Le markhor, chèvre sauvage aux cornes en spirale d’Asie centrale
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Le markhor est la chèvre sauvage la plus reconnaissable d’Asie centrale, avec ses cornes en tire-bouchon qui peuvent dépasser 1,60 mètre. C’est aussi l’animal national du Pakistan et l’un des rares exemples où la chasse organisée a sauvé une espèce plutôt que de l’achever. Un système de quotas de chasse au trophée, dont l’essentiel des revenus revient aux communautés locales, a fait passer le markhor du statut d’espèce en danger à celui de quasi menacée en une génération.
L’animal national du Pakistan
Le markhor, Capra falconeri, est une chèvre sauvage des montagnes d’Asie centrale et du Sud, présente au Pakistan, en Afghanistan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan et dans le nord de l’Inde. Le Pakistan en a fait son animal national, un statut qui a pesé dans les efforts de conservation menés depuis les années 1990.
Les mâles pèsent de 80 à 110 kilogrammes, les femelles beaucoup moins, entre 32 et 50 kilogrammes. Leurs cornes en spirale ouverte, portées par les deux sexes mais bien plus développées chez les mâles, peuvent atteindre 1,60 mètre de long chez les plus grands individus.
Six sous-espèces sont généralement distinguées selon la région, notamment le markhor du Cachemire, le markhor de Boukhara, le markhor d’Astor et le markhor du Kaboul, qui se différencient surtout par la forme et la torsion de leurs cornes, plus ou moins ouvertes ou serrées selon les populations.
Un système de chasse qui a sauvé l’espèce
Dans les années 1990, la population de markhors des collines de Torghar, au Balouchistan pakistanais, était tombée à quelques centaines d’individus à cause du braconnage. Une communauté locale, réunie dans une association de protection, a alors mis en place un système de permis de chasse au trophée limités, vendus chaque année à des chasseurs étrangers pour des dizaines de milliers de dollars.
L’essentiel des revenus revient directement aux communautés locales, qui ont un intérêt financier direct à protéger les markhors plutôt qu’à les braconner. Ce modèle s’est étendu à d’autres régions du Pakistan, notamment Chitral et le Gilgit-Baltistan, où certains permis se sont vendus pour plus de 180 000 dollars lors d’enchères récentes.
Un reclassement rare pour une espèce menacée
Grâce à ce modèle, la population de markhors a été multipliée par plusieurs fois en une trentaine d’années dans certaines régions. En 2015, l’Union internationale pour la conservation de la nature a reclassé l’espèce, la faisant passer du statut en danger à celui de quasi menacée, un progrès que très peu d’ongulés menacés connaissent.
Vie en montagne et déplacements saisonniers
Le markhor vit sur des versants rocheux escarpés et dans les forêts de montagne, entre 600 et 3600 mètres d’altitude selon les régions. Il migre chaque année, redescendant en hiver vers des altitudes plus basses où la neige est moins épaisse, puis remontant au printemps vers les pâturages d’altitude.
Les femelles et les jeunes vivent en hardes, tandis que les mâles adultes restent le plus souvent solitaires en dehors de la période de reproduction, qu’ils rejoignent uniquement pour s’accoupler.
Une saison des amours qui rassemble les hardes
Les mâles rejoignent les femelles à l’automne, une période marquée par des combats rituels où deux boucs se dressent sur leurs pattes arrière avant de rabattre leurs cornes l’une contre l’autre. Après une gestation de cinq à six mois, la chevrette met bas un ou deux chevreaux au printemps, quand la végétation redevient abondante en altitude.
Les jeunes suivent leur mère dès les premiers jours, mais restent parmi les proies préférées des rapaces et des petits carnivores tant qu’ils n’ont pas atteint leur pleine mobilité, vers l’âge de quelques semaines. La maturité sexuelle intervient vers dix-huit mois chez les femelles, un peu plus tard chez les mâles, dont les cornes continuent de croître pendant plusieurs années après l’âge adulte.
Prédateurs et vigilance
Le loup et la panthère des neiges restent ses principaux prédateurs naturels, en particulier pour les jeunes chevreaux. Un cri d’alarme lancé par un individu suffit à mettre toute la harde en alerte, chaque animal cherchant alors refuge sur un terrain plus abrupt, où les prédateurs peinent à le suivre.
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