Un âne retrouvé en Californie au milieu d’un troupeau de wapitis

Sommaire8 sections
  1. 01Une fuite pendant une randonnée, en 2019
  2. 02Repéré une première fois en 2023, confirmé en 2024
  3. 03Pourquoi un troupeau de wapitis accepte un âne
  4. 04Le choix des propriétaires : le laisser libre
  5. 05Des milliers d’ânes sauvages gérés par l’État fédéral
  6. 06Le wapiti, un cervidé qui vit en troupeaux structurés
  7. 07Une histoire qui reste une exception documentée
  8. 08Un âne peut vivre plus de trente ans

Un âne domestique porté disparu depuis cinq ans a été repéré vivant au milieu d’un troupeau de wapitis sauvages, dans le nord de la Californie. Ses propriétaires, une fois son identité confirmée, ont choisi de le laisser libre plutôt que de le récupérer.

Une fuite pendant une randonnée, en 2019

Diesel, un âne adopté en 2018 par Dave et Terrie Drewry après une opération de capture d’ânes sauvages menée par le Bureau of Land Management dans le Nevada, s’est échappé le 20 avril 2019. C’est en pleine randonnée familiale, près d’Auburn, dans les collines boisées de Cache Creek, qu’un bruit soudain a fait détaler l’animal. Les recherches menées dans les jours suivants, y compris avec des drones, n’avaient rien donné.

Repéré une première fois en 2023, confirmé en 2024

C’est en 2023 qu’une randonneuse, Mikki Rhodes, aperçoit pour la première fois un âne au milieu d’un troupeau de wapitis dans le secteur de Cache Creek, à quelques kilomètres du lieu de la disparition. L’information circule peu. Il faut attendre 2024 pour qu’une vidéo, filmée par Max Fennell, triathlète et chasseur de la région, devienne virale sur les réseaux sociaux et attire l’attention des propriétaires de Diesel.

Pourquoi un troupeau de wapitis accepte un âne

L’âne domestique a la réputation de bien s’intégrer aux troupeaux d’autres espèces, une caractéristique exploitée depuis longtemps par les éleveurs qui utilisent des ânes comme gardiens de troupeaux de moutons face aux prédateurs. Le wapiti (Cervus canadensis), grand cervidé nord-américain vivant en groupes matriarcaux pouvant compter plusieurs dizaines d’individus, tolère assez facilement la présence d’un animal isolé et peu menaçant. Rien n’indique un lien affectif particulier, plutôt une cohabitation pacifique autour des mêmes ressources : eau, herbages et sécurité du nombre face aux pumas et aux coyotes de la région.

Le choix des propriétaires : le laisser libre

Une fois l’identité de Diesel confirmée, Dave et Terrie Drewry ont décidé de ne pas tenter de le récupérer. Terrie Drewry a expliqué qu’il avait « gagné sa liberté » et qu’elle était surtout soulagée de le savoir en bonne santé, visiblement épanoui parmi ses compagnons wapitis plutôt qu’en captivité.

Des milliers d’ânes sauvages gérés par l’État fédéral

Diesel appartient à une lignée de burros, des ânes retournés à l’état sauvage après l’arrivée des colons espagnols, qui peuplent aujourd’hui les terres arides de Californie, du Nevada, de l’Arizona, de l’Utah et de l’Oregon. Le Bureau of Land Management, l’agence fédérale chargée de ces terres publiques, organise régulièrement des captures pour limiter la taille des troupeaux, qui peut doubler en quatre à cinq ans en l’absence de régulation, et propose ensuite les animaux à l’adoption auprès de particuliers comme la famille Drewry.

Le wapiti, un cervidé qui vit en troupeaux structurés

Le wapiti est le deuxième plus grand cervidé d’Amérique du Nord après l’orignal. Un mâle adulte peut peser plus de 300 kg et porter des bois dépassant le mètre de long, perdus et renouvelés chaque année comme chez tous les cervidés. Les troupeaux de femelles et de jeunes, menés par une femelle dominante, restent séparés des mâles solitaires en dehors de la période du rut, en automne, quand ces derniers rivalisent en poussant un cri long et modulé, le bramement, audible à plus d’un kilomètre.

Une histoire qui reste une exception documentée

Des cas d’animaux domestiques intégrés durablement à un groupe d’animaux sauvages existent, mais restent rares et documentés au cas par cas, le plus souvent en zone rurale où domestique et sauvage se croisent sur les mêmes territoires. L’histoire de Diesel doit sa notoriété autant à la longueur de sa disparition, cinq ans, qu’à la décision de ses propriétaires de ne pas rompre cet équilibre trouvé loin d’eux.

Un âne peut vivre plus de trente ans

L’âne domestique (Equus asinus) affiche une longévité supérieure à celle du cheval, avec une espérance de vie qui dépasse fréquemment trente ans en captivité comme en liberté surveillée. Herbivore capable de digérer des végétaux pauvres que d’autres équidés délaissent, il supporte aussi bien les étés secs des collines californiennes que les hivers rigoureux, ce qui explique en partie la facilité avec laquelle Diesel s’est maintenu seul, puis aux côtés des wapitis, pendant cinq années entières.

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