L’hippopotame commun : vie aquatique, sorties nocturnes et menaces
Sommaire6 sections
Un hippopotame passe l’essentiel de sa journée immergé, presque immobile, et c’est justement ce qui le rend dangereux : on le repère trop tard. Ce mammifère semi-aquatique d’Afrique subsaharienne organise toute sa vie autour de l’eau, du sommeil collectif jusqu’à la défense d’un territoire qu’il ne quitte qu’à la nuit tombée.
Une vie presque entièrement dans l’eau
Les yeux, les oreilles et les narines de l’hippopotame sont alignés sur le sommet du crâne, ce qui lui permet de rester quasiment invisible en surface tout en gardant ses sens en éveil. Sous l’eau, il ferme hermétiquement narines et oreilles et peut retenir sa respiration environ cinq minutes, assez pour marcher au fond d’une rivière ou d’un lac plutôt que d’y nager, sa densité corporelle rendant la flottaison naturelle difficile. Cette immersion prolongée protège sa peau nue, dépourvue de poils et de glandes sudoripares, du dessèchement et des coups de soleil qui la fissureraient rapidement à l’air libre.
Le troisième mammifère terrestre le plus lourd
Une femelle pèse en général de 1,3 à 1,5 tonne, tandis qu’un grand mâle peut dépasser 3 tonnes, ce qui place l’espèce au troisième rang des mammifères terrestres les plus lourds, derrière les éléphants et le rhinocéros blanc, et non au premier comme on le lit parfois. Sa peau, épaisse d’environ 6 cm, et ses canines inférieures, qui atteignent 50 cm de long chez certains mâles âgés, complètent une silhouette taillée pour l’intimidation autant que pour la vie aquatique.
Un territoire aquatique défendu bec et dents
Contrairement à une image répandue, l’hippopotame n’est pas un animal placide : les mâles dominants contrôlent une portion de rivière ou de lagune qu’ils défendent contre tout intrus mâle, par des bâillements spectaculaires exposant leurs canines et, si nécessaire, par des combats qui peuvent être mortels. Ce territoire se marque aussi par la projection de bouse, dispersée en éventail à l’aide d’une queue agitée à grande vitesse, un signal olfactif et visuel destiné aux mâles voisins comme aux femelles en âge de se reproduire.
Naître et grandir sans quitter l’eau
La femelle met bas dans l’eau ou juste en bordure, après une gestation d’environ huit mois, et le petit apprend à nager avant même de savoir marcher correctement sur terre. Il tète également sous l’eau, en fermant ses narines le temps de la succion, et reste collé à sa mère pendant près d’un an dans un groupe où plusieurs femelles et leurs jeunes se tiennent ensemble au centre du territoire, à l’écart des mâles en périphérie.
Sortir la nuit sans jamais s’éloigner vraiment
Dès la tombée de la nuit, les hippopotames quittent l’eau pour brouter l’herbe des berges, parcourant en général quelques kilomètres, rarement plus de dix, avant de regagner leur même point d’eau avant le lever du jour. Cette fidélité au territoire aquatique est stricte : un individu déplacé de force met du temps à s’installer ailleurs, et les zones humides qu’il fréquente doivent rester suffisamment vastes pour accueillir tout le groupe pendant la saison sèche, quand les points d’eau se raréfient.
Vulnérable malgré des effectifs encore importants
Classé vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’hippopotame commun compte une population sauvage estimée entre 115 000 et 130 000 individus, en déclin dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Le braconnage pour ses canines d’ivoire et la conversion des zones humides en terres agricoles réduisent progressivement les territoires aquatiques dont l’espèce dépend entièrement, sans possibilité de repli sur un habitat terrestre alternatif.
Résumer cet article avec :
Partager :
