La pipistrelle : colonies, chasse nocturne et gîtes
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La pipistrelle commune, Pipistrellus pipistrellus, compte parmi les plus petites chauves-souris d’Europe : à peine cinq centimètres de corps pour cinq à huit grammes, soit à peu près le poids d’une pièce de deux euros. Elle n’en chasse pas moins jusqu’à trois mille insectes en une seule nuit, ce qui en fait l’une des chauves-souris les plus répandues autour des habitations humaines.
Vie sociale
La pipistrelle commune vit en colonies pouvant réunir de quelques dizaines à plusieurs centaines d’individus, surtout au moment de la mise bas. Sédentaire l’essentiel de l’année, elle appartient aux espèces anthropophiles : elle recherche la proximité des habitations, où les éclairages nocturnes attirent les insectes dont elle se nourrit. Le jour, elle se cache dans des trous d’arbres, des fissures de façade, des greniers ou derrière des volets, à l’abri de la lumière.
Chasse nocturne
Active dès la tombée du jour jusqu’à l’aube, la pipistrelle chasse en vol rapide et changeant de direction, une technique qui lui permet de suivre des proies elles-mêmes imprévisibles. Elle privilégie les zones à forte concentration d’insectes : abords des étangs, des mares, ou des lampadaires qui attirent les moucherons et les moustiques. Un même individu peut parcourir plusieurs kilomètres au cours d’une nuit de chasse, en revenant régulièrement survoler les mêmes points riches en proies plutôt qu’en explorant un territoire toujours différent.
Écholocation : un sonar par la bouche
Pour chasser dans le noir, la pipistrelle émet des ultrasons par la bouche grande ouverte, puis analyse l’écho renvoyé par les obstacles et les proies pour reconstruire son environnement en temps réel. Ce sonar biologique n’est pas propre aux chauves-souris : les dauphins et d’autres cétacés à dents s’en servent aussi pour chasser dans une eau parfois trouble. Il reste en revanche absent chez la plupart des mammifères, y compris chez des animaux nocturnes aux grands yeux comme le tarsier, qui compte avant tout sur sa vision pour repérer ses proies.
Une aire de répartition très large
La pipistrelle commune occupe une bonne partie de l’Europe, jusqu’en Afrique du Nord et en Asie occidentale, ce qui en fait l’une des chauves-souris les plus largement réparties du continent. Cette large distribution masque longtemps une confusion : jusqu’au début des années 1990, les naturalistes rassemblaient sous ce même nom deux espèces distinctes, séparées depuis par la fréquence de leurs ultrasons, autour de 45 kilohertz pour l’une et de 55 kilohertz pour l’autre, la pipistrelle soprane. Le nom de pipistrelle commune ne désigne donc, depuis cette révision, que la première des deux lignées.
Reproduction différée
L’accouplement a lieu à la fin de l’été, quand les mâles émettent des cris aigus et dégagent une odeur musquée pour attirer les femelles autour d’un territoire qu’ils défendent en harem. Les spermatozoïdes restent ensuite en dormance dans les voies génitales de la femelle pendant toute l’hibernation. La fécondation effective n’a lieu qu’au retour du printemps, ce qui permet à la naissance de coïncider avec la période où les insectes redeviennent abondants.
Une des plus petites chauves-souris d’Europe
Avec une envergure de 18 à 24 centimètres, la pipistrelle commune tient dans le creux d’une main. Sa petite taille ne l’empêche pas de vivre longtemps pour un mammifère de ce gabarit : certains individus bagués ont dépassé quinze ans, même si l’espérance de vie moyenne, une fois les premiers mois passés, tourne plutôt autour de quatre à cinq ans. Le petit, unique la plupart du temps, se nomme le chauve-souriceau.
Qui la menace
Malgré sa petite taille et sa discrétion, la pipistrelle commune fait face à plusieurs prédateurs, principalement quand elle chasse près du sol ou repose dans un gîte accessible. La destruction des gîtes lors de travaux de rénovation représente, à l’échelle de la population, une menace plus large que la prédation elle-même, ce qui vaut à l’espèce d’être protégée par la loi en France depuis 1981 :
- le renard roux
- la fouine et la belette
- le putois et l’hermine
- des rapaces diurnes comme la buse variable et le faucon pèlerin
- des rapaces nocturnes comme le hibou grand-duc et la chouette hulotte
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