Le tapir : ses espèces, sa trompe et son mode de vie discret

découvrez le tapir, ce fascinant mammifère méconnu, qui évolue dans les forêts tropicales et les prairies. plongez dans son habitat, son mode de vie et ses caractéristiques étonnantes, et apprenez pourquoi ce mammifère mérite d'être mieux connu.
Sommaire7 sections
  1. 01Un ongulé proche du cheval, pas du porc
  2. 02Quatre espèces reconnues, une cinquième qui divise
  3. 03Une trompe qui sert aussi de tuba
  4. 04Nocturne, solitaire, toujours proche de l’eau
  5. 05Une reproduction lente
  6. 06Un vestige d’un monde disparu
  7. 07Jardiniers de la forêt, en danger

Le tapir marche sur un nombre impair de doigts, ce qui le range chez les périssodactyles, aux côtés du cheval et du rhinocéros, et l’éloigne du cochon que son groin évoque pourtant. Quatre espèces sont aujourd’hui reconnues sans ambiguïté, et une cinquième, décrite en 2013, continue de diviser les spécialistes.

Un ongulé proche du cheval, pas du porc

grand mammifère massif au museau prolongé en courte trompe, dans un sous-bois humide

Le tapir appartient à l’ordre des périssodactyles, comme le cheval, l’âne, le zèbre et les trois espèces de rhinocéros. Sa ressemblance avec un cochon n’est qu’une convergence de silhouette : les suidés appartiennent à un ordre totalement différent, celui des artiodactyles. Sa trompe, courte et musclée, prolonge en réalité le nez et la lèvre supérieure ; il s’en sert pour saisir les feuilles et les fruits hors de portée, un peu comme un éléphant en miniature.

Quatre espèces reconnues, une cinquième qui divise

La famille des Tapiridés regroupe des espèces bien distinctes par leur aire et leur taille :

  • Tapir terrestre (Tapirus terrestris) : Amérique du Sud, à l’est des Andes, bassin amazonien et Pantanal ; pelage brun foncé et courte crinière érigée sur la nuque. Statut UICN : vulnérable.
  • Tapir de Baird (Tapirus bairdii) : Amérique centrale, du Mexique à la Colombie, et non en Amérique du Sud comme on le lit parfois ; c’est le plus grand mammifère terrestre de la région, reconnaissable à ses joues et sa gorge plus claires. Statut UICN : en danger.
  • Tapir des montagnes (Tapirus pinchaque) : Andes de Colombie, d’Équateur et du Pérou, entre 2000 et 4300 mètres d’altitude ; le plus petit des quatre, protégé du froid par une épaisse toison laineuse. Statut UICN : en danger.
  • Tapir à chabraque (Tapirus indicus) : Asie du Sud-Est, péninsule malaise et Sumatra ; le plus grand de tous, reconnaissable à sa robe noire et blanche qui brouille sa silhouette au clair de lune.

En 2013, une équipe de chercheurs a décrit une cinquième espèce à partir de spécimens brésiliens et colombiens, le petit tapir noir (Tapirus kabomani). Sa validité reste discutée : plusieurs taxonomistes y voient une variation du tapir terrestre plutôt qu’une espèce distincte, faute d’analyses génétiques jugées suffisamment tranchées.

Une trompe qui sert aussi de tuba

La trompe du tapir ne sert pas qu’à cueillir le feuillage : en nageant, l’animal la garde à la surface pour respirer, comme un tuba, pendant que le reste du corps reste immergé. Sa vue est médiocre, mais son odorat et son ouïe compensent largement ce handicap et lui permettent de détecter un prédateur à distance.

Nocturne, solitaire, toujours proche de l’eau

Les tapirs sont des animaux solitaires, actifs surtout à la tombée de la nuit. Selon le continent, ils échappent aux jaguars et aux caïmans en Amérique, ou aux tigres en Asie, souvent en fuyant vers un point d’eau : plonger leur permet aussi de se débarrasser des parasites qui s’accrochent à leur peau épaisse.

Une reproduction lente

La femelle porte son petit environ treize mois, l’une des gestations les plus longues rapportées à la taille de l’adulte dans le règne animal. Elle ne met bas qu’un jeune tous les deux ans environ, tacheté et rayé à la naissance, un pelage qui le camoufle dans la végétation jusqu’à ses six premiers mois.

Un vestige d’un monde disparu

La famille des Tapiridés est apparue il y a environ 50 millions d’années et a longtemps compté des dizaines d’espèces, réparties sur presque tout l’hémisphère Nord : des fossiles de tapirs ont été retrouvés en Amérique du Nord et en Europe, jusqu’en France. Leur silhouette a très peu changé depuis, ce qui vaut au tapir le surnom de « fossile vivant ». La répartition actuelle, coupée en deux entre l’Amérique tropicale et l’Asie du Sud-Est, ne reflète donc pas une origine séparée sur deux continents, mais l’extinction progressive de toutes les populations intermédiaires.

Jardiniers de la forêt, en danger

En digérant fruits et graines puis en les disséminant sur de longues distances dans leurs déjections, les tapirs entretiennent la régénération des forêts qu’ils habitent : certaines grosses graines ne germent qu’après être passées par leur tube digestif. La destruction de leur habitat et la chasse restent leurs deux principales menaces, aggravées par leur reproduction lente qui ralentit tout rétablissement des populations.

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