Maëva Vignal, la peintre animalière qui plaide pour la biodiversité
Sommaire6 sections
- 01Peindre pour émerveiller, pas seulement pour illustrer
- 02Des stages de terrain plutôt qu’un atelier fermé
- 03Des associations partenaires, du Clos des Renardises à l’Aspas
- 04Férus et l’Aspas, deux associations tournées vers les espèces mal aimées
- 05D’autres artistes engagés pour la faune sauvage
- 06Ce que l’art change concrètement
Maëva Vignal peint des animaux sauvages avec un souci du détail poussé jusqu’au poil et à la plume, puis y ajoute des couleurs qui n’existent pas dans la nature. L’artiste girondine s’en explique auprès de 30 Millions d’Amis : sa peinture sert la cause des espèces qu’elle peint, renards, blaireaux ou loups, des animaux qu’elle juge mal aimés. Elle reverse une partie de ses ventes à des associations de protection de la faune sauvage.
Peindre pour émerveiller, pas seulement pour illustrer
« Je veux émerveiller autant que les animaux m’émerveillent », déclare Maëva Vignal, qui a fait de la peinture animalière et de la protection du vivant les deux faces d’un même engagement. « Je peins au plus proche de la réalité, précise-t-elle. Je pousse les détails jusqu’aux poils et aux plumes. Et, en même temps, j’insère le côté onirique par des couleurs flamboyantes pour créer une ambiance magique. »
L’artiste ne sacrifie pas pour autant le message au profit de l’esthétique. « Je travaille beaucoup avec le regard, explique-t-elle. Un regard qui fixe le public, pour sensibiliser. Le message est simple : nous devons cohabiter et respecter le vivant. »
Des stages de terrain plutôt qu’un atelier fermé
La démarche de Maëva Vignal s’est construite au fil de stages effectués dans des parcs naturels, pas seulement devant un chevalet. « J’ai une approche naturaliste, affirme-t-elle. Je suis autant dans mon atelier que sur le terrain. » Cette double pratique nourrit son choix de sujets : des espèces qu’elle juge invisibles ou mal considérées, comme les renards et les blaireaux, souvent classés nuisibles, et le loup, dont le retour en France reste débattu depuis sa réapparition naturelle dans le Mercantour au début des années 1990. Là où d’autres peintres animaliers privilégient les grands mammifères africains, elle choisit des espèces qu’on croise, ou qu’on croiserait, dans une forêt française ordinaire.
Des associations partenaires, du Clos des Renardises à l’Aspas
Maëva Vignal a collaboré avec Férus, l’Aspas et Le Clos des Renardises, un centre qui prépare des renards à un retour à la vie sauvage. Elle reverse un pourcentage de ses ventes à des associations de protection des animaux sauvages, un choix qui inscrit son travail dans une économie militante plutôt que strictement commerciale.
Férus et l’Aspas, deux associations tournées vers les espèces mal aimées
Férus s’est donné une mission précise depuis sa création en 2003 : défendre en France la présence du loup, de l’ours et du lynx, les trois grands prédateurs les plus exposés aux conflits avec l’élevage et la chasse. L’association intervient devant les tribunaux, suit les populations et informe les éleveurs sur les moyens de protection des troupeaux. L’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages, fondée en 1980, a construit de son côté un réseau de « refuges de vie sauvage », des terrains privés où toute chasse et toute exploitation sont interdites. Elle a aussi porté, devant la justice, le combat qui a conduit à l’interdiction de la chasse à la glu en France en 2021.
D’autres artistes engagés pour la faune sauvage
Maëva Vignal n’est pas seule sur ce terrain. Parmi les artistes qui mettent leur pinceau ou leur crayon au service des espèces sauvages, on peut citer Anagruz, connu pour ses portraits d’animaux craquelés qui évoquent la fragilité des espèces menacées, Casey Vormer, dont le sens du détail rappelle celui de Maëva Vignal, et Jessica Sansiquet, qui peint elle aussi des animaux sauvages au regard appuyé.
Ce que l’art change concrètement
Une peinture ne remplace pas une action de terrain, mais elle touche un public que les campagnes institutionnelles n’atteignent pas toujours. Les toiles de Maëva Vignal circulent en galerie, sur les réseaux sociaux et lors d’événements caritatifs, chaque vente finançant indirectement des associations comme celles qu’elle cite. On peut trouver ça anecdotique, une toile ne loge ni ne soigne un animal. Mais elle change la manière dont on regarde un renard ou un blaireau, et pour des espèces classées nuisibles dans une partie du pays, ce regard-là compte déjà pour quelque chose.
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