La palombe : où elle vit, ce qu’elle mange, quand elle migre

découvrez le monde fascinant des palombes, leur habitat et leurs habitudes de vie avec notre guide complet.
Sommaire10 sections
  1. 01Le plus gros pigeon d’Europe, sans arme de rapace
  2. 02Mâle et femelle presque impossibles à distinguer à l’œil
  3. 03Un roucoulement en cinq notes et un claquement d’ailes qui vaut alarme
  4. 04Glands, faînes et graines : un régime qui varie avec les saisons
  5. 05Jusqu’à trois couvées par an, parfois en plein hiver en ville
  6. 06Le pigeon colombin, un cousin plus petit qu’on confond parfois
  7. 07L’autour des palombes, un prédateur nommé d’après sa proie
  8. 08Le grand passage des Pyrénées, une chasse vieille de plusieurs siècles
  9. 09Un oiseau des bois devenu citadin
  10. 10L’oiseau le plus chassé de France

La palombe est un pigeon ramier, le plus grand des pigeons d’Europe, que sa taille et son vol puissant font parfois prendre pour un rapace. Ce malentendu, fréquent, dit surtout combien cet oiseau très commun reste mal observé, malgré une tradition de chasse qui lui est consacrée depuis des siècles dans le sud-ouest de la France.

Le plus gros pigeon d’Europe, sans arme de rapace

pigeon ramier gris ardoisé posé sur une branche, taches blanches visibles de chaque côté du cou

La palombe, ou pigeon ramier (Columba palumbus), mesure de 40 à 42 cm pour une envergure de 75 à 80 cm et un poids compris entre 460 et 570 g. C’est le plus gros pigeon d’Europe. Son bec reste court et droit, à peine renflé à la base, et ses pattes servent à marcher et à se percher, pas à saisir des proies. Aucun trait de rapace chez cet oiseau essentiellement granivore.

Mâle et femelle presque impossibles à distinguer à l’œil

Contrairement à beaucoup d’oiseaux, la palombe ne présente pas de différence de taille marquée entre les sexes. Mâle et femelle portent le même plumage gris ardoisé sur le dos, une poitrine teintée de rose et deux taches blanches de chaque côté du cou, absentes chez les jeunes de l’année. L’iris, jaune pâle, et les pattes, rouge sombre chez l’adulte, complètent un plumage identique aux deux sexes.

Un roucoulement en cinq notes et un claquement d’ailes qui vaut alarme

Le chant de la palombe suit un rythme reconnaissable entre tous, cinq syllabes répétées, plus guttural chez le mâle que chez la femelle. Dérangée, elle ne crie pas : elle claque bruyamment des ailes en s’envolant, un signal sonore qui alerte aussitôt le reste de la troupe. C’est souvent ce bruit sec, plus que le chant, qui trahit sa présence dans un bois.

Glands, faînes et graines : un régime qui varie avec les saisons

La palombe se nourrit de graines, de feuilles, de bourgeons et de fruits sauvages, avec une préférence marquée pour les glands et les faînes à l’automne, qui lui permettent de constituer des réserves avant l’hiver. Dans les zones agricoles, elle consomme aussi du colza et des céréales en germination, au point d’être considérée comme un nuisible par une partie du monde agricole. Les invertébrés ne complètent son alimentation qu’à la marge, surtout au printemps.

Jusqu’à trois couvées par an, parfois en plein hiver en ville

La femelle pond en général deux œufs, couvés dix-sept jours par les deux parents. Dans les zones rurales et non perturbées, un couple peut mener jusqu’à trois couvées par saison. En ville, où la nourriture reste disponible toute l’année et les prédateurs sont plus rares, des palombes urbaines nichent parfois en plein hiver, une souplesse de calendrier peu commune chez les oiseaux de nos régions.

Le pigeon colombin, un cousin plus petit qu’on confond parfois

Dans le sud-ouest, la palombe partage son nom vernaculaire avec un cousin plus discret, le pigeon colombin (Columba oenas), surnommé « rouquet » ou « petit bleu » dans certaines régions. Plus petit, sans les taches blanches du cou, il niche dans des cavités d’arbres plutôt qu’à ciel ouvert. Les deux espèces peuvent se croiser en vol lors des migrations, mais leur différence de taille reste visible dès qu’elles se posent côte à côte.

L’autour des palombes, un prédateur nommé d’après sa proie

Le principal ennemi naturel de la palombe porte un nom qui ne laisse aucun doute sur son régime : l’autour des palombes, un rapace forestier qui attaque par-dessous, en plantant ses serres dans le poitrail de sa proie en plein vol. Cette pression de prédation explique en partie pourquoi les palombes voyagent souvent en groupes serrés, une vigilance collective qui réduit le risque individuel d’être pris pour cible.

Le grand passage des Pyrénées, une chasse vieille de plusieurs siècles

Chaque automne, une partie de la population de palombes d’Europe du Nord franchit les cols pyrénéens, notamment celui d’Organbidexka, pour hiverner dans la péninsule Ibérique. Ce passage a donné naissance, dans le sud-ouest de la France, à une tradition de chasse à la palombière, avec appelants et filets tendus dans les arbres, pratiquée depuis des générations. Les populations migratrices reculent nettement ces dernières décennies, alors que les populations sédentaires, elles, se maintiennent voire progressent, en particulier en zone urbaine.

Un oiseau des bois devenu citadin

Longtemps cantonnée aux forêts et aux campagnes, la palombe s’est installée dans les parcs et jardins des villes françaises depuis les années 1990, attirée par la nourriture disponible et l’absence de chasse en zone urbaine. À Paris, ses effectifs ont doublé entre 2001 et 2021. Elle y côtoie désormais le pigeon biset des villes, une espèce différente, plus petite et sans les taches blanches caractéristiques du cou.

L’oiseau le plus chassé de France

Malgré son essor urbain, la palombe reste l’espèce la plus prélevée par la chasse en France : en 1998, plus de cinq millions d’individus figuraient au tableau de chasse annuel, un total qui la plaçait devant toutes les autres espèces d’oiseaux. Les dortoirs hivernaux, parfois éloignés des zones d’alimentation de plusieurs dizaines de kilomètres, restent une clé pour comprendre les déplacements quotidiens de l’espèce hors saison de reproduction.

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