Le parc animalier de Branféré : bonobos, kangourous et oiseaux d’eau
Sommaire8 sections
- 01Un parc où les animaux circulent en liberté partielle
- 02Les bonobos, des grands singes à la structure sociale singulière
- 03Kangourous et wallabies, une famille mal distinguée
- 04Rhinocéros indien, antilopes rares : la vallée indienne
- 05L’île aux primates et l’espace marin
- 06L’École de la Nature, héritée d’un partenariat avec Nicolas Hulot
- 07Un domaine à mi-chemin entre parc et jardin
- 08Plus de cinquante programmes d’élevage
Le parc animalier et botanique de Branféré s’étend sur 45 hectares en Bretagne, au Guerno, dans le Morbihan. Ouvert en 1965, il réunit aujourd’hui environ 1 500 animaux de 150 espèces dans un domaine où arbres centenaires et pièces d’eau comptent presque autant que les enclos. Bonobos, kangourous et oiseaux d’eau y cohabitent avec des espèces plus discrètes, chacune racontant une histoire d’adaptation différente.
Un parc où les animaux circulent en liberté partielle
Ce qui distingue Branféré de nombreux zoos, c’est la présence d’animaux en semi-liberté, sans clôture visible sur une partie du parc : wallabies, ibis sacrés et grues cendrées circulent librement parmi les visiteurs, tant qu’ils restent dans l’enceinte générale du domaine. Cette configuration tient à l’histoire du lieu, un ancien château dont le parc a été transformé en espace animalier par les propriétaires successifs à partir des années 1960.
Les bonobos, des grands singes à la structure sociale singulière
Le bonobo est souvent présenté comme le cousin le plus proche de l’humain avec le chimpanzé, avec qui il partage environ 98,7 % de son ADN. Il s’en distingue nettement par son organisation sociale : les groupes de bonobos sont dirigés par des femelles, les conflits s’y règlent le plus souvent sans violence, et l’espèce ne pratique pas la chasse collective observée chez le chimpanzé. On ne la trouve à l’état sauvage que dans une seule zone du globe, la forêt au sud du fleuve Congo, en République démocratique du Congo. L’espèce est classée en danger par l’UICN, menacée par la déforestation et le braconnage.
Kangourous et wallabies, une famille mal distinguée
Le parc présente plusieurs macropodes, la famille qui regroupe kangourous et wallabies. La différence tient surtout à la taille : on parle de wallaby pour les espèces les plus petites, sans frontière stricte entre les deux noms. Les femelles portent leur petit, appelé joey, dans une poche marsupiale pendant plusieurs mois après une gestation très courte, souvent inférieure à quarante jours. C’est l’un des modes de reproduction les plus particuliers du parc : le développement du jeune se poursuit presque entièrement hors de l’utérus.
Rhinocéros indien, antilopes rares : la vallée indienne
Dans l’espace consacré à l’Inde, le parc présente un rhinocéros indien, reconnaissable à sa peau plissée en plaques, ainsi que des antilopes moins connues du grand public comme l’antilope cervicapre et le nilgaut. En 2023, Branféré a enregistré la seule naissance de rhinocéros indien en Europe cette année-là, un événement rare qui souligne combien la reproduction de cette espèce reste difficile à obtenir en captivité.
L’île aux primates et l’espace marin
Sur l’île aux primates, le parc présente des gibbons, connus pour leur déplacement par brachiation, c’est-à-dire en se balançant de branche en branche par les bras, une technique qui leur permet de couvrir de grandes distances sans jamais toucher le sol. Ce mode de locomotion, propre aux gibbons parmi les grands singes, explique leurs très longs bras proportionnellement au reste du corps.
L’espace marin abrite des manchots de Humboldt, originaires des côtes du Chili et du Pérou et non de l’Antarctique, une confusion fréquente chez les visiteurs. L’espèce vit dans un climat tempéré, parfois chaud, et dépend du courant froid de Humboldt qui longe la côte pour trouver le poisson dont elle se nourrit. Elle est classée en danger par l’UICN, notamment à cause de la surpêche qui réduit ses ressources alimentaires.
L’École de la Nature, héritée d’un partenariat avec Nicolas Hulot
Le parc accueille depuis 2004 l’École de la Nature de Branféré, née d’un partenariat entre la Fondation de France et la Fondation Nicolas-Hulot pour la Nature et l’Homme. Cette structure organise des programmes pédagogiques centrés sur les métiers de soigneur animalier et sur la biodiversité locale, distincts de la simple visite du parc.
Un domaine à mi-chemin entre parc et jardin
Une partie du site conserve sa vocation botanique d’origine : arbres remarquables, certains plantés il y a plus d’un siècle, étangs et prairies humides structurent le parcours entre les enclos. Cette dimension paysagère n’est pas un simple décor : les zones humides accueillent une partie des oiseaux d’eau présentés en semi-liberté, qui trouvent là un habitat proche de celui qu’ils fréquentent à l’état sauvage plutôt qu’un simple bassin artificiel.
Plus de cinquante programmes d’élevage
Branféré participe à plus de cinquante programmes européens de conservation ex-situ, coordonnés dans le cadre du réseau des zoos membres de l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA). Le parc revendique plus de deux cents naissances par an, toutes espèces confondues, dont plusieurs concernent des animaux classés menacés par l’UICN. Ces naissances captives ne remplacent pas la protection des habitats naturels, mais elles maintiennent une réserve génétique pour des espèces dont la population sauvage continue de reculer.
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