Le marsouin commun, ce petit cétacé des côtes : portrait et mœurs

découvrez tout sur le marsouin commun : ses caractéristiques et son comportement. informations essentielles pour tout savoir sur cet animal fascinant.
Sommaire7 sections
  1. 01Un petit cétacé à dents
  2. 02Une femelle plus grande que le mâle
  3. 03Des côtes peu profondes et fraîches
  4. 04Du hareng à la sole
  5. 05Farouche et souvent solitaire
  6. 06Une gestation de onze mois
  7. 07Menacé par les filets, pas par la chasse

Le marsouin commun ne saute jamais hors de l’eau comme un dauphin, il se contente de rouler la surface l’espace d’un souffle avant de disparaître. Ce discrétion en fait le cétacé le plus difficile à observer des côtes européennes, alors qu’il en est aussi l’un des plus nombreux. Son surnom de « cochon de mer » vient du bruit soufflé qu’il produit en respirant, un son que les marins bretons comparent depuis longtemps à un grognement.

Un petit cétacé à dents

marsouin commun émergeant brièvement à la surface, dos gris foncé et aileron dorsal triangulaire

Le marsouin commun (Phocoena phocoena) appartient à la famille des phocoénidés, distincte de celle des dauphins, au sein de l’ordre des cétacés à dents. Il peuple les eaux tempérées et froides de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord, ainsi que la mer Noire, la mer Caspienne et la mer Baltique. Son corps trapu et sa tête conique sans bec le distinguent d’un coup d’œil du dauphin commun, plus effilé et plus démonstratif en surface.

Une femelle plus grande que le mâle

La femelle mesure de 1,5 à 2 mètres et pèse entre 30 et 80 kilogrammes, dépassant légèrement le mâle, ce qui est rare chez les mammifères marins. Le dos est gris foncé à noir, les flancs gris clair, le ventre presque blanc, un dégradé qui brouille sa silhouette vue du dessus comme du dessous. Son aileron dorsal, court et triangulaire, se distingue nettement de celui, plus recourbé, du dauphin.

  • Taille : 1,5 à 2 mètres
  • Poids : 30 à 80 kilogrammes
  • Vitesse de pointe observée : environ 20 kilomètres à l’heure
  • Longévité : quinze à vingt ans en mer, exceptionnellement jusqu’à vingt-quatre ans

Des côtes peu profondes et fraîches

Le marsouin commun préfère les eaux de moins de 16 degrés, souvent à faible profondeur, près des côtes, des estuaires et parfois à l’intérieur des fleuves. On le rencontre aussi bien en Manche et en mer du Nord que dans le golfe de Gascogne, où il reste l’un des cétacés les plus fréquemment échoués. Cette proximité avec le littoral l’expose davantage à la pollution et au trafic maritime que des espèces qui vivent au large.

Du hareng à la sole

Carnivore, le marsouin commun se nourrit surtout de petits poissons, hareng, anchois, sole, sardine, maquereau et morue, complétés par des mollusques, des crustacés et des calmars. Il localise ses proies par écholocation, un système de clics sonores qui lui renvoie un écho précis même dans une eau trouble. Il chasse seul le plus souvent, contrairement au dauphin qui coordonne des chasses en groupe.

Farouche et souvent solitaire

Le marsouin commun vit seul ou en couple, plus rarement en petits groupes temporaires, à l’inverse des bandes nombreuses que forment certains dauphins. Il évite les bateaux et les nageurs, un comportement fuyant qui explique en partie pourquoi il reste mal connu du grand public malgré son abondance. Ses principaux prédateurs sont l’orque et, plus rarement, le grand requin blanc dans les zones où leurs répartitions se recoupent.

Une gestation de onze mois

La maturité sexuelle est atteinte entre deux et quatre ans. L’accouplement a lieu en été, suivi d’une gestation de dix à onze mois, puis la naissance d’un petit unique, en haute mer ou parfois près des côtes. L’allaitement dure huit à dix mois, bien que le jeune commence à capturer ses propres poissons dès l’âge de trois mois, et l’indépendance survient vers un an.

Menacé par les filets, pas par la chasse

L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le marsouin commun en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, mais la population de la mer Baltique est en danger critique, en cause la pollution, le réchauffement des eaux et surtout les captures accidentelles dans les filets de pêche, la première cause de mortalité de l’espèce en Europe. La convention de Washington protège le marsouin commun en Europe et interdit sa capture, sa mise à mort et son élevage en captivité, une captivité qu’il supporte d’ailleurs très mal : les individus recueillis survivent rarement plus de quelques semaines en bassin.

Discret, farouche et globalement moins menacé que d’autres cétacés, le marsouin commun reste pourtant l’un des mammifères marins les plus vulnérables aux filets de pêche du littoral européen. Sa présence silencieuse près des côtes mérite une attention qu’il reçoit rarement.

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