Didier Masci condamné à verser plus de 30 000 € à Trisk’ailes
Sommaire8 sections
- 01Un centre né d’une scission
- 02Un différend sur les locaux et les loyers
- 03Une exécution de dix-sept ans de bénévolat en question
- 04Une décision exécutoire malgré l’appel
- 05Une situation personnelle très dégradée
- 06Un centre de soins soumis à autorisation
- 07Environ 160 animaux en jeu
- 08Un appel encore incertain
Le tribunal judiciaire de Lorient a condamné Didier Masci à verser plus de 30 000 € à l’association Trisk’ailes. Le fondateur du centre de soins pour animaux sauvages de Languidic, dans le Morbihan, a annoncé faire appel de cette décision.
Un centre né d’une scission
Didier Masci a fondé, dix-sept ans plus tôt, l’association Volée de Piafs, dédiée à la réhabilitation des animaux sauvages blessés dans le Morbihan. Des dissensions internes profondes l’ont conduit à quitter cette structure en 2021 pour créer sa propre association. Volée de Piafs, restée entre les mains des anciens responsables, a depuis pris le nom de Trisk’ailes.
Un différend sur les locaux et les loyers
Le litige oppose Didier Masci à la nouvelle direction de Trisk’ailes autour des locaux où l’association exerce son activité, propriété de Didier Masci et de son ancienne compagne. Trisk’ailes y a versé des loyers pendant plusieurs années sans disposer d’un accès plein et entier aux bâtiments, une situation à l’origine de la procédure engagée devant le tribunal judiciaire de Lorient. Le montage juridique, courant chez les petites associations animalières, consiste à louer un local à son propre fondateur : il fonctionne tant que les relations restent bonnes, mais devient une source de contentieux dès qu’un désaccord de gouvernance survient, comme cela a été le cas ici en 2021.
Une exécution de dix-sept ans de bénévolat en question
Didier Masci met en avant les dix-sept années passées à recueillir et soigner des animaux sauvages blessés dans le Morbihan, d’abord sous la bannière de Volée de Piafs puis dans la structure qu’il a créée après son départ en 2021. Cette antériorité ne pèse pas devant le tribunal, qui a tranché le litige sur la seule base des loyers dus et de la propriété du matériel, sans lien avec la durée d’engagement de l’une ou l’autre des parties dans la cause animale.
Une décision exécutoire malgré l’appel
Le jugement est exécutoire de droit par provision, ce qui signifie que Trisk’ailes peut réclamer le paiement des sommes dues sans attendre l’issue d’un éventuel appel. Céline Vacher, présidente de Trisk’ailes, indique qu’aucune décision n’a encore été prise sur la suite à donner à cette exécution.
Une situation personnelle très dégradée
Didier Masci décrit une situation financière précaire : il vit actuellement en caravane et affirme ne posséder que peu de biens saisissables, à l’exception de son vélo et de quelques machines liées à son activité d’artisan. Il qualifie la condamnation de catastrophique, estimant qu’elle menace un centre de soins bâti en dix-sept ans de bénévolat.
Un centre de soins soumis à autorisation
En France, un centre de soins pour la faune sauvage ne peut fonctionner sans un certificat de capacité délivré par la préfecture, qui encadre les espèces prises en charge et les conditions de détention temporaire avant relâcher. Cet agrément est attaché à des installations précises, ce qui explique pourquoi un conflit sur la propriété des locaux fragilise directement la capacité du centre à continuer d’accueillir des animaux, indépendamment de l’association qui en assure la gestion au quotidien.
Environ 160 animaux en jeu
Le centre fondé par Didier Masci accueille aujourd’hui près de 160 animaux sauvages en soins ou en convalescence. Si le paiement de la somme due contraint à une vente du site, aucune structure du secteur ne s’est pour l’instant présentée comme capable de reprendre l’ensemble des pensionnaires.
Un appel encore incertain
Didier Masci a fait connaître son intention de contester le jugement devant la cour d’appel. Une révision de la décision est, pour lui, la seule issue qui éviterait la vente du centre et préserverait l’avenir des animaux qui y sont hébergés. Le calendrier de cette procédure d’appel n’a pas encore été précisé, et une décision en appel peut prendre plus d’un an à Rennes, la cour compétente pour le Morbihan.
L’affaire illustre une difficulté récurrente pour les petits centres de soins associatifs : leur survie tient souvent à un accord informel sur des locaux appartenant à une personne physique, un montage qui devient fragile dès qu’un conflit interne éclate au sein de l’association qu’ils hébergent. Dans le Morbihan, plusieurs autres structures de sauvegarde de la faune sauvage fonctionnent sur un schéma comparable, où le fondateur reste propriétaire du terrain et des bâtiments longtemps après avoir cédé la direction de l’association. Le sort du centre de Languidic dépendra désormais autant de la décision de la cour d’appel de Rennes que de la capacité de Trisk’ailes et de Didier Masci à trouver un accord amiable avant que la vente ne devienne inévitable.
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