Le zoo de Mulhouse : de la savane africaine aux espèces les plus discrètes
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Le zoo de Mulhouse occupe vingt-cinq hectares au bord du canal, dans le quartier qui porte son nom, depuis 1868. Sa collection s’organise autour d’une spécialité rare parmi les zoos français : la primatologie, avec neuf espèces de lémuriens et quatre espèces de gibbons réunies sur un même site. On y croise aussi bien un tigre de Sibérie qu’un ibis huppé de Madagascar, à quelques allées d’écart.
Un parc fondé par des industriels alsaciens
Le Parc Zoologique et Botanique de Mulhouse est né en 1868 à l’initiative d’un groupe d’industriels alsaciens mené par Charles Thierry-Mieg fils, ce qui en fait l’un des plus anciens parcs animaliers encore en activité en France. Il réunit plus de 900 animaux appartenant à environ 170 espèces sur ses vingt-cinq hectares, un double statut de zoo et de jardin botanique qui explique le nom complet du site.
La force du parc : la primatologie
Le zoo consacre une part inhabituelle de sa collection aux primates, avec neuf espèces de lémuriens et quatre espèces de gibbons. Le lémur aux yeux turquoise, originaire du nord-ouest de Madagascar, figure parmi les primates les plus menacés au monde et fait l’objet d’un programme d’élevage européen coordonné depuis Mulhouse. Le gibbon, contrairement aux autres grands singes, se déplace presque exclusivement par brachiation, en se balançant de branche en branche grâce à des bras proportionnellement plus longs que ses jambes.
Grands carnivores et faune arctique
Le secteur des grands fauves rassemble le lion d’Asie, le tigre de Sibérie, la panthère des neiges et le lynx boréal. Le lion d’Asie, aujourd’hui confiné à la forêt de Gir en Inde, se distingue de son cousin africain par un pli de peau sous le ventre et une crinière plus courte qui laisse les oreilles visibles. Dans la section consacrée à la faune arctique, l’ours blanc, le renard polaire et le bœuf musqué illustrent des stratégies différentes contre le froid : le bœuf musqué doit sa résistance à un sous-poil appelé qiviut, huit fois plus isolant que la laine de mouton. La panthère des neiges, elle, compense l’altitude et le froid de son habitat himalayen par une queue épaisse presque aussi longue que son corps, qu’elle enroule autour d’elle pour dormir et qui lui sert de balancier sur les pentes rocheuses. Le lynx boréal, plus discret, se reconnaît à ses pinceaux de poils noirs au bout des oreilles, qui affineraient son ouïe pour repérer ses proies sous la neige.
Oiseaux et jardins botaniques
La collection ornithologique met en avant l’ibis huppé de Madagascar, dont le plumage blanc contraste avec une tête et un cou entièrement rouges dénudés, et la grue couronnée, reconnaissable à son panache de plumes filiformes dorées qui lui vaut sa place sur le drapeau ougandais. Le parc n’est pas qu’un zoo : il abrite aussi près de 3 500 variétés de plantes réparties dans des jardins qui servent de décor et parfois d’habitat aux volières et aux enclos, un choix cohérent avec son nom de parc « zoologique et botanique ». Les massifs les plus anciens datent des premières décennies du parc et ont grandi en même temps que les collections animalières qu’ils encadrent.
Programmes de conservation et réintroductions
Le zoo coordonne neuf programmes européens d’élevage pour des espèces menacées et participe à des actions de conservation touchant 81 des 170 espèces qu’il présente. Il a contribué à des réintroductions dans le milieu naturel, notamment le vautour moine, l’addax et la cistude d’Europe, une tortue d’eau douce autrefois répandue dans les zones humides françaises et aujourd’hui en régression.
Le zoo de Mulhouse tient sa place à part parmi les parcs français grâce à cette double identité, animalière et botanique, et à un travail de fond sur la primatologie qui dépasse la simple exposition d’espèces. La visite met en regard des animaux venus des pôles, des forêts tropicales et des savanes, dans un cadre végétal pensé comme un habitat autant que comme un décor.
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