La mode du « mignon » et ce qu’elle fait subir aux animaux

Sommaire7 sections
  1. 01Quand la recherche du mignon devient maltraitance
  2. 02Des animaux réduits au rang d’accessoires
  3. 03Les plateformes, terrain favorable à ces contenus
  4. 04Une loi qui progresse plus lentement que les pratiques
  5. 05Un trafic d’animaux qui prospère sur les mêmes réseaux
  6. 06Ce que chacun peut faire à son échelle
  7. 07Distinguer un vrai sauvetage d’une mise en scène

Un chiot habillé pour une séance de yoga, un poussin teint en rose, un chien peint en panda : ces images circulent par millions sur les réseaux sociaux. Derrière l’attendrissement, il y a le plus souvent une teinture toxique, un animal stressé et un modèle économique qui vit de ces vues.

Quand la recherche du mignon devient maltraitance

La demande pour du contenu animalier attendrissant a fait naître des pratiques que les vétérinaires jugent problématiques. Teindre un chien pour lui donner l’apparence d’un panda, ou colorer artificiellement des poussins, sont des méthodes purement commerciales qui trompent le public sur la nature réelle de l’animal. Le stress qu’elles imposent est réel : la manipulation, les produits chimiques appliqués sur la peau et le temps d’immobilisation nécessaire pèsent sur des animaux qui n’ont d’autre choix que de subir.

Des animaux réduits au rang d’accessoires

Les vidéos et photos d’animaux costumés ou placés dans des situations cocasses prospèrent sur les réseaux sociaux, et une partie d’entre elles masque des abus, volontaires ou non. Le « puppy yoga », des séances de yoga organisées en présence de chiots, en est un exemple récent : l’Italie a interdit cette pratique en 2024, jugeant que les chiots y étaient exposés à un stress continu et à des manipulations répétées incompatibles avec leur bien-être.

Les plateformes, terrain favorable à ces contenus

Instagram, TikTok et YouTube hébergent un volume important de vidéos présentées comme attendrissantes mais construites sur la souffrance animale. Certains créateurs vont jusqu’à mettre délibérément un animal en danger pour ensuite filmer un sauvetage spectaculaire et capter des vues. YouTube a restreint ce type de contenu à partir de 2021, sans parvenir à l’éliminer : les vidéos concernées migrent vers d’autres formats ou d’autres plateformes dès qu’une règle se resserre.

Une loi qui progresse plus lentement que les pratiques

En France, la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale prévoit l’interdiction de la détention d’animaux sauvages dans les cirques itinérants et de la présentation de mammifères marins en delphinarium, avec une échéance fixée à 2028 pour permettre aux établissements concernés de trouver des solutions de reclassement. Le texte avance, mais son application reste progressive, et de nouvelles pratiques comme le puppy yoga apparaissent plus vite que le législateur ne peut les encadrer.

Un trafic d’animaux qui prospère sur les mêmes réseaux

Les réseaux sociaux servent aussi de vitrine à un commerce illégal d’espèces sauvages. Servals, fennecs ou écureuils exotiques y sont proposés à la vente, parfois à des prix étonnamment bas au regard du risque encouru par le vendeur. La France, du fait de sa position géographique et de sa biodiversité, se trouve à la fois pays d’origine, de destination et de transit pour une partie de ce trafic.

Ce que chacun peut faire à son échelle

En attendant des règles plus strictes et mieux appliquées, plusieurs gestes simples réduisent la diffusion de ces contenus :

  • Ne pas partager de contenu montrant un animal stressé ou placé dans une situation qui n’est pas naturelle pour lui.
  • Signaler aux plateformes les comptes qui exploitent visiblement des animaux, quand ces contenus enfreignent leurs règles.
  • Soutenir les associations de protection animale par un don ou une signature de pétition.
  • Expliquer autour de soi pourquoi ces pratiques posent problème, au-delà de l’image attendrissante qu’elles donnent à voir.

Distinguer un vrai sauvetage d’une mise en scène

Quelques signes aident à repérer une vidéo construite plutôt qu’un secours réel : l’animal semble placé dans une situation trop précisément cadrée pour être fortuite, la caméra est déjà en place au moment du danger, et le sauveteur intervient avec un aplomb qui trahit une répétition. Un vrai sauvetage, à l’inverse, est rarement filmé sous un angle avantageux, l’intervenant improvise et l’issue n’est jamais garantie d’avance.

La sensibilisation reste l’outil le plus disponible pour changer la donne. Comprendre ce qui se cache derrière une image attendrissante, une teinture, un animal immobilisé, un tournage répété, permet de refuser plus facilement ces contenus plutôt que de les relayer sans y penser.

Résumer cet article avec :

Partager :