Cinq animaux de l’Antarctique et leur adaptation au froid
Sommaire8 sections
- 01Le seul manchot qui niche en plein hiver austral
- 02Pour tenir chaud, les manchots se serrent en tortue
- 03Un phoque qui dépèce ses proies comme un félin
- 04Un chant qui porte sous l’eau bien plus loin qu’en surface
- 05Cent soixante-dix tonnes filtrées au krill
- 06Un mâle deux fois plus lourd que sa compagne
- 07Voler sans un battement d’aile pendant des heures
- 08Un équilibre qui tient au krill
L’Antarctique n’abrite quasiment aucun animal terrestre permanent : le continent est trop froid et trop sec, alors la vie s’est concentrée sur la banquise et dans l’océan qui l’entoure. Manchots, phoques, baleines et oiseaux marins ont chacun développé une solution différente au même problème, se nourrir et se reproduire dans l’un des milieux les plus hostiles de la planète. Voici cinq mécanismes précis, pas cinq portraits interchangeables.
Le seul manchot qui niche en plein hiver austral
Le manchot empereur est la plus grande espèce de manchot, avec environ 1,15 mètre de haut pour 22 à 45 kg selon la saison. Il est aussi le seul oiseau à se reproduire au cœur de l’hiver antarctique, quand la température descend sous les moins 40 degrés. La femelle pond un œuf unique puis part se nourrir en mer pendant plus de deux mois, laissant le mâle l’incuber calé sur ses pattes, sous un repli de peau, sans manger pendant toute cette période.
Pour tenir chaud, les manchots se serrent en tortue
Pour résister au froid, les mâles qui couvent se regroupent en une masse compacte de plusieurs centaines d’individus, la tortue, où chacun tourne à tour de rôle vers l’extérieur exposé au vent. Cette rotation permanente permet à l’ensemble du groupe de maintenir une température interne bien supérieure à celle de l’air ambiant, un comportement collectif qui explique à lui seul la survie de la colonie durant les tempêtes les plus violentes.
Un phoque qui dépèce ses proies comme un félin
Le léopard des mers doit son nom à son pelage tacheté, mais surtout à une technique de chasse : il saisit un manchot à la sortie de l’eau et le fouette violemment contre la surface pour le dépouiller de sa peau avant de le consommer. Chez cette espèce, les femelles sont plus grandes que les mâles, une situation inversée par rapport à la plupart des mammifères, et donnent naissance à un seul petit qu’elles allaitent pendant plusieurs semaines sur la banquise.
Un chant qui porte sous l’eau bien plus loin qu’en surface
Le léopard des mers ne se contente pas de chasser en silence. Les mâles émettent, sous l’eau, des séries de sons graves et répétitifs pendant la saison de reproduction, un peu comme un chant, audibles par d’autres individus à plusieurs kilomètres grâce à la faible atténuation du son dans l’eau froide. Chaque mâle possède son propre répertoire de trilles et de grognements, suffisamment distinct pour que les chercheurs identifient un individu rien qu’à l’écoute de son enregistrement.
Cent soixante-dix tonnes filtrées au krill
La baleine bleue, plus grand animal ayant jamais existé, peut dépasser 170 tonnes et 30 mètres de long. Elle se nourrit en fonçant dans un banc de krill, la gueule grande ouverte, avant de refermer les mâchoires et d’expulser l’eau à travers ses fanons, ne gardant que les proies. Une seule bouchée peut contenir plusieurs centaines de kilos de krill, ce qui lui permet d’ingérer chaque jour l’équivalent de plusieurs tonnes de nourriture en été austral.
Un mâle deux fois plus lourd que sa compagne
L’éléphant de mer austral tire son nom de sa trompe, qui amplifie ses rugissements pendant la saison des amours. Les mâles peuvent peser jusqu’à quatre fois le poids d’une femelle et s’affrontent en combats spectaculaires pour dominer une plage de reproduction. Le reste de l’année, l’espèce passe l’essentiel de son temps en mer et plonge à plus de 2 000 mètres de profondeur pour chasser poissons et calmars, une profondeur record chez les pinnipèdes.
Voler sans un battement d’aile pendant des heures
L’albatros hurleur déploie jusqu’à 3,50 mètres d’envergure, la plus grande de tous les oiseaux vivants. Il exploite le vent grâce au vol dynamique : en alternant entre les couches d’air rapides en altitude et les couches plus lentes près des vagues, il gagne de la vitesse sans battre des ailes, ce qui lui permet de parcourir des centaines de kilomètres par jour pratiquement sans effort musculaire. Les couples, monogames, n’élèvent qu’un seul poussin tous les deux ans.
Un équilibre qui tient au krill
Manchots, phoques et baleines de l’Antarctique dépendent presque tous, directement ou indirectement, du krill, ce petit crustacé qui prolifère sous la banquise. Le recul de la glace de mer et le réchauffement de l’océan Austral modifient déjà la répartition de cette ressource, avec des conséquences qui remontent toute la chaîne alimentaire jusqu’aux plus grands prédateurs. La survie de ces espèces emblématiques dépend donc d’un maillon qui tient dans le creux d’une main.
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