Le singe couronné : masque facial, groupes et forêts d’Afrique de l’Ouest
Sommaire7 sections
- 01Un singe des mangroves, pas du centre du continent
- 02La calotte, le collier et les yeux clairs
- 03Un menu de fruits, complété d’à peu près tout
- 04Des groupes mixtes où les femelles restent
- 05Une maturité tardive, un petit tous les deux ans
- 06Ne pas le confondre avec le mangabey noir
- 07Une espèce en danger, entre chasse et déforestation
Une calotte châtain qui ressemble à une couronne, un collier blanc autour du cou et des paupières si claires qu’on l’a surnommé le « singe à quatre yeux » : le mangabey à collier vit sur la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest, dans des forêts de mangrove que son cousin du bassin du Congo ne fréquente jamais. C’est cette calotte rousse, portée comme un diadème, qui lui vaut son nom de singe couronné.
Un singe des mangroves, pas du centre du continent
Le mangabey à collier, Cercocebus torquatus, aussi appelé mangabey couronné ou cercocèbe à collier blanc, appartient à la famille des cercopithécidés. Son aire de répartition va du Nigeria occidental jusqu’au Gabon et à la frontière entre le Gabon et le Congo, en passant par le Cameroun et la Guinée équatoriale : c’est une espèce d’Afrique de l’Ouest et du littoral d’Afrique centrale, pas d’Afrique centrale profonde. Il occupe des forêts côtières, des mangroves et des forêts marécageuses, un habitat que peu d’autres primates africains partagent avec lui.
La calotte, le collier et les yeux clairs
Le pelage est gris-brun sur le corps, mais la tête porte une calotte châtain qui contraste nettement, prolongée par un collier de poils blancs autour du cou. Les paupières supérieures, presque blanches, se détachent sur une peau sombre et donnent au regard une expression singulière, à l’origine du surnom de singe à quatre yeux. La queue, longue de 60 à 70 cm, dépasse la taille du corps et se porte relevée.
Un menu de fruits, complété d’à peu près tout
Le régime est avant tout frugivore : fruits et graines composent l’essentiel des repas, complétés par des feuilles, des fleurs, des invertébrés, des champignons et même de la gomme d’arbre selon les ressources disponibles. Cette souplesse alimentaire aide l’espèce à traverser les variations saisonnières de la forêt côtière, où la disponibilité en fruits fluctue fortement d’un mois à l’autre.
Des groupes mixtes où les femelles restent
Le mangabey à collier vit en groupes mêlant mâles, femelles et jeunes, avec une règle de dispersion inversée par rapport à beaucoup de mammifères : les femelles demeurent dans leur groupe natal toute leur vie, tandis que les mâles le quittent à la maturité pour rejoindre un autre groupe. Les mâles rivalisent pour la dominance, surtout pendant la période de reproduction, sans que les territoires des différents groupes soient strictement exclusifs.
Une maturité tardive, un petit tous les deux ans
Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers 5 ans, les mâles vers 7 ans. La gestation dure de 5 à 6 mois et se conclut, le plus souvent, par la naissance d’un seul petit, avec un intervalle d’environ deux ans entre deux naissances chez une même femelle. Les accouplements peuvent survenir toute l’année, sans saison de reproduction marquée.
Ne pas le confondre avec le mangabey noir
Sur le terrain, la calotte châtain et le collier blanc suffisent à écarter toute confusion avec le mangabey noir, entièrement sombre et porteur d’une crête pointue, qui vit à des milliers de kilomètres à l’est, dans le bassin du Congo. Les deux espèces partagent le même genre de queue longue et de poches jugales, hérités d’un ancêtre commun, mais ni leur pelage ni leur géographie ne se recoupent.
Une espèce en danger, entre chasse et déforestation
L’UICN classe le mangabey à collier parmi les espèces en danger. La destruction des forêts côtières et des mangroves pour l’agriculture et l’urbanisation, combinée à une chasse soutenue pour la viande de brousse, pèse lourdement sur des populations déjà fragmentées par un rythme de reproduction lent. La protection des derniers massifs de mangrove et de forêt marécageuse du golfe de Guinée conditionne directement l’avenir de l’espèce.
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