être remis en question localement. Ce type de démonstration, hérité des spectacles de fauconnerie médiévale, reste courant dans les fêtes historiques françaises, où il sert autant à recréer une ambiance d’époque qu’à faire découvrir des espèces rarement observées de près.
La campagne de l’association PAZ
La décision municipale intervient après une campagne de l’association Paris Animaux Zoopolis (PAZ), qui a interpellé la mairie sur l’utilisation de rapaces captifs lors de l’événement. L’association a fait valoir que ces animaux, dressés pour un numéro répété devant le public, ne bénéficient pas des conditions nécessaires à l’expression de leurs comportements naturels, en particulier un territoire de chasse suffisant et la possibilité de voler librement. La maire de Périgueux, Delphine Labais, a répondu en annonçant l’arrêt définitif de ces spectacles.
« Je m’engage à ce que la Ville de Périgueux ne programme plus de spectacle impliquant la présentation d’animaux sauvages », a déclaré Delphine Labais, selon des propos recueillis par Sud Ouest.
Un calendrier national déjà fixé
La décision de Périgueux s’inscrit dans un cadre législatif qui évolue depuis 2021. Selon Le Parisien, la possession d’animaux sauvages par les cirques itinérants et les delphinariums sera interdite à partir de 2028, à l’issue d’une période de transition prévue par la loi pour permettre le reclassement des animaux déjà détenus.
Ce texte n’oblige aucune commune à agir avant cette échéance : les décisions locales comme celle de Périgueux vont plus vite que la loi, sur le périmètre plus restreint des événements municipaux. Elles n’en pèsent pas moins sur le calendrier national, en habituant le public et les organisateurs à des spectacles sans animaux sauvages avant même que la loi ne l’impose partout. Les démonstrations de rapaces, comme celles qui avaient lieu à Périgueux, ne relèvent pas directement de cette loi sur les cirques, mais du pouvoir de police générale du maire sur l’organisation des événements municipaux.
Une décision qui ne fait pas l’unanimité
La suspension des spectacles animaliers à Périgueux suscite des réactions contrastées :
- les associations de protection animale saluent une décision cohérente avec l’évolution de la réglementation nationale ;
- une partie des habitants et des visiteurs réguliers de la Journée médiévale regrette la disparition d’une animation qu’ils jugeaient éducative sur les rapaces et leur mode de vie.
Ce que la ville met à la place
La municipalité a indiqué vouloir conserver l’esprit pédagogique de l’événement sans recourir à des animaux captifs, par exemple via des interventions de naturalistes ou des expositions sur la faune locale. Le format exact de ces alternatives pour l’édition suivante de la Journée médiévale, qui se tient traditionnellement au début de l’été, restait au moment de l’annonce encore à préciser.
Un exemple parmi d’autres communes
Périgueux rejoint une liste de communes françaises qui ont pris des engagements comparables ces dernières années, sous la pression d’associations locales ou nationales. Ce mouvement municipal ne remplace pas la loi de 2021, mais il en accélère l’effet perçu, plusieurs années avant l’échéance de 2028 fixée pour les cirques itinérants. Pour une ville qui organise chaque année un événement historique fondé sur la reconstitution, le choix d’y retirer les rapaces captifs revient aussi à trancher une question plus générale : jusqu’où une reconstitution d’époque doit-elle reproduire des pratiques qu’on ne juge plus acceptables aujourd’hui.
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