Les animaux en J : le jaguar, le jabiru et le jaseur boréal
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Le jaguar rugit dans les forêts d’Amérique, le jabiru dresse son mètre trente de haut dans les zones humides tropicales, et une petite vipère brésilienne a fini par changer la pharmacie moderne. La lettre J réunit peu d’espèces, mais des cas singuliers : un félin sud-américain trop souvent confondu avec le jaguarondi, un échassier au bec démesuré, deux serpents dont le venin a inspiré un médicament contre l’hypertension, et un escargot qui flotte sur l’océan grâce à un radeau de bulles.
Un félin et son cousin discret
Le jaguar, Panthera onca, est le plus grand félin d’Amérique et le seul du continent capable de rugir. Il pèse jusqu’à cent vingt kilos, chasse aussi bien en forêt qu’en zone marécageuse, et sa morsure est assez puissante pour transpercer la carapace des tortues et le crâne des caïmans, ce qu’aucun autre grand félin ne fait de façon systématique.
Le jaguarondi, Herpailurus yagouaroundi, partage une partie de son aire mais n’a rien du jaguar : c’est un petit félin élancé, à la silhouette proche d’une belette, actif de jour, qui chasse rongeurs et oiseaux au sol plutôt que dans les arbres. Sa robe unie, grise ou rousse selon les individus, le distingue immédiatement des taches en rosette du jaguar.
Trois oiseaux tropicaux et un colibri
Le jabiru, Jabiru mycteria, est le plus grand échassier volant d’Amérique tropicale : près d’un mètre trente de haut, un bec noir massif légèrement retroussé, et un cou dénudé rouge et noir. Il niche en solitaire dans les zones humides, du Mexique au nord de l’Argentine, et se nourrit de poissons, de mollusques et parfois de petits reptiles.
Les jacanas, famille des Jacanidae, doivent leur nom à leurs très longs doigts, qui répartissent leur poids sur les feuilles flottantes des nénuphars et leur permettent de marcher sur l’eau. Chez plusieurs espèces, dont le jacana noir d’Amérique du Sud, c’est la femelle qui défend un territoire regroupant plusieurs mâles, chacun couvant seul sa propre ponte.
Les jacamars, une trentaine d’espèces réparties en Amérique centrale et du Sud, ont un plumage aux reflets métalliques vert ou bleu et un long bec fin. Ils guettent depuis une branche et capturent les insectes en vol, papillons compris, qu’ils assomment en les frappant contre leur perchoir avant de les avaler.
Le jacobin à collier, Florisuga mellivora, est un colibri des forêts humides d’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud. Le mâle porte une tête et une gorge bleu foncé qui tranchent sur un ventre blanc, une allure qui a valu son nom à toute une lignée d’oiseaux surnommés « jacobins » pour leur capuche sombre.
Deux passereaux qui remontent vers le nord
Le jaseur boréal, Bombycilla garrulus, se reconnaît à sa huppe, son masque noir et les pointes rouge cire sur ses ailes, qui donnent son nom au genre Bombycilla. Il niche dans la taïga d’Eurasie et d’Amérique du Nord et descend certains hivers, de façon irrégulière, jusqu’en France, où sa présence dépend directement de la récolte de baies dans le nord de l’Europe.
Le jaseur d’Amérique, Bombycilla cedrorum, est son proche parent nord-américain, un peu plus petit et sans la même envergure de migration. Il se déplace en bandes compactes, parfois plusieurs centaines d’individus, qui se disputent les baies de genévrier ou de sorbier jusqu’à l’épuisement des réserves locales.
Le junco ardoisé, Junco hyemalis, est un petit bruant nord-américain au plumage gris ardoise et au ventre blanc, très commun en hiver dans les jardins du continent. Il se nourrit surtout au sol, en grattant la litière de feuilles à la recherche de graines, un comportement qui le rend facile à observer même en ville.
Deux vipères sud-américaines et un poisson des grands fonds
La jararaca, Bothrops jararaca, est une vipère venimeuse du sud-est du Brésil dont le venin a un intérêt inattendu : une molécule isolée de sa toxine a servi de point de départ à la mise au point du captopril, un des premiers médicaments contre l’hypertension. La jararacussu, Bothrops jararacussu, est sa cousine, nettement plus grande, capable de dépasser deux mètres, et responsable d’une part importante des morsures graves recensées au Brésil.
La julienne, aussi appelée lingue bleue, Molva dypterygia, est un poisson allongé des eaux profondes de l’Atlantique nord, pêché commercialement au large de la Norvège et de l’Écosse. Elle vit couramment entre trois cents et mille mètres de profondeur et peut atteindre un mètre cinquante.
Un escargot qui vit à la surface de l’océan
La janthine commune, Janthina janthina, est un mollusque marin violet qui ne touche jamais le fond. Elle fabrique un radeau de bulles de mucus solidifié et dérive à la surface des océans tempérés et tropicaux, où elle se nourrit de méduses et de siphonophores urticants, notamment la physalie, sans en subir les piqûres.
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