Planète Sauvage : les animaux du parc et leurs habitats
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Planète Sauvage, à Port-Saint-Père près de Nantes, loge environ 1 100 animaux de 120 espèces sur quatre-vingt-cinq hectares. Le parc, ouvert en 1992, a fait le choix d’un safari en enclos ouverts plutôt que de cages : les grands mammifères y évoluent sur de larges parcelles que l’on traverse en voiture. Voici un tour d’horizon des espèces qui donnent au lieu sa physionomie, et de ce qui les distingue vraiment.
Le grand dauphin, un animal social et curieux
Le bassin des dauphins abrite un groupe de grands dauphins, présents sur le site depuis 2009. C’est une espèce très sociale, qui vit en groupes de composition changeante et communique par des sifflements individuels : chaque dauphin en développe un qui lui est propre, un peu comme un prénom, et s’en sert pour se faire reconnaître des autres. Des travaux menés avec des chercheurs de l’université Rennes 1 ont montré que ces dauphins savent différencier deux objets selon leurs propriétés magnétiques, une capacité de perception qu’on n’attendait pas forcément chez un mammifère marin.
Le rhinocéros blanc, deux tonnes d’herbivore paisible
Le rhinocéros blanc du parc pèse jusqu’à deux tonnes et demie chez les mâles, ce qui en fait le deuxième plus gros animal terrestre après l’éléphant. Son nom ne vient pas de sa couleur, grise comme celle du rhinocéros noir, mais d’une déformation de l’afrikaans « wijd » (large), qui décrivait sa bouche carrée adaptée au broutage de l’herbe rase. Le rhinocéros noir, lui, a une lèvre supérieure pointue pour attraper le feuillage. L’espèce est classée quasi menacée par l’UICN, avec une sous-espèce, le rhinocéros blanc du Nord, réduite à deux femelles survivantes en captivité.
Tigres et guépards, deux façons d’occuper un territoire
Les tigres, présentés sur un espace séparé, sont des animaux solitaires en milieu naturel, à l’inverse des lions : chaque individu défend son propre territoire, qu’il marque par l’urine et des griffures sur les troncs. Le guépard, lui, est le sprinteur du parc : il peut atteindre 100 km/h sur de courtes distances, mais s’essouffle en moins d’une minute et doit reprendre son souffle avant même de commencer à manger sa proie.
Une partie de l’ancien espace consacré aux éléphants a été reconvertie en plaine européenne, avec des chevaux de Przewalski, la seule espèce de cheval sauvage jamais domestiquée, et des aurochs reconstitués par sélection à partir de races bovines rustiques, l’auroch originel s’étant éteint au XVIIe siècle. Le contraste avec les enclos africains et asiatiques rappelle que la faune sauvage européenne mérite le même regard que les espèces plus exotiques.
Les suricates, une garde qui tourne
Moins imposants que les grands mammifères voisins, les suricates vivent en groupes familiaux d’une vingtaine d’individus organisés autour d’un système de guet : à tour de rôle, un ou plusieurs animaux se dressent sur leurs pattes arrière pour surveiller le ciel et le sol, pendant que les autres creusent ou se nourrissent. Ce roulement, observé aussi bien à l’état sauvage qu’en parc, réduit le risque qu’un prédateur surprenne le groupe entier en même temps.
Cinq espaces, cinq logiques d’enclos
Le parc organise sa collection en cinq zones correspondant à de grandes régions du monde : une zone africaine avec la savane et ses grands herbivores, une zone asiatique où vivent notamment les macaques, une zone sud-américaine, un espace de safari automobile réparti en plusieurs parcelles clôturées, et le bassin marin des dauphins. Cette logique géographique n’est pas qu’une commodité de visite : elle regroupe des espèces qui partagent des contraintes climatiques et alimentaires proches, ce qui simplifie leur suivi vétérinaire.
Des programmes de reproduction plutôt qu’une simple exposition
Le parc participe à des programmes de conservation, notamment via des partenariats avec le Sahara Conservation Fund, engagé dans la sauvegarde d’espèces sahariennes comme l’addax ou la gazelle dama, deux antilopes au bord de l’extinction à l’état sauvage. Ces collaborations financent des suivis de terrain dans les pays d’origine, un volet qui reste largement invisible pour le visiteur mais qui conditionne la survie réelle de ces espèces, bien plus que leur seule présence en parc.
Ce qui distingue un parc comme celui-ci d’une simple ménagerie, c’est cette continuité entre l’animal qu’on observe sur place et une population sauvage suivie ailleurs. Le tigre solitaire, le dauphin au sifflement unique ou le suricate en faction ne sont pas de simples curiosités : chacun illustre un comportement documenté, reproductible d’un individu à l’autre de son espèce.
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