La spatule blanche : son bec en cuillère, son plumage et son vol

découvrez la spatule blanche, un oiseau étonnant : habitat, comportement, alimentation, tout ce que vous devez savoir.
Sommaire7 sections
  1. 01Un bec en cuillère, la famille des ibis
  2. 02Le cou tendu en vol, contrairement aux hérons
  3. 03Des colonies qui restent entre elles
  4. 04Où la voir en France
  5. 05Du poussin à l’adulte
  6. 06Ce qu’elle mange et comment elle le trouve
  7. 07Statut et menaces

La spatule blanche pêche sans regarder. Elle balaie l’eau trouble avec son bec entrouvert et referme dès qu’une proie touche la muqueuse sensible qui le tapisse. Cette technique, presque unique chez les échassiers d’Europe, explique à elle seule la forme de son bec et une bonne partie de son mode de vie.

spatule blanche au plumage immaculé, bec plat posé dans une eau peu profonde de marais.

Un bec en cuillère, la famille des ibis

La spatule blanche, Platalea leucorodia, appartient à la famille des Threskiornithidae, celle des ibis. Elle mesure environ 88 centimètres pour une envergure proche de 130 centimètres et pèse entre 1 et 2 kilogrammes selon les individus. Le plumage est blanc pur, le bec et les pattes noirs, et le bec s’élargit à son extrémité en une palette plate qui donne son nom à l’espèce. En période nuptiale, le mâle développe une huppe orangée à l’arrière du crâne et une teinte jaunâtre apparaît à la base du cou, deux marques qui disparaissent le reste de l’année.

Le cou tendu en vol, contrairement aux hérons

En vol, la spatule blanche garde le cou et les pattes tendus dans l’axe du corps, avec des battements amples entrecoupés de courtes phases planées. C’est ce qui permet de la distinguer de loin d’un héron cendré, qui replie systématiquement le cou en S. Les groupes volent souvent en ligne ou en V, à la différence des hérons qui se déplacent seuls.

Au sol comme à l’eau, l’oiseau reste discret. Il émet surtout des grognements sourds pendant les parades ou lorsqu’un intrus s’approche du nid, et se tait le reste du temps. Repérer une spatule demande donc l’œil plutôt que l’oreille.

Des colonies qui restent entre elles

La spatule blanche niche en colonies, parfois de plusieurs dizaines de couples, installées dans des roselières ou sur des îlots à l’abri des prédateurs terrestres. Contrairement à une idée répandue, elle se mêle rarement aux hérons ou aux cormorans et forme ses propres colonies. La femelle pond 3 à 4 œufs, une seule fois par an ; les deux parents couvent et nourrissent les jeunes par régurgitation.

Où la voir en France

La population française niche notamment au lac de Grand-Lieu, en Brière, sur les marais salants de Guérande, dans la vallée de l’Erdre, dans les Landes, au parc du Marquenterre et sur le littoral du Pas-de-Calais. La Camargue a accueilli ses premiers couples nicheurs en 2008, un signe de l’expansion récente de l’espèce vers le sud du pays. À la mauvaise saison, la plupart des oiseaux européens rejoignent l’Afrique de l’Ouest, où ils passent l’hiver dans les zones humides côtières.

Du poussin à l’adulte

Les œufs éclosent après vingt-quatre à vingt-cinq jours de couvaison. Les jeunes prennent leur envol vers sept semaines, mais restent nourris quelque temps par les parents avant de partir en migration avec eux. Un jeune se reconnaît de loin : ses plumes portent des extrémités noires visibles en vol et son bec reste couleur chair, alors que l’adulte l’a entièrement noir. Cette livrée juvénile persiste plusieurs saisons, le temps que l’oiseau atteigne sa maturité sexuelle vers trois ans et demi.

La longévité moyenne tourne autour de neuf ans, mais des sujets bagués ont dépassé les vingt-huit ans, une longévité rare chez un oiseau de cette taille. Cet écart montre à quel point la mortalité juvénile, plus que le vieillissement, pèse sur la dynamique des populations.

Ce qu’elle mange et comment elle le trouve

Petits poissons, crevettes et autres crustacés, larves et insectes aquatiques composent l’essentiel du menu. L’oiseau remue aussi la vase pour en déloger le plancton et les invertébrés qui s’y cachent. Cette diversité de proies lui permet de s’adapter à des milieux très différents, du marais salé à l’étang d’eau douce, tant que la profondeur d’eau reste faible.

Statut et menaces

La spatule blanche est classée vulnérable en France, où ses effectifs restent modestes malgré la progression récente vers le sud. La disparition des zones humides, le drainage agricole et le dérangement des colonies pendant la reproduction sont les principales pressions. La protection des sites de nidification, souvent quelques dizaines d’hectares de roselières ou d’îlots, conditionne directement l’avenir de la population française.

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