Chasse sous terre des blaireaux : la mobilisation de One Voice
Sommaire8 sections
- 01Une chasse qui se pratique à la pince
- 02Deux audiences décisives en juin
- 03Des victoires déjà obtenues cette saison
- 04Les prochaines dates à surveiller
- 05Un animal fouisseur et social
- 06Un statut juridique qui a changé, une pratique qui résiste
- 07Le référé-suspension, une arme rapide
- 08Ce que demandent les associations
Le déterrage du blaireau est en théorie une chasse d’automne et d’hiver, ouverte du 15 septembre au 15 janvier. Chaque année pourtant, des préfets accordent des autorisations complémentaires au printemps, en pleine période où les femelles allaitent leurs petits sous terre. C’est contre ces arrêtés que l’association One Voice, avec AVES France et l’ASPAS, multiplie les recours devant les tribunaux administratifs.
Une chasse qui se pratique à la pince
Le déterrage, ou vénerie sous terre, consiste à envoyer des chiens dans le terrier pour localiser et bloquer le blaireau, avant que les chasseurs ne creusent jusqu’à lui pour l’extraire à la pince et l’achever en surface. C’est le seul mode de chasse français qui autorise explicitement la capture d’un animal directement dans son terrier. Le blaireau (Meles meles) y est particulièrement vulnérable au printemps, quand les jeunes de l’année, encore incapables de fuir, se trouvent piégés avec leur mère.
Deux audiences décisives en juin
Selon l’association, deux dossiers arrivent en juin devant le tribunal administratif de Bordeaux : le 19 juin pour le Lot-et-Garonne, le 26 juin pour la Gironde. L’objectif des recours est d’obtenir la suspension immédiate des arrêtés préfectoraux, avant même que les sessions de déterrage n’aient lieu sur le terrain.
Des victoires déjà obtenues cette saison
D’après One Voice, des suspensions ont déjà été prononcées ce printemps dans plusieurs départements : le Finistère, l’Aveyron, le Cher, le Morbihan, l’Eure et les Côtes-d’Armor. L’association chiffre à environ 2 300 le nombre de blaireaux qui auraient échappé au déterrage grâce à l’ensemble de ces décisions depuis le début de la mobilisation. Ce chiffre reste une estimation avancée par l’organisation elle-même, non un décompte officiel.
Les prochaines dates à surveiller
D’autres audiences sont annoncées pour les semaines à venir, département par département :
- 13 juin à Clermont-Ferrand pour le Puy-de-Dôme
- 20 juin à Grenoble pour la Savoie
- 25 juin à Lyon pour le Rhône
- 27 juin à Poitiers pour la Vienne et la Charente-Maritime
- 27 juin à Limoges pour la Corrèze
- 28 juin à Versailles pour l’Essonne
- 1er juillet à Rennes pour le Morbihan et les Côtes-d’Armor
Ce calendrier chargé illustre l’ampleur du recours administratif comme méthode de blocage : chaque arrêté préfectoral doit être attaqué séparément, département par département, faute de pouvoir contester la pratique au niveau national.
Un animal fouisseur et social
Le blaireau vit en clans familiaux dans des terriers appelés blaireautières, parfois occupées et agrandies sur plusieurs générations. Il est omnivore, se nourrissant surtout de vers de terre, de larves et de fruits tombés au sol. Les femelles mettent bas en général une portée de deux à quatre jeunes en février, ce qui place la période d’allaitement en plein cœur du printemps, au moment même où certaines préfectures autorisent le déterrage.
Un statut juridique qui a changé, une pratique qui résiste
Depuis la loi de 2015 réformant le code civil, les animaux sont reconnus comme des « êtres vivants doués de sensibilité », un principe que les associations invoquent régulièrement devant les juges administratifs pour contester des pratiques de chasse jugées disproportionnées. Le déterrage n’en reste pas moins une chasse légale en France, encadrée par un arrêté ministériel qui en fixe les grands principes, chaque préfet restant libre d’adapter les dates locales et d’accorder, ou non, des prolongations.
Le référé-suspension, une arme rapide
La procédure utilisée par One Voice et ses partenaires, le référé-suspension, permet de demander au juge administratif de bloquer l’exécution d’un arrêté avant même que son fond ne soit examiné, à condition de démontrer une urgence et un doute sérieux sur sa légalité. C’est cette rapidité qui explique le nombre élevé de recours déposés en quelques semaines seulement, chaque tribunal administratif devant statuer avant que la période de chasse contestée ne soit écoulée.
Ce que demandent les associations
One Voice et ses partenaires ne réclament pas seulement la suspension des arrêtés en cours : ils visent à terme l’interdiction pure et simple du déterrage, qu’ils jugent incompatible avec le bien-être animal tel qu’il est de plus en plus reconnu par le droit français. Pour soutenir cette démarche, l’association invite le public à signer nos pétitions.
Résumer cet article avec :
Partager :
