Le tigre : cinq faits sur sa biologie et son statut d’espèce menacée
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Un tigre voit six fois mieux que nous dans la pénombre, ce qui pèse davantage sur sa réussite à la chasse que sa taille, pourtant record parmi les félins sauvages. Son incapacité à ronronner, l’odeur de pop-corn beurré qu’il laisse sur les troncs et le sort réservé à la moitié de ses petits en disent tout autant sur l’espèce que les superlatifs habituels. Cinq faits vérifiés, chacun propre à l’espèce.
Une vue nocturne six fois supérieure à la nôtre
Le tigre voit environ six fois mieux que l’être humain dans l’obscurité. Cette performance vient d’une pupille large, d’un cristallin volumineux et d’une couche réfléchissante placée derrière la rétine, le tapetum lucidum, qui renvoie la lumière une seconde fois vers les photorécepteurs. C’est ce même dispositif qui donne aux yeux du tigre leur éclat vert ou jaune quand un faisceau les frappe la nuit. Cette vision lui permet de repérer une silhouette immobile dans une pénombre où l’œil humain ne distingue plus rien, un atout décisif pour un chasseur qui s’approche le plus souvent à la faveur du crépuscule.
Un félin qui ne sait pas ronronner
Le tigre appartient au genre Panthera, comme le lion, le léopard et le jaguar. Chez ces quatre espèces, l’os hyoïde qui soutient le larynx reste partiellement cartilagineux et flexible, ce qui autorise le rugissement mais empêche le ronronnement continu que produisent les petits félins comme le chat domestique. Pour exprimer une humeur détendue ou saluer un congénère, le tigre émet plutôt un « chuffing », un souffle bref par les narines, répété deux ou trois fois de suite. Ce son a été observé aussi bien en captivité que dans la nature, et il n’a rien à voir avec le grondement grave qui précède une charge.
Une odeur de pop-corn beurré sur les troncs
Le tigre marque son territoire en aspergeant les troncs et les rochers d’un mélange d’urine et de sécrétions issues de glandes situées près de la queue. Ce jet contient une molécule, la 2-acétyl-1-pyrroline, la même qui donne au pop-corn chaud son odeur reconnaissable. Des naturalistes de terrain ont noté depuis longtemps cette odeur particulière dès qu’un tigre est passé récemment dans un secteur. Le marquage sert à la fois à délimiter un territoire face aux rivaux et à signaler à distance qu’une femelle est prête à s’accoupler.
Le tigre blanc, une anomalie génétique et non une sous-espèce
Le tigre blanc n’existe ni comme sous-espèce ni comme espèce distincte : c’est un tigre du Bengale porteur d’une mutation récessive qui bloque la production de pigment roux sans toucher au noir des rayures. Le dernier individu blanc connu à l’état sauvage a été abattu en Inde en 1958. Tous les tigres blancs vivant aujourd’hui en captivité descendent d’un seul mâle, Mohan, capturé en 1951 dans l’État du Madhya Pradesh, puis croisé de manière répétée avec ses propres descendantes pour fixer le gène. Cette consanguinité imposée explique la fréquence des malformations relevées chez ces animaux, du strabisme à la scoliose.
Une jeunesse où un petit sur deux ne passe pas le cap des deux ans
La mortalité juvénile chez le tigre reste élevée : environ la moitié des petits meurent avant leur deuxième anniversaire. Les causes se répartissent entre la famine, quand la mère enchaîne les échecs de chasse, l’infanticide commis par un mâle étranger qui prend le contrôle d’un territoire, et la prédation par d’autres carnivores lorsque la mère s’absente pour chasser. Une tigresse reste avec sa progéniture environ deux ans, le temps de leur apprendre à tuer seuls, avant que les jeunes ne partent chercher leur propre territoire.
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