La lettre N dans le règne animal : nyala, nectarivores et nidification

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Sommaire4 sections
  1. 01Le nyala et le narval, une corne torsadée chacun
  2. 02Des mammifères plus discrets : numbat, nasique, noctule et néotrague
  3. 03Les oiseaux en N, du plus grand au plus discret
  4. 04Un reptile venimeux et un géant des récifs

La lettre N ne forme pas une famille zoologique, elle réunit des espèces qui n’ont pour point commun que leur nom. Le narval y côtoie le numbat, une antilope naine à peine plus grosse qu’un lièvre, et un cobra capable de projeter son venin à plusieurs mètres. L’article d’origine citait aussi une « nymphe » : ce mot désigne un stade de développement chez certains insectes, pas une espèce, il n’a donc pas sa place dans cette liste.

illustration numérique évoquant plusieurs mammifères et oiseaux dont le nom commence par la lettre n.

Le nyala et le narval, une corne torsadée chacun

Le nyala, Tragelaphus angasii, vit dans les fourrés denses du sud-est de l’Afrique, au Mozambique, au Zimbabwe, en Eswatini et dans le nord-est de l’Afrique du Sud. Le mâle, gris-brun rayé de blanc, porte des cornes torsadées qui dépassent parfois 80 centimètres ; la femelle, plus petite et rousse, en est dépourvue. L’UICN classe l’espèce en préoccupation mineure.

Le narval, Monodon monoceros, fréquente les eaux arctiques du Groenland, du Canada et de la Russie. Sa défense, une canine gauche qui pousse en spirale toute sa vie jusqu’à trois mètres, servirait surtout à évaluer un rival plutôt qu’à chasser. L’animal se nourrit de flétan noir, de calmars et de crevettes, et plonge parfois au-delà de 1500 mètres. L’UICN le classe quasi menacé.

Des mammifères plus discrets : numbat, nasique, noctule et néotrague

Le numbat, Myrmecobius fasciatus, ne subsiste plus que dans quelques poches du sud-ouest de l’Australie. C’est le seul marsupial strictement diurne connu et il se nourrit presque exclusivement de termites, capturés avec une langue collante. Sans poche marsupiale, la femelle porte ses petits accrochés à son pelage ventral. L’espèce est en danger.

Le nasique, Nasalis larvatus, ne vit que dans les mangroves et forêts riveraines de Bornéo. Le mâle adulte porte un nez pendant, qui amplifierait ses cris pour intimider les rivaux et attirer les femelles. Bon nageur grâce à des pieds partiellement palmés, il traverse les rivières pour échapper aux prédateurs. La déforestation des zones côtières menace directement l’espèce, classée en danger.

La noctule commune, Nyctalus noctula, compte parmi les plus grandes chauves-souris d’Europe, avec une envergure proche de 40 centimètres. Elle chasse en haute altitude, parfois au-dessus de 1000 mètres, où elle capture papillons de nuit et coléoptères en vol. Elle établit ses gîtes dans des cavités d’arbres et migre sur plusieurs centaines de kilomètres selon les saisons.

Le néotrague, ou antilope royale, Neotragus pygmaeus, est la plus petite antilope du monde : environ 25 centimètres au garrot pour moins de deux kilos adulte. Elle vit dans les forêts d’Afrique de l’Ouest, se nourrit de feuilles tombées et de fruits, et reste active surtout à l’aube et au crépuscule pour limiter les rencontres avec ses prédateurs.

Les oiseaux en N, du plus grand au plus discret

Le nandou d’Amérique, Rhea americana, est le plus grand oiseau terrestre des pampas d’Amérique du Sud, avec 1,50 mètre de haut pour près de 40 kilos. Incapable de voler, il court à plus de 60 km/h grâce à ses longues pattes. Chez cette espèce, c’est le mâle qui couve les œufs de plusieurs femelles et qui élève seul les poussins.

La nette rousse, Netta rufina, est un canard plongeur reconnaissable à la tête orangée du mâle. Elle niche sur les plans d’eau d’Europe du Sud, la Camargue étant l’un de ses bastions français, et se nourrit surtout de plantes aquatiques récoltées en plongée.

La nyctale de Tengmalm, Aegolius funereus, est une petite chouette des forêts boréales d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Elle occupe d’anciens trous de pics pour nicher et chasse surtout des campagnols, repérés à l’ouïe dans l’obscurité complète.

La ninoxe boobook, Ninox boobook, doit son nom à son cri à deux notes, entendu dans toute l’Australie. Ce petit rapace nocturne chasse insectes et petits vertébrés depuis un perchoir, en surveillant lisières de forêt et parcs urbains.

Le notou, Ducula goliath, est le plus grand pigeon du Pacifique, endémique de Nouvelle-Calédonie. Frugivore, il disperse les graines des arbres de la forêt humide. La chasse traditionnelle et la perte d’habitat l’ont fait classer quasi menacé.

Un reptile venimeux et un géant des récifs

Le naja regroupe plusieurs espèces de cobras d’Afrique et d’Asie, dont certaines, comme le naja à cou noir, projettent leur venin sur plusieurs mètres en direction des yeux d’un agresseur. Ce venin neurotoxique paralyse des proies essentiellement rongeurs et amphibiens. L’animal déploie son capuchon en écartant des côtes cervicales mobiles.

Le poisson Napoléon, Cheilinus undulatus, peut dépasser deux mètres et vivre trente ans sur les récifs coralliens de l’Indo-Pacifique. Il naît femelle et certains individus changent de sexe en vieillissant, une particularité appelée hermaphrodisme protogyne. Sa bosse frontale se développe avec l’âge chez les mâles dominants. L’UICN le classe en danger, victime de la pêche à la dynamite et au cyanure.

Treize espèces suffisent à montrer que la lettre N ne dit rien de la biologie d’un animal. Elle relie un cétacé arctique, une antilope minuscule et un poisson de récif, chacun avec son histoire propre, aucun avec un lien de parenté réel avec les autres.

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