Cinq félins peu connus : serval, chat viverrin, ocelot, caracal, jaguarondi

découvrez les cinq espèces de félins peu connues qui peuplent le monde sauvage. plongez dans l'univers fascinant de ces animaux mystérieux, leurs habitats, comportements et enjeux de conservation.
Sommaire5 sections
  1. 01Le serval, l’ouïe la plus fine des savanes africaines
  2. 02Le chat viverrin, seul félin qui pêche en plongeant
  3. 03L’ocelot, confondu avec un cousin plus petit
  4. 04Le caracal, le saut vertical le plus spectaculaire
  5. 05Le jaguarondi, le plus petit et le seul actif de jour

Le serval bondit à la verticale pour intercepter un oiseau en plein vol, le chat viverrin plonge pour pêcher, le jaguarondi chasse en plein jour quand presque tous les autres petits félins dorment. Ces cinq espèces n’ont presque rien en commun, sinon d’être éclipsées par les grands fauves et de partager, sur trois continents différents, la même menace : la disparition de leur habitat.

Le serval, l’ouïe la plus fine des savanes africaines

petit félin tacheté aux très grandes oreilles dressées, assis dans les hautes herbes d’une savane

Le serval (Leptailurus serval) vit en Afrique subsaharienne, dans les savanes herbeuses et les zones humides proches des cours d’eau ; une population résiduelle subsiste au Maroc. Il mesure de 67 à 100 centimètres de long, sans compter une queue de 24 à 45 centimètres, pour un poids de 9 à 18 kilogrammes selon le sexe. Ses oreilles, proportionnellement les plus grandes de tous les félins, captent le bruissement d’un rongeur sous la végétation avant même qu’il soit visible. Une étude menée en Tanzanie a mesuré, chez le serval, un taux de réussite de chasse voisin de 50 %, le meilleur jamais enregistré chez un félin. L’Union internationale pour la conservation de la nature le classe en préoccupation mineure.

Le chat viverrin, seul félin qui pêche en plongeant

Le chat viverrin (Prionailurus viverrinus), ou chat pêcheur, occupe les zones humides, les mangroves et les marais d’Asie du Sud et du Sud-Est, de l’Inde et du Sri Lanka jusqu’à l’Asie continentale ; la population de Sumatra n’a plus été signalée depuis des années et pourrait avoir disparu. Il mesure 57 à 78 centimètres de long, plus une queue courte de 20 à 30 centimètres, pour un poids de 5 à 16 kilogrammes, les mâles étant nettement plus lourds que les femelles. Ses griffes ne se rétractent que partiellement, une particularité rare chez les félins, et ses pattes avant sont légèrement palmées. Il plonge réellement dans l’eau pour capturer poissons et crustacés, un comportement confirmé par piégeage photographique. La destruction des zones humides a fait chuter ses effectifs : l’UICN le classe vulnérable.

L’ocelot, confondu avec un cousin plus petit

L’ocelot (Leopardus pardalis) est présent du sud des États-Unis, où une poignée d’individus subsiste au Texas, jusqu’au nord de l’Argentine, en passant par les forêts tropicales et les mangroves d’Amérique centrale et du Sud. Il mesure 55 à 100 centimètres de long, plus une queue de 30 à 45 centimètres, pour un poids de 7 à 16 kilogrammes. Nocturne et excellent grimpeur, il chasse au sol rongeurs, reptiles et petits oiseaux. On le confond souvent avec le margay, une espèce voisine plus petite, strictement arboricole, à la queue proportionnellement plus longue et aux yeux plus grands ; l’ocelot, lui, reste presque toujours au sol pour chasser. L’UICN le classe en préoccupation mineure au niveau mondial, mais sa population américaine, isolée, figure parmi les plus menacées du continent.

Le caracal, le saut vertical le plus spectaculaire

Le caracal (Caracal caracal) occupe les milieux arides et semi-arides d’Afrique, à l’exception du Sahara central et des forêts denses, ainsi que le Moyen-Orient jusqu’en Asie centrale et en Inde. Il mesure 65 à 90 centimètres de long, plus une queue courte de 20 à 34 centimètres, pour un poids de 8 à 19 kilogrammes. Ses oreilles portent de longues touffes de poils noirs, à l’origine de son nom, dérivé d’un mot turc signifiant « chat noir ». Il est capable de bondir à plus de trois mètres de haut, sans élan, pour attraper un oiseau en plein vol, un exploit filmé à plusieurs reprises. On le surnomme parfois « lynx du désert », mais le lynx a un pelage tacheté et vit en forêt tempérée ou froide, alors que le caracal a un pelage uni et vit en climat sec. L’UICN le classe en préoccupation mineure, avec un déclin marqué en Asie.

Le jaguarondi, le plus petit et le seul actif de jour

Le jaguarondi (Herpailurus yagouaroundi) s’étend du sud des États-Unis, où il n’a plus été observé depuis longtemps, jusqu’au centre de l’Argentine, dans les savanes, les broussailles et les forêts proches de l’eau. Il mesure 50 à 77 centimètres de long, avec une longue queue de 33 à 60 centimètres, pour un poids de 3 à 9 kilogrammes seulement : c’est le plus léger des cinq. Son corps allongé, ses pattes courtes et sa petite tête aplatie lui valent le surnom de « chat-loutre », une silhouette qui le fait parfois prendre pour une loutre ou un tayra. À la différence de la plupart des petits félins, actifs la nuit ou au crépuscule, il chasse en plein jour. L’UICN le classe en préoccupation mineure, malgré un déclin lié à la chasse et à la perte d’habitat.

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