Cruauté envers la faune dans l’Orne : ce que montrent les vidéos
Sommaire8 sections
- 01Ce que montrent les images
- 02Le renard, le blaireau et le lièvre, des espèces courantes
- 03Une plainte déposée, un suspect identifié
- 04Le rôle des associations dans la procédure
- 05Une quête de vues qui a un prix
- 06Que faire en cas de maltraitance constatée
- 07Pourquoi Snapchat complique les enquêtes
- 08Le contexte plus large de la protection de la faune
Des vidéos postées sur Snapchat début 2024 montrent des hommes percuter des animaux sauvages avec leur voiture, dans l’Orne, avant de les frapper une fois à terre. La Fondation Stéphane Lamart, qui a récupéré les images, a porté plainte pour actes de cruauté envers des animaux sauvages. Voici ce que montrent ces vidéos et ce qu’elles déclenchent.
Ce que montrent les images
Les scènes ont été filmées près de Faverolles et de Saint-Georges-d’Annebecq, deux communes de l’Orne. On y voit des renards, des blaireaux et des lièvres percutés volontairement par des véhicules, puis frappés à coups de pied, tirés par les oreilles ou jetés par-dessus des palissades une fois à terre. Les auteurs filment eux-mêmes leurs actes avant de les diffuser sur les réseaux sociaux.
Le renard, le blaireau et le lièvre, des espèces courantes
Les trois espèces visées par ces actes sont parmi les plus répandues de la faune sauvage française. Le renard roux occupe l’ensemble du territoire, jusque dans les villes, et ne bénéficie d’aucun statut de protection. Le blaireau, plus discret, vit en terriers familiaux qu’il occupe parfois pendant des décennies ; il peut être chassé par déterrage pendant une période fixée chaque année par arrêté préfectoral, une pratique elle-même contestée par certaines associations. Le lièvre d’Europe, enfin, reste une espèce de petit gibier suivie de près par les fédérations de chasseurs pour ajuster les quotas de prélèvement.
Une plainte déposée, un suspect identifié
La Fondation Stéphane Lamart a signalé les vidéos et déposé plainte pour actes de cruauté ayant entraîné la mort d’animaux sauvages. Un des responsables a été identifié grâce à ces signalements ; le dossier est désormais entre les mains du procureur de la République, qui décidera des suites judiciaires.
Le rôle des associations dans la procédure
Une plainte d’association n’est pas un simple signalement symbolique. Depuis une loi de 1976, les associations de protection animale agréées peuvent se constituer partie civile dans les procès pour maltraitance ou cruauté envers les animaux, au même titre qu’une victime directe. C’est ce statut qui permet à la Fondation Stéphane Lamart de peser sur la procédure, de la phase d’enquête jusqu’à un éventuel jugement, plutôt que de se contenter d’alerter les autorités.
Une quête de vues qui a un prix
Stéphane Lamart, président de la fondation, a réagi en des termes qui traduisent son incompréhension : « Aujourd’hui, les jeunes sont prêts à faire tout et n’importe quoi pour faire du buzz sur les réseaux sociaux. Je ne comprends pas comment il est possible d’avoir un tel plaisir malsain à torturer des animaux. » La quête de vues n’explique pas ces actes, elle les rend seulement visibles, et c’est cette visibilité qui a permis d’ouvrir le dossier.
Que faire en cas de maltraitance constatée
Un témoin d’un acte de cruauté envers un animal peut appeler le 17, le numéro de la police nationale, pour un signalement en urgence. Conserver ou transmettre les images, quand elles existent, aide les associations et les enquêteurs à identifier les auteurs, comme dans cette affaire. Des structures comme la Fondation Stéphane Lamart ou les centres de sauvegarde de la faune sauvage régionaux recueillent aussi ce type de signalement en dehors de l’urgence.
Pourquoi Snapchat complique les enquêtes
Les vidéos ont d’abord circulé sur Snapchat, une application où les contenus sont conçus pour disparaître après un temps limité. Ce format rend les enquêtes plus difficiles : sans capture d’écran ou signalement rapide, la preuve s’efface avant même qu’une plainte ne puisse s’appuyer dessus. Dans cette affaire, c’est la rapidité de réaction de la fondation, qui a récupéré et conservé les images, qui a permis de constituer un dossier exploitable.
Le contexte plus large de la protection de la faune
Renards, blaireaux et lièvres ne bénéficient pas du statut d’espèces protégées : ce sont des espèces chassables en France, régies par le code de l’environnement. Cela ne les prive pas pour autant d’une protection contre les actes de cruauté gratuite. La loi distingue la chasse encadrée, soumise à des périodes et des règles précises, des sévices commis en dehors de tout cadre légal, comme ceux montrés dans ces vidéos.
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