Les animaux en M : les macaques et le manchot empereur
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Le mérou change de sexe, la mante religieuse pratique le cannibalisme sexuel chez plusieurs espèces, et le morse plonge à plus de quatre-vingts mètres pour racler le fond à la recherche de coquillages. La lettre M rassemble un bestiaire de comportements plus surprenants que la simple liste ne le laisse deviner.
Des primates aux sources chaudes
Les macaques regroupent une vingtaine d’espèces réparties surtout en Asie. Le macaque japonais, Macaca fuscata, vit plus au nord que tout autre primate non humain et se réchauffe l’hiver dans des sources chaudes volcaniques, un comportement transmis de génération en génération au sein d’un même groupe plutôt qu’inné. Les macaques vivent en communautés hiérarchisées où les femelles restent toute leur vie dans leur groupe de naissance, contrairement aux mâles qui migrent à l’adolescence.
En se nourrissant de fruits, les macaques dispersent les graines sur de longues distances et participent à la régénération des forêts tropicales qu’ils habitent, un rôle écologique que l’on associe rarement à des animaux aussi familiers.
Un oiseau des glaces
Le manchot empereur, Aptenodytes forsteri, est le plus grand des manchots, jusqu’à un mètre vingt de haut, et le seul oiseau à se reproduire pendant l’hiver antarctique. Le mâle couve l’œuf unique sur ses pattes, sous un repli de peau, durant plus de deux mois de jeûne complet, pendant que la femelle part se nourrir en mer, parfois à plus de cent kilomètres des colonies.
Son régime, poissons, krill et calmars, s’acquiert lors de plongées qui peuvent dépasser cinq cents mètres de profondeur, une performance rare chez les oiseaux. Les colonies de reproduction rassemblent parfois plusieurs dizaines de milliers d’individus serrés les uns contre les autres pour limiter les pertes de chaleur.
Deux herbivores de montagne
Le mouflon, présent dans les massifs montagneux d’Europe et d’Asie, porte des cornes permanentes, contrairement aux bois caducs des cervidés, qui peuvent dépasser quatre-vingt-dix centimètres chez le mâle. Sa capacité à évoluer sur des pentes rocheuses abruptes, grâce à des sabots souples qui adhèrent à la roche, lui permet d’échapper à la plupart de ses prédateurs terrestres.
La marmotte des Alpes, Marmota marmota, hiberne jusqu’à six mois par an dans un terrier collectif, en ralentissant son cœur à moins de dix battements par minute. Elle vit en groupes familiaux qui se réchauffent mutuellement pendant l’hibernation, une stratégie qui réduit les pertes de poids individuelles durant cette longue période sans nourriture.
Deux prédateurs invertébrés
La mante religieuse capture ses proies grâce à des pattes antérieures dotées d’épines qui se referment en une fraction de seconde, l’une des attaques les plus rapides mesurées chez un insecte. Chez plusieurs espèces, la femelle peut dévorer le mâle pendant ou après l’accouplement, un comportement documenté surtout en captivité et moins systématique en milieu naturel qu’on ne le dit souvent.
La mygale, famille des Theraphosidae, regroupe des araignées parfois massives, dont certaines espèces sud-américaines dépassent vingt-cinq centimètres d’envergure de pattes. Contrairement à une idée répandue, la plupart des mygales ont un venin peu dangereux pour l’humain, et certaines espèces d’Amérique du Sud projettent plutôt des poils urticants pour se défendre.
En mer
Le mérou brun, Epinephelus marginatus, peut dépasser un mètre et changer de sexe au cours de sa vie, passant généralement de femelle à mâle, un phénomène appelé hermaphrodisme protérogyne que l’on retrouve chez plusieurs espèces de poissons de récif. La murène, famille des Muraenidae, chasse la nuit dans les failles rocheuses grâce à un odorat très développé et referme ses mâchoires en deux temps grâce à une seconde paire de mâchoires situées dans la gorge, qui viennent saisir la proie et la tirer vers l’intérieur.
La méduse, loin d’être une exception, existe depuis plus de cinq cents millions d’années et certaines espèces, comme Turritopsis dohrnii, peuvent revenir à un stade juvénile après une blessure ou un stress, un phénomène de rajeunissement qui reste unique parmi les animaux connus.
Deux animaux terrestres à ne pas confondre avec le lynx
La mangouste, présente en Afrique et en Asie, est réputée pour affronter des serpents venimeux, cobras compris, grâce à une vitesse de réaction supérieure et à une résistance partielle à certaines toxines. Le martin-pêcheur d’Europe, Alcedo atthis, plonge en piqué pour capturer de petits poissons et doit adapter sa vision à la réfraction de la lumière dans l’eau, un ajustement optique que l’espèce réalise en une fraction de seconde avant l’impact.
Le morse, Odobenus rosmarus, vit dans les eaux arctiques et se nourrit surtout de mollusques qu’il détecte au fond grâce à ses vibrisses sensibles, avant de les aspirer hors de leur coquille. Ses défenses, qui peuvent dépasser quatre-vingt-dix centimètres chez le mâle, servent surtout à se hisser sur la banquise et à établir sa position dans la hiérarchie du groupe, plus qu’à chasser.
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