Le campagnol des champs : territoire, reproduction et description

découvrez tout sur le comportement et la description du campagnol des champs pour mieux le comprendre.
Sommaire6 sections
  1. 01Un petit rongeur, pas un cousin de la taupe
  2. 02Un territoire modeste, une reproduction rapide
  3. 03Des galeries qui nourrissent le sol qu’elles abîment
  4. 04Une liste de prédateurs qui dit la place du campagnol dans la chaîne alimentaire
  5. 05Un statut de conservation qui ne dit pas tout
  6. 06Vivre avec le campagnol plutôt que lutter contre lui

Un pré agricole peut abriter jusqu’à mille campagnols des champs par hectare certaines années, puis presque plus aucun l’année suivante. Cette alternance entre pullulation et effondrement est la signature du Microtus arvalis, un petit rongeur fouisseur qu’on confond souvent avec la taupe alors que les deux animaux n’ont ni le même régime ni la même façon de creuser.

Un petit rongeur, pas un cousin de la taupe

un campagnol des champs sorti de son terrier, au ras d’une prairie, entouré de petits monticules de terre.

Le campagnol des champs (Microtus arvalis) appartient à la famille des Cricétidés, sous-famille des Arvicolinés, celle des campagnols et des lemmings. Il mesure de 9 à 12 centimètres pour une queue courte de 3 à 4 centimètres, et pèse entre 14 et 40 grammes selon l’âge et la saison. Son pelage brun-gris, ses oreilles petites et ses yeux discrets le distinguent d’emblée du mulot, plus roux et aux yeux proéminents.

La confusion la plus fréquente est avec la taupe. Les deux animaux creusent, mais la taupe évacue la terre en cônes bien nets, les fameuses taupinières, alors que le campagnol des champs se contente de petits amas irréguliers près des entrées de son terrier. Il est aussi végétarien, quand la taupe chasse vers et insectes sous terre.

Un territoire modeste, une reproduction rapide

Le territoire d’un campagnol des champs reste de taille réduite, de l’ordre de quelques centaines de mètres carrés, ce qui suffit à trouver herbes, racines et graines sans s’éloigner trop du terrier. C’est la reproduction, plutôt que l’espace, qui explique les pics de population : une femelle peut porter plusieurs litières de quatre à six petits par an, avec une gestation d’à peine trois semaines. Dans de bonnes conditions climatiques et alimentaires, ce rythme suffit à faire exploser les effectifs locaux en quelques mois.

Des galeries qui nourrissent le sol qu’elles abîment

Durant les périodes clémentes, le campagnol des champs stocke des réserves au fond de son terrier pour passer l’hiver. Quand la population grimpe, les dégâts sur les cultures de céréales, de luzerne ou de betteraves deviennent réels, et les agriculteurs le traitent en nuisible. Ces phases de forte densité retombent ensuite d’elles-mêmes, sous l’effet des maladies qui circulent plus vite dans une population dense et de la raréfaction de la nourriture disponible.

Ce même réseau de galeries a un revers positif : il aère un sol qui se tasse, améliore son drainage et mélange matières organiques et minérales sur les premiers centimètres. Un champ trop pauvre en campagnols n’est pas nécessairement un champ en meilleure santé.

Une liste de prédateurs qui dit la place du campagnol dans la chaîne alimentaire

Le campagnol des champs occupe une position centrale dans le réseau alimentaire des milieux ouverts. Il est chassé par :

  • Les fouines
  • Les belettes
  • Les hermines
  • Les putois
  • Les visons
  • Les blaireaux
  • Les martres
  • Les renards roux

Côté oiseaux, la buse variable, le faucon crécerelle et le milan royal le chassent en plein jour, la chouette effraie et le hibou moyen-duc à la nuit tombée. Chez les reptiles, la vipère aspic et la couleuvre à collier complètent la liste. En bordure de ville, chats domestiques et chiens s’y ajoutent, en particulier dans les parcs et les jardins proches des champs.

Un statut de conservation qui ne dit pas tout

L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le campagnol des champs en préoccupation mineure, tant l’espèce reste commune à l’échelle de l’Europe. Ce statut global masque des tensions locales : l’usage de rodonticides pour limiter les pullulations touche aussi les prédateurs qui s’empoisonnent en mangeant des campagnols contaminés, un effet en cascade documenté sur les rapaces et les mustélidés dans plusieurs régions agricoles françaises.

Vivre avec le campagnol plutôt que lutter contre lui

Dans les jardins et les vergers, la présence de perchoirs pour rapaces ou de haies favorisant les mustélidés limite les pics de population sans recourir aux poisons. C’est la méthode que privilégient de plus en plus de collectivités agricoles, en misant sur les prédateurs naturels plutôt que sur des traitements qui remontent toute la chaîne alimentaire.

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