Torsac : le centre de sauvegarde reçoit jusqu’à dix animaux par jour
Sommaire7 sections
- 01Cinq heures de téléphone par jour
- 02Le pic des naissances de mai
- 03Le hérisson, première victime des travaux de jardin
- 04Un appel à la bienveillance, pas à la culpabilisation
- 05La météo, un facteur supplémentaire
- 06Les routes, une cause qui ne faiblit jamais
- 07Des centres de sauvegarde agréés, mais peu nombreux
Le centre de sauvegarde de la faune sauvage de Torsac, en Charente, accueille jusqu’à dix animaux blessés ou en détresse chaque jour depuis le début du printemps 2024. Trois soigneurs professionnels et une équipe de bénévoles se relaient pour répondre aux appels, souvent dans l’urgence. L’association qui gère le centre, Charente Nature, explique pourquoi ce printemps est particulièrement chargé.
Cinq heures de téléphone par jour
Le centre reçoit en moyenne une dizaine d’animaux quotidiennement, et la gestion des appels absorbe à elle seule cinq à six heures de la journée de l’équipe : urgences à trier, messages de citoyens inquiets, conseils à donner avant même qu’un animal soit déposé. « C’est du non-stop. Lorsqu’on décroche, les gens laissent des messages. Lorsqu’on écoute les messages, d’autres arrivent sur le répondeur », résume l’association.
Trois soigneurs professionnels et plusieurs bénévoles dévoués tiennent ce rythme du mieux qu’ils peuvent. La surcharge pèse sur l’équipe autant que sur les appelants, qui doivent parfois patienter avant d’obtenir une réponse.
Le pic des naissances de mai
Le mois de mai concentre les naissances chez de nombreux mammifères et oiseaux. Les jeunes quittent leur nid ou leur terrier à un âge où ils sont encore maladroits, ce qui multiplie les rencontres avec les humains. Beaucoup de personnes, en voulant bien faire, ramassent ces jeunes animaux alors qu’ils n’ont besoin de rien. Le centre insiste sur ce point chaque année, sans toujours parvenir à inverser le réflexe.
Le hérisson, première victime des travaux de jardin
Les travaux de jardinage sont une autre cause majeure de blessure. Le passage d’une débroussailleuse mutile régulièrement des hérissons qui se reposent le jour dans les herbes hautes, et le centre en reçoit chaque printemps avec des plaies profondes. Le hérisson d’Europe, Erinaceus europaeus, est protégé par la loi en France depuis 1981 : sa population recule dans une bonne partie de l’Europe de l’Ouest, même si l’espèce reste classée en préoccupation mineure par l’UICN à l’échelle mondiale. La destruction des haies et des tas de bois, où il installe son gîte, ajoute à la pression que subissent déjà ces animaux.
D’autres espèces sont déplacées ou blessées pour les mêmes raisons, chaque fois qu’un talus, un fourré ou un tas de branches disparaît sans vérification préalable.
Un appel à la bienveillance, pas à la culpabilisation
L’association demande de la patience plutôt que des reproches. « Il faut comprendre que l’on fait de notre mieux. Que l’on rappelle toujours. Les gens doivent être rassurés sur ce point. Nous disposons seulement de trois soigneurs. Le reste, ce ne sont que des bénévoles », rappelle le centre. Épuiser cette petite équipe ne rendrait service à personne, animaux compris.
- Observer l’animal de loin avant d’intervenir.
- Contacter le centre en cas de doute réel, sans le toucher.
- Accepter que l’attente soit parfois inévitable, faute de moyens suffisants.
La météo, un facteur supplémentaire
Les épisodes de fortes chaleurs, les orages et les tempêtes perturbent aussi les habitats naturels et poussent certains animaux à chercher refuge près des habitations, parfois blessés au passage. Ces arrivées liées au climat s’ajoutent à celles provoquées par les naissances et par le jardinage, et expliquent une partie du surcroît d’activité observé chaque printemps.
Les routes, une cause qui ne faiblit jamais
Aux naissances et au jardinage s’ajoute une troisième cause d’admission, plus constante encore d’une saison à l’autre : les collisions avec les véhicules. Hérissons, rapaces nocturnes, petits mustélidés et jeunes chevreuils comptent parmi les victimes les plus fréquentes sur les routes qui traversent la Charente. Contrairement au pic de mai ou aux dégâts de la débroussailleuse, ce flux ne connaît pas vraiment de saison basse, ce qui contribue à maintenir la charge du centre à un niveau élevé toute l’année.
Des centres de sauvegarde agréés, mais peu nombreux
Torsac fait partie des quelques dizaines de centres de sauvegarde de la faune sauvage agréés par l’État en France, ici géré par l’association Charente Nature. Leur nombre reste limité au regard du volume d’animaux qu’ils reçoivent chaque année, ce qui explique pourquoi l’appel aux bénévoles revient si souvent. « Tout le monde peut nous rejoindre », dit l’association, qui cherche autant de bras pour répondre au téléphone que pour nourrir et soigner les pensionnaires.
Pour devenir bénévole auprès du centre de sauvegarde de Torsac : [email protected].
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