Le busard Saint-Martin : envergure, vol au ras du sol et chasse

découvrez la grâce et la discrétion du busard saint-martin, un rapace élégant évoluant en toute discrétion dans son milieu naturel.
Sommaire8 sections
  1. 01Un mâle plus petit, une femelle plus lourde
  2. 02Un vol bas et lent pour surprendre au ras du sol
  3. 03Le fantôme gris et la rousse : reconnaître les deux sexes
  4. 04Une parade nuptiale en montagnes russes
  5. 05Le busard cendré, le cousin qu’on confond le plus souvent
  6. 06Trente mille couples en Europe, trois à sept œufs par nichée
  7. 07Un nid au sol, menacé par les moissonneuses
  8. 08Un rapace discret, en partie migrateur

Le busard Saint-Martin chasse à l’oreille autant qu’à l’œil. Comme une chouette, il porte un disque de plumes autour du visage qui canalise le son vers ses oreilles, un équipement rare chez les rapaces diurnes et qui lui permet de repérer un campagnol dans l’herbe haute sans même le voir.

busard Saint-Martin mâle au plumage gris clair survolant à basse altitude une prairie

Ce rapace des milieux ouverts, plaines agricoles, landes et marais, tient son nom du 11 novembre, jour de la Saint-Martin, période où on l’observait traditionnellement en nombre lors de sa migration.

Un mâle plus petit, une femelle plus lourde

Le busard Saint-Martin mesure environ 45 à 50 cm pour une envergure d’un peu plus d’un mètre. Comme chez la plupart des rapaces, la femelle dépasse le mâle en poids : 400 à 700 g contre 300 à 400 g. Bec court et crochu, ailes pointues, longue queue : la silhouette reste fine et longiligne, adaptée à un vol lent et manœuvrable plutôt qu’à la vitesse pure.

Un vol bas et lent pour surprendre au ras du sol

Pour se déplacer, le busard alterne des battements amples et puissants. Pour chasser, il ralentit et vole à quelques mètres du sol, en quadrillant méthodiquement un champ ou une prairie, prêt à piquer dès qu’un mouvement ou un bruit trahit une proie : campagnols, petits oiseaux, parfois de gros insectes.

Le fantôme gris et la rousse : reconnaître les deux sexes

Le mâle adulte, surnommé « fantôme gris » dans plusieurs guides ornithologiques en raison de sa discrétion en vol, arbore un plumage gris clair à bleuté sur le dessus, blanc dessous, avec des extrémités d’ailes noires bien visibles. La femelle, plus grande, porte un plumage brun sur le dessus et crème rayé de brun dessous, avec un croupion blanc caractéristique qui lui a valu le surnom de « harrier à croupion blanc » dans le monde anglophone.

Une parade nuptiale en montagnes russes

Au printemps, le mâle exécute un vol de parade spectaculaire : il monte à 20 ou 30 mètres de haut, se laisse tomber ailes repliées, puis remonte en chandelle avant de piquer de nouveau, une séquence répétée jusqu’à vingt fois de suite. Cette parade sert à impressionner la femelle avant l’accouplement et à marquer le territoire face aux mâles voisins.

Le busard cendré, le cousin qu’on confond le plus souvent

Sur le terrain, le busard Saint-Martin se confond surtout avec le busard cendré, une espèce voisine qui partage les mêmes milieux ouverts. Le busard cendré a une silhouette plus svelte et porte des traits noirs bien visibles sur le dessus et le dessous des ailes, absents chez le busard Saint-Martin dont la carrure paraît un peu plus massive. La saison aide aussi à trancher : le busard cendré ne fréquente l’Europe que l’été, avant de migrer en Afrique subsaharienne, alors que le busard Saint-Martin reste présent toute l’année dans l’ouest du continent.

Trente mille couples en Europe, trois à sept œufs par nichée

L’espèce reste largement répandue en Europe, où l’on estime la population entre 30 000 et 40 000 couples, avec des noyaux importants en Russie et en Asie centrale. La ponte a lieu entre fin avril et la mi-juin, avec trois à sept œufs par nichée, un nombre nettement supérieur à celui de la plupart des rapaces. Les jeunes restent au nid trente à trente-cinq jours avant de prendre leur envol, et la maturité sexuelle est atteinte vers deux ou trois ans.

Un nid au sol, menacé par les moissonneuses

Le busard Saint-Martin niche au sol, souvent dans les hautes herbes ou en plein champ de blé ou d’orge. Les jeunes ne quittent pas le nid avant de savoir voler, ce qui les expose directement aux moissonneuses lorsque la récolte a lieu avant leur envol. En France, l’espèce bénéficie d’une protection totale et figure à l’annexe I de la directive européenne Oiseaux ; plusieurs associations de protection de la nature repèrent les nids en amont des moissons pour négocier un report de quelques jours avec les agriculteurs.

Un rapace discret, en partie migrateur

Comparé à d’autres rapaces diurnes, le busard Saint-Martin reste globalement silencieux, se limitant à quelques sifflements ou jacassements près du nid. Les populations françaises sont partiellement migratrices : une partie des oiseaux hiverne sur place, tandis que d’autres descendent jusqu’en péninsule Ibérique ou en Afrique du Nord, avant de revenir nicher dès le retour des beaux jours.

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