La mangouste rouge : pelage, habitats et habitudes de chasse
Sommaire7 sections
- 01Une mangouste plus longue à la queue qu’au corps
- 02Une aire bien plus vaste que la seule Afrique australe
- 03Solitaire, sauf pour les mâles qui se tolèrent
- 04Ne pas la confondre avec un jeune genet
- 05Un régime d’opportuniste plutôt que de spécialiste
- 06Une reproduction calée sur la saison des pluies
- 07Une espèce répandue, donc peu menacée pour l’instant
Une queue effilée qui se termine par une touffe noire, une allure de belette et un aboiement bref pour donner l’alerte : la mangouste rouge n’a de commun avec le rongeur que la taille. C’est un petit carnivore, chasseur solitaire, que l’on croise depuis les savanes du Sénégal jusqu’à celles d’Afrique du Sud. Elle porte un nom trompeur, puisque son pelage va du roux au gris sans jamais se limiter au rouge.
Une mangouste plus longue à la queue qu’au corps
La mangouste rouge, Galerella sanguinea, appartient à la famille des herpestidés, celle des mangoustes africaines et asiatiques. Le corps mesure de 27,5 à 40 cm, et la queue, effilée et terminée d’une touffe sombre, y ajoute encore 23 à 33 cm : elle est presque aussi longue que l’animal lui-même. Le poids varie de 490 g à 1,25 kg selon les individus, les mâles étant en moyenne un peu plus lourds que les femelles. Le museau est pointu, les oreilles courtes et arrondies, les pattes fines et rapides.
Le pelage n’a de rouge que le nom : il varie du beige sableux au gris brun, avec des reflets roux selon la lumière et la sous-espèce. Cette variabilité explique une bonne partie des confusions de terrain avec d’autres petits carnivores africains.
Une aire bien plus vaste que la seule Afrique australe
Contrairement à une idée répandue, la mangouste rouge n’est pas cantonnée à l’Afrique australe. Elle occupe une grande partie de l’Afrique subsaharienne, du Sénégal à la Somalie et jusqu’en Afrique du Sud, en évitant surtout le cœur des forêts denses d’Afrique centrale. Elle vit du niveau de la mer jusqu’à 2 700 mètres d’altitude, ce qui en fait l’une des mangoustes les plus tolérantes en matière d’habitat.
Elle se réfugie dans des terriers abandonnés par d’autres espèces, des termitières désaffectées, des souches creuses ou des tas de rochers, plutôt que de creuser elle-même.
Solitaire, sauf pour les mâles qui se tolèrent
La mangouste rouge chasse seule, de jour, et défend un territoire qu’elle marque avec les sécrétions de ses glandes anales. Les femelles occupent des domaines qui ne se chevauchent pas entre elles, alors que plusieurs mâles peuvent partager le même territoire et se croiser sans grande hostilité, une organisation sociale plus souple que chez la plupart des mongoosés territoriaux.
Le répertoire vocal comprend des aboiements brefs pour l’alerte, des grognements et des sifflements en situation de tension, une gamme de sons plus riche que ce que suggère sa petite taille.
Ne pas la confondre avec un jeune genet
Sur le terrain, la queue à pointe noire est le critère le plus fiable pour reconnaître la mangouste rouge parmi les autres petits carnivores africains à pelage brun ou fauve, notamment les jeunes genettes ou d’autres mangoustes de couleur proche. Aucune autre mangouste de la même région ne porte cette touffe sombre aussi nettement marquée en bout de queue.
Un régime d’opportuniste plutôt que de spécialiste
Une étude portant sur des contenus stomacaux a trouvé des insectes, surtout des sauterelles, dans 73 % des estomacs analysés, des lézards dans 27 % et des petits rongeurs dans 25 %. La mangouste rouge complète ce menu avec des oiseaux, des œufs, des amphibiens et des charognes selon ce qu’elle trouve. Elle ne dédaigne pas les serpents, y compris venimeux, qu’elle attaque grâce à sa vivacité plus qu’à une résistance particulière au venin.
Une reproduction calée sur la saison des pluies
L’accouplement suit surtout la saison des pluies. La gestation dure de 57 à 65 jours et donne naissance, le plus souvent, à deux petits, avec des portées pouvant compter de un à quatre jeunes. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers dix à douze mois, les mâles plus tardivement, vers deux ans.
Les jeunes naissent aveugles et sans défense, dans un terrier emprunté, et restent dépendants de leur mère pendant plusieurs semaines avant de commencer à chasser seuls.
Une espèce répandue, donc peu menacée pour l’instant
L’UICN classe la mangouste rouge en préoccupation mineure : sa large répartition et sa tolérance à des habitats variés la protègent, pour l’heure, d’un déclin généralisé. La destruction locale de certains habitats et les collisions routières restent des menaces ponctuelles, sans remettre en cause le statut de l’espèce à l’échelle du continent.
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