Les animaux de l’Arctique : ours polaire, morse, caribou et bélouga
Sommaire8 sections
- 01Une peau noire sous un pelage transparent
- 02Un chasseur qui attend plus qu’il ne poursuit
- 03Un nageur capable de tenir plusieurs jours en mer
- 04Un migrateur qui traverse les rivières à la nage
- 05Un pelage qui change deux fois par an
- 06Une dent qui pousse à travers la lèvre
- 07Le bœuf musqué et son cercle défensif
- 08Un équilibre qui dépend de la glace
L’Arctique est un océan gelé cerné de terres, une géographie qui pèse sur l’adaptation de chaque espèce qui y vit. L’ours polaire chasse sur la banquise, le caribou migre par troupeaux entiers, le narval porte une dent capable de transpercer l’eau glacée. Voici ce qui distingue vraiment ces espèces, au-delà de l’image d’un pôle Nord uniformément blanc.
Une peau noire sous un pelage transparent
L’ours polaire est le plus grand carnivore terrestre, avec des mâles qui dépassent parfois 500 kg. Ce qu’on prend pour un pelage blanc est en réalité transparent : chaque poil est un tube creux qui laisse passer la lumière et la disperse, ce qui donne l’apparence du blanc. Sous ce pelage, la peau est noire, une couleur qui capte la chaleur du soleil et aide l’animal à se réchauffer une fois sorti de l’eau glacée.
Un chasseur qui attend plus qu’il ne poursuit
Le phoque annelé est l’essentiel du régime de l’ours polaire, chassé à l’affût près des trous de respiration creusés dans la glace. L’ours peut patienter immobile plusieurs heures avant qu’un phoque ne remonte respirer. En période de disette, quand la banquise fond trop tôt, certains individus s’attaquent à des proies plus risquées comme de jeunes morses ou des bélougas pris au piège dans des trous d’eau libre trop petits pour fuir.
Un nageur capable de tenir plusieurs jours en mer
Des ours polaires équipés de colliers GPS ont été suivis en train de nager plus de 400 km sans interruption, parfois pendant plusieurs jours d’affilée, quand la banquise se fragmente trop loin de la côte. Cette endurance a un coût réel : les femelles qui accomplissent ces longues traversées perdent une part importante de leurs réserves de graisse et affichent un taux de survie des petits plus faible que celles qui restent près de la glace. La nage longue distance n’est donc pas un exploit gratuit, c’est une réponse contrainte à un habitat qui recule.
Un migrateur qui traverse les rivières à la nage
Le caribou, appelé renne en Eurasie, parcourt chaque année plusieurs milliers de kilomètres entre ses zones d’hivernage et de mise bas. Certains troupeaux nord-américains ont compté plusieurs centaines de milliers de têtes au vingtième siècle, un chiffre aujourd’hui en net recul dans plusieurs populations à cause du réchauffement et de la fragmentation de l’habitat. En hiver, ses sabots durcissent et leur bord s’affine, ce qui lui permet de creuser la neige pour atteindre le lichen et de mieux s’agripper sur la glace.
Un pelage qui change deux fois par an
Le renard polaire troque son pelage blanc d’hiver contre une robe brune ou grise dès la fonte des neiges, un mimétisme saisonnier presque parfait avec le sol qu’il traverse. Sa fourrure, l’une des plus isolantes du règne animal, lui permet de résister à des températures descendant jusqu’à moins 70 degrés sans dépense énergétique excessive. Il se nourrit de lemmings, d’œufs, de poissons, et suit parfois l’ours polaire pour récupérer les restes de ses proies.
Une dent qui pousse à travers la lèvre
Le narval doit son surnom de licorne des mers à sa longue défense spiralée, qui peut dépasser deux mètres. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’une incisive mais d’une canine, presque toujours la gauche, qui traverse la lèvre supérieure en grandissant. Elle est parcourue de millions de terminaisons nerveuses reliées à l’eau de mer environnante, ce qui laisse penser qu’elle sert à détecter la salinité ou la température de l’eau, en plus de son rôle probable dans les parades entre mâles.
Le bœuf musqué et son cercle défensif
Face à un prédateur comme le loup, le troupeau de bœufs musqués ne fuit pas : il forme un cercle, cornes tournées vers l’extérieur et jeunes protégés au centre. Cette tactique collective, efficace contre les loups, l’est beaucoup moins face à des chasseurs armés, ce qui a longtemps facilité le déclin de l’espèce avant sa protection. Le nom de l’animal vient de l’odeur musquée que les mâles dégagent pendant le rut, produite par une glande située sous les yeux.
Un équilibre qui dépend de la glace
La banquise arctique recule d’année en année, et cette évolution touche différemment chaque espèce. L’ours polaire, qui a besoin de la glace pour chasser, perd du temps de chasse utile à mesure que la fonte s’installe plus tôt au printemps. Le narval, lui, dépend des chenaux de glace fracturée pour respirer entre deux plongées profondes. La disparition de la glace ne menace donc pas l’Arctique de la même façon selon qu’on chasse dessus ou qu’on vit dessous.
Résumer cet article avec :
Partager :
