Les animaux en H : hippopotame, hérisson, héron et hibou
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La lettre H couvre un territoire étonnamment large : la mare de l’hippopotame, les fonds marins de l’hippocampe, les forêts amazoniennes du singe hurleur. Les espèces réunies ici ont toutes un point commun vérifiable, un nom français qui commence bien par cette lettre, ce qui écarte d’office toute créature imaginaire.
Sur la terre africaine
L’hippopotame commun (Hippopotamus amphibius) passe l’essentiel de la journée immergé pour protéger sa peau sensible du soleil. Malgré une allure placide, c’est l’un des mammifères africains les plus dangereux pour l’homme, capable de charger à plus de trente kilomètres à l’heure sur de courtes distances.
L’hippopotame nain (Choeropsis liberiensis), cousin discret du précédent, ne pèse qu’environ deux cent cinquante kilos contre plus de mille cinq cents pour son grand parent. Il vit solitaire dans les forêts humides d’Afrique de l’Ouest et reste classé en danger, avec moins de deux mille cinq cents individus estimés dans la nature.
La hyène tachetée (Crocuta crocuta) vit en clans dirigés par des femelles, plus grandes et plus agressives que les mâles. Ses mâchoires, parmi les plus puissantes du règne animal, lui permettent de broyer les os que d’autres charognards laissent de côté.
Dans le froid et dans les bois
Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) se roule en boule dès qu’il se sent menacé, hérissant environ cinq mille piquants. Il hiberne l’hiver dans un tas de feuilles ou de bois mort, un abri que le débroussaillage automnal des jardins détruit trop souvent avant qu’il ne s’y installe.
L’hermine (Mustela erminea) change de couleur avec les saisons dans les régions froides : brune l’été, elle devient blanche l’hiver, à l’exception du bout de la queue qui reste noir en toute saison. Ce pelage hivernal a longtemps été recherché pour orner les manteaux de cérémonie.
Dans les airs
Le héron cendré (Ardea cinerea) reste immobile de longues minutes au bord de l’eau avant de frapper une proie d’un coup de bec rapide et précis. On le trouve aussi bien dans les marais que dans les fossés urbains, pourvu qu’il y trouve poissons ou grenouilles.
Le hibou moyen-duc (Asio otus) chasse au crépuscule dans les zones boisées et les haies bocagères. Ses aigrettes, deux touffes de plumes dressées sur la tête, n’ont rien à voir avec ses oreilles, situées ailleurs sur le crâne et asymétriques pour mieux localiser un bruit dans l’obscurité.
Le harfang des neiges (Bubo scandiacus) niche dans la toundra arctique et devient largement blanc à l’âge adulte, une teinte qui varie selon le nombre de lemmings disponibles, sa proie presque exclusive certaines années.
Le huard (Gavia immer), appelé plongeon huard au Canada, plonge jusqu’à soixante mètres pour capturer des poissons. Son cri tremblé, qu’on entend porter sur les lacs boréaux au crépuscule, figure parmi les sons les plus reconnaissables de la faune nord-américaine.
Sous la surface de l’eau
L’hippocampe, poisson à la silhouette de cheval miniature, est l’un des rares animaux où le mâle porte les œufs jusqu’à l’éclosion, dans une poche ventrale prévue à cet effet. Les couples restent souvent fidèles sur une saison de reproduction entière.
L’hétéropode désigne un groupe de mollusques marins pélagiques, souvent transparents, qui nagent en pleine eau grâce à un pied transformé en nageoire. Cette transparence les rend presque invisibles à leurs prédateurs comme à leurs proies.
Le homard européen (Homarus gammarus) vit dans les eaux froides de l’Atlantique nord-est. Sa carapace bleu-noir, qui vire au rouge une fois cuite, cache une croissance par mues successives tout au long de sa vie, parfois longue de plusieurs décennies.
L’huître, mollusque bivalve fixé aux rochers ou élevé en claires, filtre plusieurs litres d’eau de mer par heure pour se nourrir de plancton. Cette capacité de filtration en fait aussi un bon indicateur de la qualité de l’eau côtière.
L’holothurie, ou concombre de mer, se traîne sur les fonds marins où elle recycle la matière organique. Menacée, elle peut expulser une partie de ses organes internes pour dissuader un prédateur, avant de les régénérer en quelques semaines.
Deux espèces au comportement bruyant
L’hippotrague regroupe plusieurs grandes antilopes africaines, dont l’hippotrague noir et l’hippotrague rouan, reconnaissables à leurs longues cornes incurvées vers l’arrière. Contrairement à un cervidé, ces cornes ne tombent jamais et poussent tout au long de la vie de l’animal.
Le singe hurleur (Alouatta), présent en Amérique centrale et du Sud, possède un os hyoïde renforcé qui amplifie ses cris jusqu’à les faire porter à plusieurs kilomètres en forêt dense. Ce vacarme matinal sert avant tout à éviter des confrontations directes entre groupes rivaux.
De la savane aux fonds marins en passant par la toundra arctique, les seize espèces réunies ici partagent surtout un nom qui commence bien par la lettre H, sans qu’aucune invention n’ait été nécessaire pour compléter la liste.
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