Le lièvre d’Europe : silhouette élancée, longues oreilles et habitudes

découvrez le portrait détaillé du lièvre d'europe, de son apparence à ses habitudes dans son habitat naturel.
Sommaire7 sections
  1. 01Une silhouette taillée pour la course
  2. 02Pas de terrier, un gîte
  3. 03Grégaire seulement pour se nourrir
  4. 04Le bouquinage, une parade mal comprise
  5. 05Un domaine vital non défendu
  6. 06Prédateurs
  7. 07Dénominations et déclin

Le lièvre d’Europe ne creuse pas de terrier : il dort à l’air libre, dans une simple dépression tapissée d’herbe qu’on appelle un gîte. C’est ce détail, plus que la taille de ses oreilles, qui le distingue vraiment du lapin de garenne avec lequel on le confond si souvent.

Une silhouette taillée pour la course

lièvre d’Europe assis dans un champ, oreilles dressées à pointe noire, pattes arrière repliées

Le lièvre d’Europe, Lepus europaeus, mesure de 50 à 70 centimètres de long pour un poids de 3 à 5 kilogrammes, soit près du double d’un lapin de garenne. Ses pattes arrière, nettement plus longues que celles du lapin, lui permettent des pointes de vitesse proches de 70 kilomètres par heure sur de courtes distances, en course zigzagante pour semer un prédateur. Ses oreilles, longues de 9 à 11 centimètres, portent une pointe noire bien visible qui manque totalement au lapin.

Pas de terrier, un gîte

Le lièvre passe la journée seul, immobile dans son gîte, une dépression au sol dissimulée par la végétation qui le protège surtout grâce à son camouflage. Il ne creuse jamais de galerie et ne vit jamais en colonie souterraine, contrairement au lapin de garenne. Son pelage brun roux, mêlé de gris, joue le même rôle que celui du lapin mais sur un animal qui compte uniquement sur l’immobilité et la fuite, jamais sur un refuge sous terre.

Grégaire seulement pour se nourrir

Essentiellement nocturne et crépusculaire, le lièvre se regroupe le soir en petits groupes de 2 à 5 individus, parfois davantage, pour partir chercher sa nourriture : herbes, céréales en pousse, écorces en hiver. Une hiérarchie s’installe alors le temps du repas, les individus dominants s’octroyant les meilleurs emplacements. Cette sociabilité reste limitée à l’alimentation ; le reste du temps, l’animal vit solitaire.

Le bouquinage, une parade mal comprise

Au printemps, mâles et femelles se rassemblent pour la période de reproduction dans un comportement appelé bouquinage. Les célèbres combats de boxe qu’on observe alors, longtemps attribués à des rivaux mâles, sont en réalité surtout le fait de femelles qui repoussent à coups de pattes avant un mâle trop pressé de s’accoupler. La gestation dure environ 42 jours, plus longue que celle du lapin, et donne naissance à 1 à 4 levrauts déjà couverts de poils, les yeux ouverts. Une femelle peut avoir jusqu’à 3 ou 4 portées par an.

Un domaine vital non défendu

Le lièvre d’Europe occupe un territoire de 1 à 4 km² qu’il ne défend pas activement contre les intrus, un domaine vital comprenant ses zones d’alimentation et ses différents gîtes. Il reste sédentaire toute sa vie durant, sans jamais chercher à s’en éloigner sauf en cas de pénurie de nourriture.

Prédateurs

Les principaux prédateurs du lièvre d’Europe sont le renard roux, le lynx dans les massifs où il subsiste, ainsi que plusieurs rapaces comme l’aigle royal et le grand-duc d’Europe. Les jeunes levrauts, plus vulnérables, sont aussi la proie de la corneille noire et des chiens errants.

Dénominations et déclin

La femelle du lièvre se nomme la hase, son petit le levraut. L’espèce reste classée en préoccupation mineure par l’Union internationale pour la conservation de la nature, mais ses effectifs reculent dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest sous l’effet de l’intensification agricole, qui réduit les haies et les jachères où il trouve nourriture et couvert.

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