Cirques français : des lions sans refuge avant l’interdiction de 2028

Sommaire7 sections
  1. 01Une loi votée, une échéance qui approche
  2. 02Le cirque Zavatta, un cas qui résume le problème
  3. 03Pourquoi les refuges manquent de places
  4. 04Le coût de garder un lion en vie
  5. 05Le plan de l’État : 35 millions d’euros sur trois ans
  6. 06Ce qui attend les lions d’ici 2028
  7. 07Vers quelles solutions

La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale interdit la détention et la présentation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants à partir de 2028. Pour les lions nés en captivité, l’échéance approche sans qu’une solution de repli existe vraiment : les refuges manquent de places, et personne ne sait encore où iront tous ces animaux.

Une loi votée, une échéance qui approche

Le texte de 2021 a fixé un délai de sept ans avant l’interdiction totale des animaux sauvages dans les cirques itinérants. Ce délai devait laisser le temps aux troupes de se reconvertir ou de placer leurs animaux dans des structures adaptées. Pour un lion né sous chapiteau, la reconversion pose un problème concret : il faut lui trouver un enclos, un suivi vétérinaire, et une structure capable de financer tout cela sur le long terme.

Le cirque Zavatta, un cas qui résume le problème

Le cirque Claudio Zavatta illustre la difficulté. Accusé à plusieurs reprises de maltraitance envers ses lions, il continue d’en présenter alors que l’échéance de 2028 se rapproche. Selon l’association One Voice, des lionceaux y seraient encore nés récemment, ce qui allonge la liste des animaux à reclasser au lieu de la réduire. Le cirque, de son côté, avance que ses lions, nés sous chapiteau, ne pourraient de toute façon pas survivre en milieu naturel.

Pourquoi les refuges manquent de places

Les structures françaises capables d’accueillir de grands félins restent peu nombreuses, et leurs places sont déjà occupées par des animaux saisis lors de trafics ou de fermetures de zoos. Un lion né en captivité ne peut pas être relâché : il n’a jamais chassé et ne survivrait pas seul. Il lui faut un enclos vaste, sécurisé, avec un accès à l’eau et à l’ombre, et un suivi vétérinaire permanent. Peu de refuges peuvent financer cela sans aide extérieure.

Le coût de garder un lion en vie

Nourrir un lion adulte représente une dépense quotidienne réelle : plusieurs kilos de viande par jour, auxquels s’ajoutent les soins vétérinaires, le transport lors des tournées et un personnel formé à la manipulation de grands fauves. Pour un cirque qui ne pourra bientôt plus légalement présenter ces animaux, cette charge devient une dépense pure, sans aucune recette en face. C’est ce déséquilibre qui pousse certaines troupes à chercher activement une porte de sortie, sans toujours la trouver.

Le plan de l’État : 35 millions d’euros sur trois ans

Face à ce blocage, le ministère de la Transition écologique a lancé en 2024 un plan d’accompagnement doté de 35 millions d’euros sur trois ans, destiné à aider les cirques à se reconvertir et à financer la création de nouvelles places en refuge. Un premier appel à projets pour développer l’accueil des animaux sauvages captifs existait déjà depuis 2022. Mais construire un enclos adapté à des lions prend du temps, et l’argent débloqué ne fait pas apparaître des places du jour au lendemain.

Ce qui attend les lions d’ici 2028

En attendant une place, les lions continuent de voyager avec leur cirque. Leur espace de vie reste, la plupart du temps, un enclos ou une cage de transport plus étroits que ce que recommandent les associations de protection animale. Certains cirques affirment traiter correctement leurs animaux ; les images qui circulent parfois sur les réseaux sociaux racontent une autre histoire. Un refuge peut d’ailleurs refuser un dossier parce qu’aucun cas de maltraitance n’a été formellement constaté, alors même que l’animal vit dans un espace réduit depuis des années.

Vers quelles solutions

Des centres de réhabilitation spécialisés commencent à se structurer, parfois adossés à des parcs zoologiques qui disposent déjà de l’expertise et des infrastructures nécessaires. Des partenariats entre cirques et parcs naturels sont aussi évoqués, à condition que les conditions d’accueil garantissent un espace suffisant et un suivi sérieux. Reste une question de calendrier : tant que l’offre de places restera inférieure au nombre d’animaux concernés, l’échéance de 2028 risque d’arriver avant que chaque lion ait trouvé refuge.

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