Le pélican blanc : taille, envergure et poids de ce grand oiseau d’eau
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Le pélican blanc se reconnaît de loin à sa silhouette massive et à la poche de peau qui pend sous son bec. Cet article détaille ses mensurations réelles, la fonction de ce fameux sac gulaire et sa façon très particulière de voler et de pêcher en groupe. De quoi corriger quelques approximations qui traînent sur cet oiseau d’eau douce.
Un géant parmi les oiseaux d’eau
Le pélican blanc, Pelecanus onocrotalus, mesure de 140 à 180 cm et déploie une envergure comprise entre 2,26 et 3,60 m selon les individus, l’une des plus vastes chez les oiseaux volants. Son poids varie de 9 à 15 kg, la femelle restant nettement plus légère que le mâle, un écart de taille assez marqué pour permettre de distinguer les sexes sur le terrain à l’œil nu. Cette envergure en fait l’un des plus grands oiseaux capables de vol soutenu, à égalité avec certains grands rapaces et cygnes.
L’espèce appartient à la famille des pélécanidés, qui compte huit espèces réparties sur tous les continents sauf l’Antarctique. Le pélican blanc se distingue du pélican gris, plus petit et plus sombre, avec lequel son aire de répartition se chevauche partiellement en Asie du Sud.
Le sac gulaire, bien plus qu’une poche
Le bec du pélican blanc, qui atteint 40 à 45 cm chez le mâle adulte, se prolonge par le sac gulaire, une poche de peau nue extensible fixée sous la mandibule inférieure. Elle peut contenir jusqu’à treize litres d’eau, largement de quoi engloutir plusieurs kilos de poissons en une seule prise. L’oiseau vide le sac par pression de la langue avant d’avaler : l’eau ressort aussitôt et les poissons restent coincés contre le palais, sans rien garder en réserve pour un repas ultérieur.
Ce sac joue aussi un rôle dans la régulation thermique. En période de forte chaleur, le pélican bat l’air avec la gorge grande ouverte, un peu comme un chien halète, ce qui aide à évacuer la chaleur par la surface de peau nue exposée. Ce comportement, appelé thermorégulation gulaire, se retrouve chez plusieurs oiseaux dépourvus de glandes sudoripares.
Une pêche qui se joue à plusieurs
Contrairement au pélican brun, qui plonge depuis les airs, le pélican blanc pêche en surface et souvent en groupe. Une dizaine d’individus forment une ligne ou un fer à cheval et rabattent les poissons vers les hauts-fonds en battant l’eau des ailes, avant de plonger leur bec en même temps, dans un mouvement quasi synchronisé qui laisse peu de chances aux bancs de poissons pris au piège. Cette technique collective augmente nettement le rendement par rapport à une pêche solitaire, et certains groupes coopèrent même avec des cormorans qui profitent du même mouvement de panique des poissons.
Le vol, entre plané et formation en V
En vol, le pélican blanc replie son cou en S sur les épaules, à la manière du héron ou du marabout d’Afrique, plutôt que de le tendre comme le fait une cigogne. Il alterne quelques battements amples avec de longues phases planées, portées par les courants ascendants, ce qui lui permet de parcourir de grandes distances migratoires en dépensant peu d’énergie. En colonie, les vols en formation, souvent en V ou en ligne, réduisent la résistance de l’air pour les oiseaux qui suivent, un principe aérodynamique proche de celui qu’utilisent les oies migratrices.
Répartition et reproduction
L’espèce niche par colonies denses, parfois de plusieurs milliers de couples, sur des îlots ou des rives isolées d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Asie, avec un site emblématique dans le delta du Danube, en Roumanie. La femelle pond en général deux œufs, couvés une trentaine de jours par les deux parents, qui nourrissent ensuite les jeunes par régurgitation pendant plusieurs semaines avant leur premier envol. L’espèce est classée en préoccupation mineure par l’UICN, sa population mondiale restant globalement stable malgré des pressions locales liées à la pêche et à la destruction des zones humides.
Un plumage discret, des couleurs vives sur le bec
Le plumage reste blanc presque uniforme, à l’exception des primaires noires visibles surtout en vol, un contraste qui se voit bien quand l’oiseau prend son envol au-dessus de l’eau. Le sac gulaire jaune orangé, le bec rosé à orangé et les pattes qui virent du rose au jaune donnent au pélican blanc ses seules touches de couleur franche. Chez le mâle en période de reproduction, une huppe courte apparaît à l’arrière du crâne, et les teintes du bec s’intensifient nettement pour attirer une partenaire.
Un oiseau généralement silencieux
Hors de la saison de reproduction, le pélican blanc vocalise peu, contrairement à d’autres oiseaux d’eau bien plus bruyants au quotidien. En colonie, il émet des grognements rauques et des sortes de croassements sourds, surtout lors des parades ou des disputes autour d’un poisson mal partagé. Ces sons restent limités comparés au vacarme que produisent d’autres oiseaux coloniaux comme les mouettes ou les sternes.
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