La faune sauvage de Dordogne : cerfs, loutres et oiseaux des zones humides

Sommaire8 sections
  1. 01Le dernier refuge sauvage de l’esturgeon européen
  2. 02Le vison d’Europe, à ne pas confondre avec son cousin américain
  3. 03La loutre d’Europe, de retour après des décennies d’absence
  4. 04Des chauves-souris dans les grottes ornées
  5. 05Des rapaces au-dessus des falaises et des rivières
  6. 06Sous les feuilles mortes, reptiles et amphibiens discrets
  7. 07Trente-neuf espèces de poissons pour un fleuve encore vivant
  8. 08Une réserve de biosphère depuis 2012

Le bassin de la Dordogne abrite deux des mammifères les plus menacés d’Europe, l’esturgeon européen et le vison d’Europe, aux côtés d’une loutre revenue après des décennies d’absence. Rivières, grottes et forêts du Périgord forment un ensemble reconnu par l’UNESCO, bien loin de l’image de simple toile de fond pour les châteaux de la région.

Le dernier refuge sauvage de l’esturgeon européen

L’esturgeon européen (Acipenser sturio) a disparu de presque tous les fleuves du continent, victime de la surpêche et des barrages qui ont coupé ses routes de migration. Le bassin Gironde-Garonne-Dordogne est aujourd’hui le seul endroit au monde où subsiste une population sauvage capable de se reproduire naturellement. Ce poisson peut dépasser 2 mètres de long et vivre plusieurs décennies ; il remonte le fleuve pour frayer, comme le saumon atlantique et la grande alose, deux autres migrateurs présents dans le même bassin.

Le vison d’Europe, à ne pas confondre avec son cousin américain

Le vison d’Europe (Mustela lutreola) compte parmi les mammifères les plus menacés du continent. Le sud-ouest de la France, Dordogne comprise, abrite l’une de ses dernières populations. Sa ressemblance avec le vison d’Amérique, une espèce échappée d’élevages à fourrure au vingtième siècle, entretient une confusion permanente sur le terrain : le vison américain, plus grand et plus opportuniste, lui fait concurrence pour la nourriture et les terriers, et contribue à son déclin.

La loutre d’Europe, de retour après des décennies d’absence

La loutre d’Europe (Lutra lutra) a quasiment disparu des cours d’eau français au milieu du vingtième siècle, empoisonnée par les pesticides organochlorés et chassée pour sa fourrure. Protégée depuis 1972, elle a reconquis peu à peu les rivières du Périgord depuis les années 1990. On la repère surtout à ses traces : épreintes déposées sur les rochers, empreintes à cinq doigts près de l’eau, plutôt que par une observation directe, l’animal restant discret et surtout actif au crépuscule.

Des chauves-souris dans les grottes ornées

Les grottes du Périgord, célèbres pour leurs peintures préhistoriques, hébergent aussi des colonies de chauves-souris. Le petit rhinolophe, la barbastelle et le murin de Bechstein comptent parmi les espèces recensées dans la vallée de la Vézère. Plusieurs cavités sont fermées au public une partie de l’année, en particulier durant l’hibernation hivernale, pour éviter de déranger des animaux dont le métabolisme ralenti les rend vulnérables au moindre réveil forcé.

Des rapaces au-dessus des falaises et des rivières

Le circaète Jean-le-Blanc, spécialiste de la chasse aux serpents et aux lézards, niche dans les boisements dominant les vallées calcaires. Le balbuzard pêcheur, qui plonge en piqué pour saisir les poissons à la surface de l’eau, fréquente les cours d’eau du bassin lors de ses haltes migratoires. Milan noir, milan royal et cigogne noire complètent une liste de rapaces et d’oiseaux d’eau plus étoffée que ne le laisse imaginer un simple passage en voiture le long de la Dordogne.

Sous les feuilles mortes, reptiles et amphibiens discrets

Le lézard ocellé, le plus grand lézard d’Europe continentale, fréquente les coteaux calcaires ensoleillés du Périgord, aux côtés de couleuvres comme la couleuvre vipérine, la couleuvre helvétique et la coronelle girondine, toutes trois inoffensives malgré des noms qui prêtent à confusion. Dans les mares et les ruisseaux plus frais, la salamandre tachetée, la grenouille agile et le triton marbré complètent un cortège d’amphibiens qui dépend directement de l’état de conservation des zones humides.

Trente-neuf espèces de poissons pour un fleuve encore vivant

Le bassin de la Dordogne compte trente-neuf espèces de poissons répertoriées, des migrateurs comme la lamproie marine et l’anguille européenne aux espèces sédentaires comme le brochet et la perche. Cette diversité, rare à cette échelle en Europe de l’Ouest, tient à l’absence de grand barrage infranchissable sur la partie aval du fleuve, contrairement à beaucoup de rivières voisines.

Une réserve de biosphère depuis 2012

En 2012, l’UNESCO a classé l’ensemble du bassin versant de la Dordogne, de sa source en Auvergne à son estuaire, réserve de biosphère. Ce classement couvre l’intégralité d’un fleuve plutôt qu’un simple périmètre protégé, une reconnaissance qui traduit la continuité écologique entre les grottes du Périgord, les prairies humides et l’estuaire girondin où l’esturgeon achève son cycle de vie.

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