À Gaza, un gardien de zoo veille seul sur des animaux en survie
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Au zoo de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, des dizaines d’animaux ont survécu pendant des mois à la guerre avec des rations irrégulières et sans soins vétérinaires réguliers. En 2024, une organisation internationale de protection animale a fini par intervenir pour évacuer une partie d’entre eux vers la Jordanie.
Un petit zoo privé déjà fragile avant la guerre
Le zoo de Rafah, parfois surnommé « le zoo des chagrins » par la presse internationale, hébergeait avant octobre 2023 plusieurs dizaines d’animaux : lions, singes, oiseaux et divers petits mammifères. L’établissement était connu pour ses conditions précaires bien avant le conflit actuel. Des reportages avaient déjà signalé que son propriétaire faisait retirer les griffes de certains lions pour permettre des séances de photos avec les visiteurs, une pratique douloureuse et dénoncée de longue date par les vétérinaires.
Ce type d’établissement, souvent qualifié de « zoo de fortune » par les organisations internationales, fonctionne sans les autorisations, les infrastructures sanitaires et l’accès facile aux médicaments vétérinaires dont disposent les zoos accrédités d’Europe ou d’Amérique du Nord. Le blocus terrestre et maritime imposé à la bande de Gaza rendait déjà, avant la guerre, l’importation d’aliments spécialisés et de traitements pour animaux exotiques particulièrement compliquée.
Un an de guerre, des ressources qui s’effondrent
Depuis octobre 2023, les coupures d’électricité et les restrictions de circulation dans la bande de Gaza ont rendu l’approvisionnement en nourriture et en médicaments pour animaux de plus en plus difficile. Lors de l’offensive militaire sur Rafah au printemps 2024, le propriétaire du zoo a dû fuir la zone de combat avec sa famille, laissant une partie des animaux sur place faute de solution d’évacuation immédiate. Des reportages publiés à cette période décrivent des enclos endommagés par les combats et des animaux affaiblis par des semaines de rationnement.
Le contexte n’est pas propre à ce seul établissement. La bande de Gaza compte, avant la guerre, plusieurs petites structures privées présentant des animaux sauvages ou exotiques à un public local, sans les moyens vétérinaires et financiers des zoos publics des pays voisins.
L’intervention de Four Paws
L’organisation autrichienne Four Paws International, déjà intervenue une première fois sur ce même site en 2019 pour évacuer une lionne vers un sanctuaire jordanien, est retournée à Rafah en 2024. Selon les communiqués de l’organisation, quarante-sept animaux ont été transférés hors de la bande de Gaza, via l’Égypte, vers le refuge Al Ma’wa for Nature and Wildlife, en Jordanie, où ils bénéficient d’un suivi vétérinaire et d’enclos plus adaptés que ceux du zoo d’origine.
Ce qui reste sur place
Une partie des animaux n’a pas pu être évacuée, faute de moyens de transport disponibles au moment critique ou en raison de leur état de santé jugé trop fragile pour un transfert. Des reportages parus au printemps 2024 décrivent des cages vides à côté d’autres encore occupées, et des habitants du quartier qui ont pris le relais de manière informelle pour nourrir les bêtes restantes. Certains, selon ces mêmes reportages, ont dû improviser avec les restes de leurs propres repas faute d’accès à une nourriture adaptée aux espèces concernées.
Ce que suppose une évacuation
Une opération de ce type mobilise un transport sécurisé à travers deux frontières, une quarantaine à l’arrivée et un hébergement de longue durée dans un sanctuaire adapté à chaque espèce. Four Paws finance ce type d’évacuations principalement par des dons privés, distincts des budgets d’aide humanitaire classiques destinés aux populations civiles.
Une difficulté partagée par plusieurs sites de la bande de Gaza
Le zoo de Rafah n’est pas un cas isolé. D’autres petites structures privées présentant des animaux, réparties dans la bande de Gaza avant la guerre, ont connu des difficultés comparables, avec des morts d’animaux faute de nourriture rapportées dès les premières années du blocus. La situation du zoo de Rafah a simplement reçu davantage d’attention médiatique internationale du fait de l’intervention de Four Paws.
Ce que devient un animal évacué
Une fois arrivés à Al Ma’wa for Nature and Wildlife, en Jordanie, les animaux passent d’abord par une période de quarantaine et d’examen vétérinaire complet avant d’être installés dans des enclos pensés pour leur espèce. Ce sanctuaire, cogéré par Four Paws et les autorités jordaniennes, a déjà accueilli par le passé des animaux issus de zoos privés fermés dans plusieurs pays de la région, et sert aussi de refuge à long terme pour des lions ou des ours ayant vécu dans des conditions de captivité jugées inadaptées.
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