Un touriste espagnol tué par une éléphante dans un parc sud-africain

Sommaire6 sections
  1. 01Ce qui s’est passé à Pilanesberg
  2. 02Les signes qui précèdent une charge
  3. 03Pourquoi une femelle charge
  4. 04Un risque documenté, pas isolé
  5. 05Les règles à respecter dans un parc animalier
  6. 06Ce que change ce type d’accident

Un touriste espagnol est mort le 9 juillet 2024 après avoir été chargé par une éléphante dans la réserve de Pilanesberg, en Afrique du Sud. L’homme avait quitté son véhicule pour photographier un troupeau. L’incident relance la question, récurrente dans les parcs sud-africains, de la distance à garder avec les grands herbivores.

Ce qui s’est passé à Pilanesberg

La réserve de Pilanesberg se trouve dans la province du Nord-Ouest, à environ deux heures de route de Johannesburg. Ce jour-là, le touriste circulait avec trois compagnons de voyage lorsque le groupe a repéré, à distance de la piste, un troupeau d’éléphants en train de se nourrir. Deux autres véhicules s’étaient arrêtés au même endroit. Il est descendu de la voiture pour prendre des photos, malgré les avertissements de ses passagers et des occupants des véhicules voisins.

Pilanesberg n’est pas un parc quelconque : la réserve occupe l’intérieur d’un ancien cratère volcanique, sur une surface de plus de 500 kilomètres carrés, et abrite les cinq grands animaux emblématiques d’Afrique australe, lion, léopard, buffle, rhinocéros et éléphant. Sa proximité relative avec Johannesburg et Pretoria en fait l’une des réserves les plus visitées du pays, avec un trafic de véhicules qui se croise en permanence sur les mêmes pistes que la faune.

Une femelle adulte a chargé, rapidement rejointe par le reste du troupeau. L’homme n’a pas eu le temps de rejoindre son véhicule. Le North West Parks and Tourism Board, l’organisme public qui gère la réserve, a confirmé le décès dans un communiqué.

Les signes qui précèdent une charge

Un éléphant sur le point de charger donne généralement des avertissements avant de passer à l’acte : oreilles largement déployées, tête secouée, barrissements répétés, parfois une charge « d’intimidation » qui s’arrête à quelques mètres. Ces signaux, bien documentés par les guides de safari, laissent en théorie le temps de reculer vers un véhicule. Le problème survient quand la distance initiale est déjà trop courte, ou quand plusieurs adultes réagissent en même temps à la présence d’un groupe humain trop proche d’un jeune.

Pourquoi une femelle charge

Dans un troupeau d’éléphants d’Afrique, ce sont les femelles adultes qui assurent la protection collective des jeunes. Une charge déclenchée près d’un groupe en train de se nourrir correspond le plus souvent à un réflexe défensif face à une présence jugée trop proche, pas à une attaque préméditée. Un éléphant adulte pèse plusieurs tonnes et peut atteindre une vitesse de course supérieure à 25 km/h sur de courtes distances, largement de quoi rattraper un piéton pris de court.

Les gestionnaires de parcs rappellent régulièrement que la distance de sécurité doit se compter en dizaines de mètres, et davantage encore lorsque des jeunes sont visibles dans le groupe. Un véhicule fermé est un abri : une fois à pied, un visiteur perd cet avantage.

Un risque documenté, pas isolé

Les collisions et charges d’animaux sauvages figurent parmi les principales causes d’accidents mortels touchant des visiteurs dans les réserves d’Afrique australe, aux côtés des noyades et des chutes. Les autorités sud-africaines publient chaque année des rappels de sécurité à l’attention des touristes, en particulier avant la haute saison de juillet et août, période où l’affluence dans les parcs augmente sensiblement.

Au Zimbabwe voisin, où la statistique est suivie de près par les services de la faune, 35 personnes ont été tuées par des animaux sauvages en 2023, et plus de 80 ont été blessées, tous animaux confondus, crocodiles et hippopotames compris et pas seulement les éléphants. Ce chiffre, réel mais souvent déformé dans les reprises médiatiques qui l’attribuent à la seule espèce éléphant, montre surtout l’ampleur des conflits entre faune et populations rurales vivant à proximité des zones protégées, un contexte différent de celui d’un accident touristique dans un parc encadré.

Les règles à respecter dans un parc animalier

Les consignes appliquées dans la plupart des réserves d’Afrique australe tiennent en quelques points simples, rappelés à l’entrée de chaque parc :

  • Ne jamais quitter le véhicule en dehors des zones prévues à cet effet.
  • Garder une distance d’au moins trente mètres avec un groupe d’éléphants.
  • Suivre les indications des rangers et des panneaux de signalisation.
  • Ne jamais chercher à nourrir ou provoquer un animal pour obtenir une photo.

Ces règles ne visent pas à limiter l’observation de la faune, mais à la rendre possible sans mettre en danger ni les visiteurs ni les animaux, qui peuvent être abattus par les rangers lorsqu’une charge se termine mal.

Ce que change ce type d’accident

Après un incident mortel, les parcs sud-africains renforcent en général leur signalétique et les briefings donnés aux visiteurs à l’entrée. La réserve de Pilanesberg a rappelé, dans son communiqué, que l’observation de la faune depuis un véhicule reste la seule pratique sûre face à des animaux dont le comportement, même familier en apparence, demeure celui d’un animal sauvage.

Le paradoxe tient à la taille même de ces réserves : plus un parc protège efficacement ses éléphants, plus leur nombre augmente localement, et plus les rencontres rapprochées avec les véhicules de tourisme deviennent fréquentes. La sécurité des visiteurs ne dépend alors plus de la rareté de l’animal, mais de la seule discipline collective à respecter une règle simple, rester à l’intérieur du véhicule.

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