Des élèves de Mende dessinent les animaux sauvages de Lozère

Sommaire6 sections
  1. 01Un livre né d’un projet d’école
  2. 02Le castor, star inattendue d’un groupe d’élèves
  3. 03Le hérisson, un exercice de patience
  4. 04Une éditrice locale pour cadrer le travail
  5. 05Donner du sens à l’écriture
  6. 06Le poids du local dans un petit projet

Vendredi 31 mai, dans une salle de l’école Saint-Joseph à Mende, des élèves ont troqué le cahier de sciences contre des feutres et des feuilles blanches pour dessiner le castor, le hérisson et les autres bêtes de leur département. Le projet vise un objectif précis : publier un livre-documentaire écrit et illustré par les enfants eux-mêmes sur les animaux sauvages de Lozère.

Un livre né d’un projet d’école

L’initiative s’inscrit dans un programme plus large baptisé « de la lecture à l’écriture », porté par l’école toute l’année. Selon Eugénie Monteil, la directrice, ce fil conducteur a déjà donné lieu à une gazette mensuelle rédigée par les élèves et à un conte de Noël collectif. Le livre sur la faune sauvage lozérienne en est le prolongement le plus ambitieux, avec un vrai objectif de publication à la clé.

Éva Seguin, secrétaire de l’Association de parents d’élèves Apel Saint-Joseph, précise que le projet a démarré grâce à une bourse à l’animation de 900 euros. Cette aide finance l’accompagnement éditorial et la fabrication du livre, deux postes que l’école n’aurait pas pu couvrir seule.

Le castor, star inattendue d’un groupe d’élèves

Mathilde, Lucrèce, Nathan et Mahina ont choisi le castor d’Europe. Leurs recherches leur ont appris qu’il pèse entre 17 et 31 kilogrammes, une fourchette qui correspond bien au poids des adultes de l’espèce, et qu’il peut vivre entre huit et quinze ans en milieu naturel. Autre découverte qui a marqué le groupe : le castor forme un couple stable qui dure toute la vie de l’animal, une monogamie rare chez les mammifères sauvages. « Moi, j’en ai déjà vu dans les Gorges du Tarn », raconte Mahina, qui a pu confronter la théorie à un souvenir personnel.

Le hérisson, un exercice de patience

Emmy, elle, a passé de longues minutes à dessiner un hérisson piquant par piquant, refusant les raccourcis qu’un dessin d’enfant autorise pourtant. Un hérisson adulte porte en réalité plusieurs milliers de piquants sur le dos, ce qui rend l’exercice presque impossible à finir dans le détail. Cette exigence traverse tout le projet : les enseignants et l’éditrice qui encadrent les élèves insistent pour que chaque planche cherche la précision plutôt que l’à-peu-près.

Une éditrice locale pour cadrer le travail

Cindy Chapelle encadre les élèves dans cette aventure éditoriale. Installée à Lanuéjols, elle dirige depuis plus de dix ans la maison d’édition Grand petit monde, spécialisée dans le patrimoine naturel et culturel de la région, dont la première collection s’appelle « Les petits romans naturalistes ». Elle apporte aux enfants une méthode de travail réelle : recherche documentaire, vérification des données, puis mise en forme du texte et de l’image.

Elle dit avoir été surprise par le niveau de connaissance des élèves sur la faune locale. Amateurs de mangas, de bandes dessinées et de romans fantastiques comme la plupart des enfants de leur âge, ils se sont montrés tout aussi curieux devant les ouvrages scientifiques qu’elle leur a apportés. Elle défend aussi le livre papier, un objet qui continue selon elle d’évoluer malgré la place grandissante des formats numériques.

Donner du sens à l’écriture

Pour la directrice de l’école, ce livre-documentaire-jeux a une fonction pédagogique claire : en recueillant elles-mêmes les informations sur les animaux, les élèves comprennent pourquoi on écrit, pas seulement comment. Face à l’attrait constant des écrans, elle voit dans ce type de projet un moyen concret de faire revenir la lecture et l’écriture au centre de l’attention des enfants, en leur donnant un but tangible : voir leur travail publié.

Le poids du local dans un petit projet

Travailler avec une éditrice installée à quelques kilomètres de l’école change la nature du projet, selon Cindy Chapelle. La proximité facilite les échanges, permet des rencontres répétées et ancre le livre dans une identité régionale que ni un éditeur parisien ni un outil numérique ne pourraient reproduire de la même façon.

Les élèves de Saint-Joseph, eux, attendent surtout une chose : tenir entre leurs mains le livre qu’ils ont écrit sur les animaux de leur département.

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