Le parc zoologique et safari de Thoiry : une visite en famille
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Le parc de Thoiry, dans les Yvelines, occupe cent cinquante des trois cent quatre-vingts hectares du domaine du château. Son principe fondateur, laisser les grands herbivores et certains carnivores évoluer en semi-liberté le long d’un circuit automobile, en a fait en 1968 le premier parc de ce type en France. Le circuit s’étend aujourd’hui sur huit kilomètres, à parcourir en voiture ou en bus, à travers deux réserves qui reconstituent l’Afrique et l’Amérique du Nord.
Un domaine plus ancien que le parc animalier
Le domaine de Thoiry s’organise autour d’un château construit en 1559, dont le parc paysager a été redessiné au XVIIe siècle selon un tracé qui suit la course du soleil aux solstices. C’est sur une partie de ce domaine, cent cinquante hectares, qu’a été aménagée en 1968 la réserve animalière : la première zone de vision en semi-liberté ouverte au public en France, à une époque où la quasi-totalité des zoos français présentaient encore leurs animaux en cages ou en petits enclos grillagés.
La réserve africaine
Le circuit africain rassemble l’éléphant d’Afrique, la girafe, le rhinocéros blanc, l’hippopotame et une dizaine d’espèces d’antilopes, aux côtés de zèbres et d’autruches. Le rhinocéros blanc doit son nom à une déformation du mot néerlandais wijd, qui signifie « large » et désigne sa lèvre supérieure carrée, plutôt qu’à une quelconque couleur de peau : les deux espèces africaines de rhinocéros, blanc et noir, sont en réalité de la même teinte grise.
La réserve d’Amérique du Nord
De l’autre côté du circuit, la réserve nord-américaine présente le bison d’Amérique, l’ours noir, l’ours à lunettes, le coyote et le loup. Le bison, plus grand mammifère terrestre du continent, peut peser plus d’une tonne malgré une silhouette qui paraît trapue plutôt qu’imposante de loin. Ces réserves reproduisent des cohabitations qui existent aussi à l’état sauvage, où plusieurs espèces d’herbivores et de prédateurs partagent un même territoire sans occuper exactement la même niche écologique. L’ours à lunettes, seul ours d’Amérique du Sud encore présent dans la réserve, se reconnaît aux cercles clairs qui entourent ses yeux sur un pelage par ailleurs sombre, un patron unique parmi les huit espèces d’ours actuelles.
Des enclos pensés pour réduire la distance visuelle
Une partie des grands fauves, tigres et lions notamment, se visite depuis des tunnels vitrés qui passent au ras du sol de leur enclos, un dispositif installé dès 1994. L’idée est de rapprocher le regard du visiteur du niveau de l’animal plutôt que de l’observer en plongée depuis une allée surélevée, ce qui change sensiblement la perception de sa taille réelle et de ses déplacements. Ce type d’aménagement, aujourd’hui répandu dans les parcs zoologiques récents, cherche aussi à limiter le stress des animaux en réduisant le nombre d’angles depuis lesquels ils se sentent observés.
Conservation et adhésion aux réseaux internationaux
Le parc soutient des actions de conservation par l’intermédiaire de son fonds de dotation, notamment des réintroductions d’espèces menacées, dont celle de l’escargot de Tahiti et un programme de retour du bison d’Europe en Azerbaïdjan. Il est membre de l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (EAZA) et de l’Association Mondiale des Zoos et Aquariums (WAZA), deux réseaux qui coordonnent des programmes d’élevage entre établissements pour préserver la diversité génétique des espèces menacées.
Une visite pensée pour durer
Entre le circuit de safari en véhicule et la partie du domaine consacrée au château et à ses jardins, la visite complète du site occupe une journée. Les deux volets, animalier et patrimonial, se parcourent séparément, ce qui permet d’adapter la durée selon que l’on privilégie les réserves ou le parc paysager du château.
Le parc de Thoiry reste identifiable par ce mélange assez rare d’un château du XVIe siècle et d’un circuit de semi-liberté hérité des safari-parks britanniques. La cohabitation entre patrimoine bâti et grande faune sur un même domaine distingue le site des zoos plus classiques organisés autour d’enclos séparés.
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