À Snettisham, les poulets errants et les rats exaspèrent le village
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À Snettisham, petit village du Norfolk, une centaine de poulets vivent en liberté dans un bois proche des habitations depuis plusieurs mois. Ce qui aurait pu rester une curiosité locale est devenu une source de tension, entre nuisances sonores, jardins saccagés et rats attirés par la nourriture laissée au sol. Le conseil de village a fini par menacer de retirer l’ensemble du groupe.
Un chant qui commence bien avant le jour
Pour les habitants qui vivent à proximité du bois, le sommeil est devenu la première victime de la situation. Ben King, quarante-huit ans, dit devoir dormir avec des boules Quiès pour échapper au chant des coqs, qui se répète sans interruption dès les premières lueurs de l’aube. Ce n’est pas un coq isolé qui réveille la rue, mais une chorale entière qui se répond d’un bout à l’autre du bois, sans respecter la moindre pause. « Ils sont hors de contrôle maintenant, il n’y en a plus un ou deux », résume-t-il. Le nombre de poulets aurait fortement augmenté ces derniers temps, sans qu’aucune donnée précise ne permette de dater l’origine exacte de cette population installée dans le bois.
Des jardins retournés, des poubelles éventrées
Les poulets ne se contentent pas de faire du bruit. Quand ils s’aventurent dans les jardins, ils grattent le sol sur de larges surfaces et détruisent les plantations, comme le décrit Rod Mackenzie, conseiller du village : les oiseaux « creusent tout ». Le problème s’est amplifié avec l’afflux de visiteurs venus observer la petite colonie, qui laissent derrière eux toutes sortes de nourriture, jusqu’à des restes de crevettes, sans se rendre compte que ces déchets attirent bien plus que les poulets.
Les rats, conséquence directe des restes de nourriture
La nourriture abandonnée par les visiteurs et par certains habitants qui nourrissaient volontairement les poulets a eu un effet secondaire : une prolifération de rats, jugée préoccupante dans les comptes rendus du conseil de village, qui évoquent un risque sanitaire potentiel. Les rongeurs se reproduisent vite dès qu’une source de nourriture reste disponible en continu, et un tas de restes oublié une nuit suffit à en attirer plusieurs.
Le village coupé en deux
La question divise. Une partie des habitants apprécie le charme rural de voir des poulets errer librement, et s’oppose à toute intervention. L’autre partie, la plus exposée aux nuisances, réclame le retrait pur et simple de la colonie. Le conseil de village a évoqué la possibilité de faire enlever l’ensemble des oiseaux, sans qu’une décision définitive n’ait été prise à ce jour.
Un village connu pour d’autres oiseaux
Snettisham n’est pas un village anonyme pour les naturalistes britanniques. Sa réserve, gérée par la RSPB, attire chaque hiver des ornithologues venus observer les vastes rassemblements d’oies à bec court et les impressionnants nuages d’étourneaux qui évoluent au-dessus des vasières à marée montante. C’est dans ce contexte, celui d’un village habitué à une faune sauvage plutôt bien accueillie, que l’irruption d’une colonie de poulets en liberté prend une tournure presque paradoxale : les mêmes habitants qui valorisent la présence des oiseaux migrateurs sur la côte se retrouvent divisés face à une centaine de volatiles domestiques redevenus sauvages à quelques rues de chez eux.
Aucune solution actée pour l’instant
La dernière réunion du conseil de village a permis de reposer le problème sur la table, sans qu’une mesure concrète n’en ressorte. Entre le souhait de préserver une ambiance de village et la nécessité de limiter les nuisances et les risques sanitaires liés aux rats, aucun camp n’a pour l’instant obtenu gain de cause. L’affaire reste à l’ordre du jour des prochaines réunions.
Cette comparaison avec d’autres villages n’enlève rien à l’urgence ressentie sur place : pour les riverains directement touchés, le fait que la situation existe ailleurs ne rend ni le bruit ni les rats plus supportables.
Le sort de ces poulets reste suspendu à une décision que le conseil de village n’a, à ce stade, pas encore prise.
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