Le paresseux à deux doigts (unau) : vie solitaire et habitudes nocturnes

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Sommaire8 sections
  1. 01Deux griffes qui donnent son nom à l’espèce
  2. 02Un animal presque exclusivement nocturne
  3. 03Un régime plus varié qu’on ne le croit
  4. 04Suspendu à l’envers, à l’aise dans l’eau
  5. 05Un camouflage qui repose sur l’immobilité
  6. 06Une gestation presque aussi longue qu’un an
  7. 07Ocelot et jaguar, principaux prédateurs
  8. 08Une espèce encore commune, mais dépendante de la forêt

Une femelle unau porte son petit pendant près d’un an, presque autant qu’une vache, pour un animal qui ne dépasse pas huit kilos. Cette gestation hors norme résume assez bien le paresseux à deux doigts : tout, chez lui, tourne à un rythme que rien d’autre dans la canopée sud-américaine ne partage.

Deux griffes qui donnent son nom à l’espèce

un unau suspendu tête en bas sous une branche, agrippé par ses deux griffes avant en forme de crochets.

Le paresseux à deux doigts, ou unau, regroupe deux espèces du genre Choloepus, de la famille des Mégalonychidés. Il ne pèse que 4 à 8 kilogrammes pour une soixantaine de centimètres, sans queue visible. Son nom vient de ses deux griffes avant en forme de crochets, contre trois chez le paresseux à trois doigts du genre Bradypus, avec lequel on le confond souvent alors que les deux animaux n’appartiennent même pas à la même famille.

Autre différence marquante : l’unau tourne la tête sur près de 270 degrés grâce à des vertèbres cervicales plus nombreuses que la moyenne des mammifères, quand le paresseux à trois doigts, limité à six vertèbres du cou, ne peut pivoter que d’environ 90 degrés.

Un animal presque exclusivement nocturne

Là où le paresseux à trois doigts reste actif en plein jour, l’unau chasse la nuit et dort le jour, calé dans une fourche de branches à plusieurs mètres du sol. Il vit seul le plus clair du temps, même si des domaines vitaux voisins se chevauchent sans provoquer d’affrontement, les rencontres directes restant rares et brèves.

Un régime plus varié qu’on ne le croit

L’unau se nourrit surtout de feuilles, de bourgeons et de fruits, mais il complète parfois ce menu végétal par de petits invertébrés ou même de petits vertébrés trouvés sur son passage, un comportement inhabituel chez les paresseux, plus stricts sur leur régime chez les Bradypus. Sa digestion, portée par un estomac à plusieurs compartiments proche de celui des ruminants, peut prendre plusieurs semaines pour un seul repas, ce qui explique en grande partie la lenteur de tous ses mouvements.

Suspendu à l’envers, à l’aise dans l’eau

Grâce à ses griffes-crochets, l’unau se déplace de branche en branche tête en bas, une posture qui limite l’effort musculaire nécessaire pour se maintenir en hauteur. Il descend rarement au sol, seulement pour changer d’arbre ou satisfaire ses besoins naturels, un moment où il devient très vulnérable car il ne peut alors ni courir ni se défendre efficacement. En revanche, c’est un excellent nageur, capable de traverser une rivière entière à la nage lorsque la canopée ne permet pas de continuer de branche en branche.

Un camouflage qui repose sur l’immobilité

Le pelage de l’unau héberge souvent des algues et des champignons qui lui donnent une teinte verdâtre, un camouflage renforcé par une immobilité quasi permanente plutôt que par une fuite. Bouger le moins possible reste sa meilleure protection contre les rapaces qui chassent à vue dans la canopée.

Une gestation presque aussi longue qu’un an

La période de reproduction est le seul moment où l’unau, habituellement solitaire, se rapproche activement d’un partenaire, le mâle pouvant parcourir de longues distances en marchant ou en nageant pour rejoindre une femelle réceptive. Une fois fécondée, celle-ci porte son petit pendant onze à quatorze mois selon les espèces, une durée exceptionnellement longue pour un mammifère de cette taille, et ne met bas qu’un seul jeune à la fois.

Ocelot et jaguar, principaux prédateurs

Les principaux prédateurs de l’unau adulte restent l’ocelot et le jaguar, qui le surprennent surtout lors de ses passages au sol. Les jeunes doivent en plus se méfier des grands rapaces forestiers, capables de les saisir directement dans les arbres. Face à une attaque, l’unau se défend avec ses griffes avant, des armes suffisamment puissantes pour blesser gravement un prédateur, même s’il préfère de loin l’immobilité et le camouflage à l’affrontement.

Une espèce encore commune, mais dépendante de la forêt

Les deux espèces d’unau sont classées en préoccupation mineure par l’Union internationale pour la conservation de la nature, contrairement à plusieurs paresseux à trois doigts plus menacés. Cette relative sécurité tient surtout à leur large répartition dans le bassin amazonien, mais elle reste conditionnée à la préservation d’une canopée continue : un unau isolé sur une parcelle forestière trop petite ne peut ni se nourrir ni se reproduire normalement.

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