Le mangabey noir : forêts et mangroves d’Afrique, une espèce menacée
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Tout noir, une crête pointue sur le crâne et des poches dans les joues pour stocker sa cueillette : le mangabey noir vit dans un coin d’Afrique bien plus restreint qu’on ne l’imagine, le bassin du Congo, et nulle part ailleurs à l’état sauvage. Sa parenté avec les autres mangabeys se voit dans la queue, plus longue que le corps, portée en arc au-dessus du dos.
Une espèce presque endémique du Congo
Le mangabey noir, Lophocebus aterrimus, appartient au genre des mangabeys à crête, distinct des mangabeys à collier auxquels on le confond parfois. Il vit presque exclusivement en République démocratique du Congo, avec une extension mineure jusqu’en Angola, dans les forêts tropicales sèches et les forêts marécageuses le long des affluents du fleuve Congo. Ce n’est ni un singe d’Afrique de l’Ouest ni un habitant des mangroves côtières : sa géographie est celle du bassin congolais.
Une crête et des poches à provisions
La silhouette du mangabey noir se reconnaît à sa crête de poils dressés sur le sommet du crâne, un trait distinctif du genre Lophocebus. De chaque côté du cou, des poches internes lui permettent de stocker temporairement de la nourriture pendant qu’il continue de fourrager, une adaptation qu’il partage avec plusieurs autres cercopithécidés. Sa queue, longue de 60 à 70 cm, dépasse la longueur du corps et se porte souvent recourbée vers le haut.
Un régime tourné vers les fruits, pas l’herbe
Le mangabey noir n’est pas herbivore : c’est un frugivore opportuniste, qui complète les fruits par des graines, des feuilles jeunes, des fleurs et des invertébrés selon la saison. Cette souplesse alimentaire lui permet de traverser les mois de disette en se rabattant sur des ressources moins riches mais disponibles, comme l’écorce ou les jeunes pousses.
Une vie en groupes bruyants
Les mangabeys noirs se déplacent en groupes qui peuvent réunir plusieurs dizaines d’individus, mêlant mâles, femelles et jeunes. Le cri aigu qui donne son nom au genre porte loin sous la canopée et sert à maintenir le contact entre membres dispersés dans la végétation dense, bien plus qu’à exprimer une émotion ponctuelle.
Ne pas confondre avec le mangabey à collier
Le mangabey noir se distingue sur le terrain par son pelage entièrement noir et sa crête pointue, alors que le mangabey à collier blanc, qui vit à des milliers de kilomètres à l’ouest, porte une calotte châtain et un collier blanc autour du cou. Les deux appartiennent à la famille des cercopithécidés et partagent des poches jugales et une longue queue, mais leur aire de répartition ne se chevauche pas : l’un est un singe du Congo, l’autre un singe de la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest.
Une espèce vulnérable, menacée par la déforestation
L’UICN classe le mangabey noir parmi les espèces vulnérables. La déforestation liée à l’exploitation forestière et à l’agriculture, ainsi que la chasse pour la viande de brousse, réduisent progressivement les forêts où il trouve à la fois nourriture et abri. Contrairement à des espèces plus généralistes, il dépend étroitement de la continuité du couvert forestier pour se déplacer et se nourrir en toute sécurité.
La conservation de cette espèce passe d’abord par la protection des massifs forestiers du bassin du Congo, plutôt que par des mesures ciblant l’animal seul. C’est une donnée que partagent la plupart des primates forestiers d’Afrique centrale, dont l’avenir se joue à l’échelle du paysage plus qu’à celle de l’individu.
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