La perruche à collier : taille, plumage vert et collier noir du mâle
Sommaire7 sections
- 01Une silhouette reconnaissable entre toutes
- 02Le collier, un attribut réservé aux mâles
- 03Une aire de répartition à cheval sur deux continents
- 04Une espèce devenue invasive en Europe
- 05Un régime alimentaire opportuniste
- 06Reproduction et statut de conservation
- 07Observer la perruche à collier sans la déranger
Dans les parcs de Bruxelles ou de Paris, un cri perçant trahit souvent la perruche à collier avant qu’on ne l’aperçoive, verte et longue d’une quarantaine de centimètres. Plusieurs milliers d’individus nichent aujourd’hui en liberté dans les grandes villes d’Europe, où l’espèce Psittacula krameri s’est installée depuis plus d’un demi-siècle. Elle vient en réalité d’une large bande allant du Sénégal à la Somalie en Afrique, et du Pakistan au Myanmar en Asie du Sud. C’est l’un des perroquets sauvages les plus faciles à observer en France.
Une silhouette reconnaissable entre toutes
La perruche à collier mesure autour de 40 centimètres de long, queue comprise, pour une envergure d’environ 50 centimètres et un poids compris entre 90 et 145 grammes. Le corps est vert, plus clair sous le ventre, avec un bec rouge et crochu adapté aux graines dures et aux fruits. La longue queue effilée et le vol rapide, ponctué de battements courts, la distinguent de loin des autres perruches vertes qu’on croise parfois en volière.
Le collier, un attribut réservé aux mâles
Seul le mâle adulte porte le collier noir et rose qui donne son nom à l’espèce, un anneau qui n’apparaît qu’à sa maturité sexuelle, vers deux ou trois ans. Chez le jeune et chez la femelle, le cou reste uniformément vert. Un reflet bleuté sur les longues plumes centrales de la queue complète le plumage du mâle en vol.
Une aire de répartition à cheval sur deux continents
À l’état naturel, la perruche à collier occupe deux zones bien distinctes : une bande sahélienne allant du Sénégal à l’ouest de l’Ouganda et au Soudan en Afrique, et un vaste territoire du Pakistan au Myanmar en passant par l’Inde et le Sri Lanka en Asie du Sud. Entre ces deux populations, les ornithologues distinguent plusieurs sous-espèces qui diffèrent légèrement par la taille et la teinte du plumage. La sous-espèce indienne, plus répandue dans le commerce d’oiseaux de compagnie depuis des décennies, est aussi la principale source des populations aujourd’hui installées en Europe.
Une espèce devenue invasive en Europe
Des perruches à collier échappées de captivité ou relâchées ont fondé des populations sauvages dans plusieurs grandes villes européennes depuis les années 1970. Bruxelles en compte plus de 8 000, un chiffre suivi depuis les premiers lâchers de 1973 et 1974. En Île-de-France, la population est passée d’environ 1 100 oiseaux en 2008 à plus de 5 000 en 2016, avec des colonies également présentes à Lille et à Nancy.
Un régime alimentaire opportuniste
La perruche à collier mange des fruits, des graines, des bourgeons et des fleurs, et s’adapte facilement aux ressources urbaines : mangeoires, arbres fruitiers de parcs, restes alimentaires. Cette souplesse alimentaire, plus que le climat, explique sa capacité à coloniser des milieux très différents des savanes africaines ou des plaines indiennes où elle vit naturellement. Dans certaines régions agricoles d’Asie, ces perruches forment des bandes assez nombreuses pour causer de vrais dégâts sur les cultures de céréales, ce qui en fait localement une espèce classée nuisible, un statut qu’elle n’a pas en France où sa présence reste trop récente et trop limitée pour peser sur l’agriculture.
Reproduction et statut de conservation
La femelle pond de 2 à 6 œufs dans une cavité d’arbre, qu’elle couve seule pendant environ trois semaines, et les jeunes quittent le nid au bout d’un mois. L’espèce est classée en préoccupation mineure par l’UICN, sa population mondiale étant jugée stable, voire en expansion grâce aux populations invasives. En France, elle n’est pas menacée, mais elle entre parfois en concurrence avec des espèces cavernicoles locales pour les sites de nidification.
Observer la perruche à collier sans la déranger
Le cri caractéristique, un kiiu-kiiu répété et perçant, trahit sa présence bien avant qu’on l’aperçoive. Elle se repère facilement au crépuscule, quand les bandes se rassemblent en dortoirs communs dans quelques grands arbres du parc, parfois plusieurs centaines d’individus ensemble. Garder ses distances suffit à ne pas perturber ces rassemblements, qui font partie des spectacles ornithologiques les plus accessibles en ville.
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