Callum, cerf des Highlands euthanasié, victime du surtourisme

Sommaire8 sections
  1. 01Un cerf devenu familier sur la route NC500
  2. 02Des croissants et des céréales à la place de l'herbe
  3. 03Une santé qui s'est effondrée en quelques années
  4. 04La décision du National Trust for Scotland
  5. 05Le cerf élaphe, plus grand mammifère terrestre sauvage de Grande-Bretagne
  6. 06Un problème qui dépasse un seul animal
  7. 07Une espèce en surnombre, ce qui ne rend pas chaque cerf moins vulnérable
  8. 08Ce que la mort de Callum peut changer

Callum était un cerf élaphe que les randonneurs croisaient depuis des années sur les sentiers de Torridon, dans le nord-ouest des Highlands écossais. Il a été euthanasié fin juin 2024, les dents rongées et le corps affaibli par des années de nourriture donnée par les visiteurs. Son cas a relancé un débat que les gestionnaires du parc traînent depuis longtemps : que faire face à des touristes qui veulent nourrir un animal sauvage pour la photo.

Un cerf devenu familier sur la route NC500

Torridon et Applecross se trouvent sur le tracé du North Coast 500, l'itinéraire touristique qui fait le tour du nord de l'Écosse et qui a multiplié la fréquentation de la région depuis son lancement en 2015. Callum s'était habitué à la présence humaine au point de s'approcher des voitures arrêtées sur le bas-côté. Les photographes de passage en avaient fait l'un des cerfs les plus photographiés d'Écosse.

Des croissants et des céréales à la place de l'herbe

Le problème n'était pas l'attention qu'il recevait mais ce qu'on lui donnait à manger. Des témoins ont rapporté lui avoir vu accepter des croissants, du pain et des céréales de type Rice Krispies tendus à la main. Un cerf élaphe se nourrit d'herbe, de bruyère, d'écorce et de jeunes pousses : rien dans son système digestif n'est fait pour un régime sucré et transformé.

Une santé qui s'est effondrée en quelques années

Selon un vétérinaire consulté par la presse locale, les dents de Callum s'étaient dégradées au point de ne plus lui permettre de mâcher correctement sa nourriture naturelle. Il souffrait aussi d'arthrite et avait perdu une bonne partie de sa masse musculaire. Son pelage, terne et clairsemé par endroits, trahissait un animal en fin de course bien avant l'âge auquel un cerf élaphe décline habituellement.

La décision du National Trust for Scotland

Torridon est géré par le National Trust for Scotland, l'organisme de conservation qui administre plusieurs des grands domaines naturels des Highlands. Face à l'état de Callum, ses vétérinaires ont conclu qu'aucune amélioration n'était possible et qu'une survie prolongée reviendrait à le laisser souffrir. L'euthanasie a été réalisée fin juin 2024, sur place, par un vétérinaire de la faune sauvage.

Le cerf élaphe, plus grand mammifère terrestre sauvage de Grande-Bretagne

Le cerf élaphe, Cervus elaphus, appartient à la famille des cervidés. C'est le plus grand mammifère terrestre sauvage des îles Britanniques : un mâle adulte pèse entre 90 et 190 kilogrammes selon la région et l'alimentation disponible. Ses bois, et non des cornes, tombent et repoussent chaque année, plus imposants à chaque cycle jusqu'à ce que l'animal vieillisse. Le brame a lieu en septembre et octobre, quand les mâles rugissent pour défendre leur harde de femelles.

À l'état sauvage, un cerf élaphe vit en général quinze à dix-huit ans. L'espèce est classée en préoccupation mineure par l'UICN à l'échelle mondiale, la population écossaise étant même jugée trop abondante dans certains secteurs des Highlands, au point de nécessiter des prélèvements réguliers pour protéger la régénération forestière.

Un problème qui dépasse un seul animal

Le cas de Callum n'est pas isolé. NatureScot, l'agence publique chargée de la nature en Écosse, reçoit chaque été des signalements de cerfs, de phoques ou d'oiseaux marins approchés de trop près ou nourris par des visiteurs pressés de faire une photo. La hausse de la fréquentation liée au North Coast 500 a rendu ces rencontres plus fréquentes, sans que les habitudes des visiteurs aient suivi.

Une espèce en surnombre, ce qui ne rend pas chaque cerf moins vulnérable

La population de cerfs élaphes en Écosse est estimée à plusieurs centaines de milliers d'individus, un niveau que les forestiers et les associations de conservation jugent trop élevé pour permettre à la végétation native de se régénérer dans de nombreux secteurs des Highlands. Des campagnes de régulation existent depuis des décennies pour limiter cette pression sur les jeunes arbres et la bruyère.

Ce que la mort de Callum peut changer

Son histoire a été reprise par plusieurs médias écossais et britanniques, ce qui a donné à NatureScot et au National Trust for Scotland l'occasion de rappeler les règles de base : ne pas nourrir la faune sauvage, ne pas s'approcher, signaler un animal en détresse plutôt que d'intervenir soi-même. Un panneau d'information a depuis été installé sur le secteur où Callum vivait.

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