Le parc animalier de Sainte-Croix : la faune européenne en Lorraine
Sommaire8 sections
- 01Un parc consacré à la faune sauvage européenne
- 02Le loup gris et le loup arctique, deux adaptations opposées
- 03L’ours brun, un régime plus végétal qu’on ne l’imagine
- 04Cerfs et bovidés dans une plaine partagée
- 05Une ferme conservatoire pour les races domestiques anciennes
- 06Cinq univers parcourus à pied ou en train
- 07Un membre du réseau européen des zoos
- 08Ce qui distingue Sainte-Croix
Le parc animalier de Sainte-Croix occupe 120 hectares du parc naturel régional de Lorraine, en Moselle. Ouvert en 1980, il rassemble environ 1 500 animaux de 130 espèces, avec un choix éditorial net : montrer d’abord la faune sauvage d’Europe, du loup gris au cerf, plutôt que de multiplier les espèces exotiques. Les animaux y évoluent en semi-liberté, dans de grandes plaines plutôt que dans des enclos individuels.
Un parc consacré à la faune sauvage européenne
Situé à Rhodes, en Moselle, dans la région Grand-Est, le parc a ouvert en 1980 au cœur du parc naturel régional de Lorraine. Il figure parmi les plus grands zoos de France par sa surface, avec 120 hectares où les animaux disposent d’un espace largement supérieur à celui des zoos urbains classiques. La semi-liberté, principe de base du lieu, laisse aux animaux la possibilité de choisir leur exposition au public plutôt que de les y contraindre.
Le loup gris et le loup arctique, deux adaptations opposées
La plaine des loups réunit plusieurs sous-espèces, dont le loup gris européen et le loup arctique. Le premier vit en meute de cinq à dix individus sur des territoires forestiers tempérés, tandis que le second, plus petit et vêtu d’un pelage presque blanc, a colonisé les régions polaires du Canada et du Groenland, où il chasse des proies bien plus grosses que lui, comme le bœuf musqué, en misant sur l’endurance de la meute plutôt que sur la vitesse.
L’ours brun, un régime plus végétal qu’on ne l’imagine
La terre des ours présente des ours bruns, le plus grand carnivore terrestre d’Europe, même si son régime reste majoritairement composé de végétaux, de baies et d’insectes. La viande, souvent associée à cette espèce dans l’imaginaire collectif, n’est qu’une part limitée de son alimentation, sauf à l’approche de l’hiver, quand la constitution de réserves de graisse pousse l’animal à rechercher des proies plus riches en calories.
Cerfs et bovidés dans une plaine partagée
Une vaste plaine mêle cervidés et bovidés dans un même espace, reproduisant la cohabitation qui existait autrefois dans les forêts européennes avant la fragmentation des habitats. À l’automne, les cerfs mâles entrent en rut, une période marquée par le brame, un cri rauque et prolongé qui sert à affirmer la domination d’un mâle sur son territoire et à attirer les femelles, bien plus qu’à intimider un rival déjà présent.
Une ferme conservatoire pour les races domestiques anciennes
Le parc entretient aussi une ferme à l’ancienne qui héberge plus de 25 races domestiques, certaines menacées de disparition depuis la généralisation de l’élevage industriel. Ces races, sélectionnées avant l’uniformisation des cheptels au vingtième siècle, conservent une diversité génétique que les races commerciales ont largement perdue, un patrimoine que plusieurs conservatoires français cherchent aujourd’hui à préserver.
Cinq univers parcourus à pied ou en train
Le parc organise son parcours autour de cinq univers thématiques, chacun consacré à un pan de la faune européenne, reliés par des sentiers piétons et, sur les portions les plus vastes, par un petit train qui traverse les grandes plaines sans perturber les animaux. Ce mode de circulation, pensé pour limiter le passage à pied dans les zones les plus sensibles, distingue Sainte-Croix des parcs organisés en une succession d’enclos indépendants.
La configuration en plaines ouvertes, plutôt qu’en enclos cloisonnés, complique parfois l’observation : un animal peut se trouver loin du chemin ou dissimulé dans la végétation. Cette contrainte, propre à la semi-liberté, reste la contrepartie d’un comportement plus proche de celui observé à l’état sauvage, les animaux n’étant pas contraints à une exposition permanente.
Un membre du réseau européen des zoos
Membre de l’Association européenne des zoos et aquariums, le parc participe à des programmes coordonnés de conservation des espèces menacées, en particulier pour les grands prédateurs européens dont les populations sauvages restent fragmentées, isolées les unes des autres par les infrastructures et l’agriculture intensive.
Ce qui distingue Sainte-Croix
Le choix de se concentrer sur la faune européenne, plutôt que de courir après l’exotisme, donne au parc une cohérence rare : chaque espace, de la plaine des loups à la ferme conservatoire, raconte une facette différente d’un même sujet, la vie sauvage du continent, jusque dans ses formes les moins spectaculaires comme les races domestiques anciennes.
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