Le puma : milieux fréquentés, technique de chasse et discrétion
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Le puma ne rugit jamais. Il feule, il gémit, il pousse parfois un cri perçant qui a nourri les légendes du « fantôme des montagnes », mais l’os de sa gorge ne lui permet pas le rugissement des grands félins. C’est justement pour cette raison qu’il est classé parmi les petits félins, la sous-famille des félinés, aux côtés du chat domestique et du lynx, alors même qu’il peut peser autant qu’un léopard.
Un félin aux dix noms
Peu d’animaux portent autant d’appellations. En français, on l’appelle puma, cougar ou lion des montagnes. En anglais, il répond à mountain lion, panther, catamount, painter ou encore mountain screamer selon les régions des États-Unis. Le Livre Guinness des records lui reconnaît le plus grand nombre de noms vernaculaires pour un seul mammifère. Son nom scientifique, Puma concolor, signifie « de couleur uniforme », une allusion à son pelage fauve sans motif marqué, plus clair sur le ventre.
Une morphologie taillée pour le bond
L’animal mesure de 1 à 2,3 mètres de la truffe à la pointe de la queue, celle-ci comptant pour 50 à 80 centimètres. Il pèse entre 35 et 100 kilogrammes selon le sexe et la région, les mâles étant nettement plus lourds que les femelles. Ses pattes arrière, plus longues que les antérieures, lui donnent une détente exceptionnelle : il peut bondir plus de 5 mètres en hauteur et jusqu’à 12 mètres en longueur à partir d’un point fixe. Ses griffes rétractiles restent protégées dans un fourreau de peau entre deux chasses, ce qui les garde acérées.
Le puma et le jaguar, deux mondes différents
En Amérique du Sud, le puma partage son territoire avec le jaguar, avec lequel on le confond rarement de visu mais souvent par méconnaissance. La distinction est nette : le jaguar porte des rosettes sombres sur tout le corps et une mâchoire assez puissante pour percer un crâne de tortue, tandis que le puma a un pelage uni et une morsure moins destructrice. Le jaguar rugit, appartenant aux grands félins du genre Panthera, quand le puma se contente de ses cris aigus. Sur le terrain, un félin tacheté et massif signe le jaguar, un félin fauve et longiligne signe le puma.
Une technique de chasse à l’affût
Le puma chasse seul, le plus souvent au crépuscule ou de nuit. Il repère sa proie, s’en approche en silence en tirant parti du relief ou de la végétation, puis bondit depuis une position surélevée pour la saisir à la nuque. Cerfs, mulots, ratons laveurs et parfois bétail composent son menu, avec une nette préférence pour les cervidés là où ils abondent. Un puma peut couvrir un territoire de plusieurs centaines de kilomètres carrés, dont il défend farouchement l’accès face à ses congénères du même sexe.
Une espèce encore répandue, mais fragmentée
Le puma est classé en préoccupation mineure sur la liste rouge de l’UICN à l’échelle du continent, un statut trompeur puisque certaines populations locales, notamment en Amérique centrale et dans l’est des États-Unis où l’espèce a disparu au XXe siècle, restent très vulnérables. Seule une petite population isolée subsiste encore en Floride, la panthère de Floride, sous-espèce distincte suivie de près en raison de son faible effectif et de la consanguinité qui en découle. Les collisions routières et la fragmentation des habitats par l’urbanisation sont aujourd’hui les principales menaces dans les zones où il subsiste. En captivité, sa longévité peut dépasser 20 ans, contre 8 à 13 ans dans la nature.
Un félin sans zone de tolérance
Chaque puma adulte défend un domaine vital dont la taille varie selon la densité de proies, de 30 kilomètres carrés dans les zones giboyeuses jusqu’à plus de 1 000 kilomètres carrés dans les régions arides du sud-ouest américain. Les mâles tolèrent le chevauchement de leur territoire avec celui de plusieurs femelles, mais chassent systématiquement tout mâle rival qui s’y aventure, parfois jusqu’à la mort. Cette structure sociale explique pourquoi les jeunes mâles dispersent souvent sur de très longues distances, certains individus suivis par balise GPS ayant parcouru plus de 1 000 kilomètres avant de trouver un territoire libre.
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