Le putois d’Europe : pelage, mœurs nocturnes et habitat

Sommaire6 sections
  1. 01Un mustélidé, pas un félin
  2. 02Le masque qui le distingue de la fouine et de la martre
  3. 03Le furet, sa version domestiquée
  4. 04Une odeur comme dernier recours
  5. 05Un chasseur capable de viser plus gros que lui
  6. 06Domaine vital et menaces réelles

Un masque de poils pâles cerne les yeux du putois d'Europe et tranche avec le reste de son pelage, presque noir : c'est le repère qui permet de l'identifier à coup sûr. Ce mustélidé, cousin de la fouine, de la martre et de la belette, se confond souvent avec les deux premières par sa taille voisine, et avec le furet, sa forme domestiquée. Face à ces ressemblances, seul ce masque facial tranche vraiment.

Un mustélidé, pas un félin

Le putois d'Europe (Mustela putorius) appartient à la famille des mustélidés, celle des belettes, hermines, martres et loutres, et non à celle des chats. Son corps allongé et souple, ses pattes courtes et musclées et sa démarche voûtée sont typiques de cette famille de petits carnivores terrestres. Il mesure de 35 à 51 centimètres de long, queue comprise, pour un poids de 0,7 à 1,7 kilogramme, la femelle étant nettement plus légère que le mâle.

Le masque qui le distingue de la fouine et de la martre

Sur le terrain, le putois se confond facilement avec la fouine et la martre, deux mustélidés de taille proche. Le critère le plus fiable est le pelage du visage : le putois porte un masque de poils pâles, presque blancs, autour des yeux et sur le museau, qui tranche nettement avec le brun-noir du reste du corps. La fouine et la martre, elles, ont une tête uniformément brune, sans ce contraste facial, et une queue plus longue et plus touffue, adaptée à une vie beaucoup plus arboricole. Le putois, au contraire, reste un animal essentiellement terrestre, souvent lié aux zones humides, aux haies et aux abords des points d'eau.

Le furet, sa version domestiquée

Le furet (Mustela putorius furo) descend directement du putois d'Europe, domestiqué il y a probablement plus de deux mille ans pour la chasse au lapin dans les terriers. Son pelage est en général plus pâle, souvent crème ou blanc, et il ne survit pas longtemps livré à lui-même dans la nature. Le problème vient des furets échappés ou relâchés, qui peuvent se croiser avec les putois sauvages dans certaines régions d'Europe, brouillant l'identification et, dans quelques cas documentés, diluant le patrimoine génétique des populations sauvages.

Une odeur comme dernier recours

Le nom même de l'espèce vient de cette réputation : « putois » dérive d'un ancien mot désignant la puanteur. Menacé, l'animal libère par ses glandes anales une sécrétion à base de composés soufrés, une arme chimique moins puissante que celle de la moufette américaine mais suffisamment désagréable pour décourager un prédateur ou un chien de chasse trop curieux. Cette sécrétion sert aussi, à plus faible dose, au marquage du territoire et à la communication entre individus pendant la période de reproduction.

Un chasseur capable de viser plus gros que lui

Actif surtout la nuit, le putois chasse au sol, dans les terriers de lapins et le long des berges. Sa rapidité et sa capacité à s'introduire dans des espaces étroits lui permettent de s'attaquer à des proies bien plus lourdes que lui, comme le lapin de garenne ou le rat musqué, en les mordant à la nuque jusqu'à épuisement. Il complète ce régime carné par des amphibiens, des poissons et, à l'occasion, des œufs d'oiseaux nichant au sol.

Domaine vital et menaces réelles

Le domaine vital d'un putois peut atteindre 1 kilomètre carré selon la disponibilité en proies et en abris. Classé en préoccupation mineure à l'échelle mondiale par l'Union internationale pour la conservation de la nature, il connaît pourtant un déclin marqué dans plusieurs pays d'Europe de l'Ouest, dont la France, où les populations reculent depuis les années 1990. Les causes documentées sont la disparition des zones humides et des haies bocagères, les collisions routières, particulièrement nombreuses chez cette espèce très mobile la nuit, et l'empoisonnement secondaire par les rodenticides utilisés contre les rongeurs qu'il chasse.

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