Le tapir malais : silhouette, habitat et rôle dans la forêt

découvrez tout sur le tapir malais, un animal fascinant, dans cet article détaillé. origine, habitat, comportement, alimentation: tout ce que vous devez savoir !
Sommaire7 sections
  1. 01Le plus grand des quatre tapirs
  2. 02Une robe qui casse la silhouette
  3. 03Des sifflements pour se retrouver dans la nuit
  4. 04Un territoire réduit à deux poches
  5. 05Un nageur qui fuit dans l’eau
  6. 06Une gestation de treize mois
  7. 07Déforestation et braconnage

Dans la pénombre d’une forêt de Sumatra, une tache blanche flotte au milieu du noir : c’est le dos d’un tapir malais, dont la robe bicolore casse sa silhouette au clair de lune. L’animal n’a rien d’un cousin du sanglier, il appartient à l’ordre des périssodactyles, celui du cheval et du rhinocéros. Sa trompe courte n’est pas un ornement, il s’en sert chaque nuit pour attraper les feuilles hors de portée.

tapir malais de profil dans la végétation, robe noire et blanche, museau allongé terminé par une petite trompe

Le plus grand des quatre tapirs

Le tapir malais (Tapirus indicus) mesure de 1,8 à 2,5 mètres de long pour une hauteur au garrot de 90 à 110 centimètres. Il pèse entre 250 et 320 kilogrammes selon les individus, ce qui en fait la plus grande des quatre espèces de tapirs, devant les trois espèces sud-américaines. Sa tête allongée se termine par une courte trompe préhensile, formée du nez et de la lèvre supérieure, qui lui permet de saisir des feuilles et des jeunes pousses avec précision. Ses oreilles ovales bordées de blanc et sa peau épaisse, presque un centimètre sur le cou, achèvent une silhouette taillée pour la forêt dense.

Une robe qui casse la silhouette

Le pelage noir couvre la tête, les épaules et les pattes, tandis qu’une large tache blanche s’étend sur le dos et les flancs, du garrot jusqu’à la croupe. Vue de loin ou dans l’obscurité, cette rupture de couleur brouille les contours de l’animal aux yeux d’un prédateur, un camouflage disruptif plutôt qu’un mimétisme classique. Les petits naissent avec une robe brune tachetée de rayures et de points clairs, un motif qui les dissimule dans les jeux d’ombre de la canopée et qui s’efface progressivement vers l’âge de six à huit mois.

Des sifflements pour se retrouver dans la nuit

Le tapir malais est surtout actif au crépuscule et la nuit, et il communique peu par la vue dans cette obscurité. Il émet des sifflements aigus et de brefs grincements pour signaler sa présence à un congénère ou pour marquer une alerte. L’odorat compte davantage encore : l’animal marque son territoire d’urine et de crottes déposées à des endroits fixes, un système de bornage qu’il retrouve d’une nuit à l’autre.

Un territoire réduit à deux poches

L’espèce occupait autrefois une bande continue depuis le Myanmar et la Thaïlande jusqu’au Vietnam et au sud de la Chine. Elle a disparu de la quasi-totalité de l’Indochine et ne subsiste aujourd’hui que dans deux poches principales : la péninsule Malaise et l’île de Sumatra, en Indonésie, avec quelques populations résiduelles au Myanmar et en Thaïlande. Cette fragmentation isole des groupes qui ne se croisent plus.

Un nageur qui fuit dans l’eau

Le tapir malais est herbivore et se nourrit de feuilles, de brindilles, de fruits tombés et d’écorces tendres, une centaine d’espèces végétales différentes selon les inventaires menés en Malaisie. Il est solitaire en dehors de la période de reproduction et défend un domaine vital qui peut dépasser 10 kilomètres carrés. Bon nageur, il n’hésite pas à se jeter dans une rivière pour échapper à un tigre, son principal prédateur, et peut rester submergé un long moment pour se soustraire à la vue.

Une gestation de treize mois

La femelle porte son petit environ 390 à 395 jours, l’une des gestations les plus longues du monde animal terrestre après celles de l’éléphant et du rhinocéros. Elle met bas un seul petit, rarement deux, qui pèse autour de 6 à 8 kilogrammes à la naissance. Le sevrage intervient vers six à huit mois, et la maturité sexuelle est atteinte vers trois ans chez la femelle, un peu plus tard chez le mâle.

Déforestation et braconnage

La conversion des forêts primaires en plantations de palmiers à huile et en zones agricoles reste la première cause de recul de l’espèce, en particulier à Sumatra où la déforestation progresse vite. Le braconnage pour la viande et pour certaines parties du corps s’ajoute à cette pression. Des réserves protégées existent en Malaisie péninsulaire et sur l’île de Sumatra, et plusieurs zoos participent à des programmes d’élevage coordonnés qui maintiennent une population de sécurité en captivité.

Le tapir malais n’a pas besoin d’un pelage flamboyant ou d’un comportement spectaculaire pour retenir l’attention. Sa robe à deux couleurs, sa trompe courte et sa discrétion nocturne suffisent à en faire l’un des mammifères les plus reconnaissables d’Asie du Sud-Est, et l’un des plus menacés.

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