Le pinson des arbres : chant, habitat et rôle dans la forêt
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Le pinson des arbres doit son nom scientifique, Fringilla coelebs, à une erreur d’observation de Linné : en Suède, l’hiver, il ne voyait que des mâles, les femelles ayant déjà filé vers le sud. Il les a appelés « célibataires ». C’est resté, et ça décrit encore assez bien ce que fait cet oiseau commun de nos jardins : les sexes ne passent pas l’hiver au même endroit.
Un chant qui identifie le mâle à coup sûr
Le mâle mesure environ 14,5 centimètres et pèse entre 18 et 29 grammes selon la saison. Son chant est une cascade descendante de deux à trois secondes, terminée par une note qui claque, un peu comme une balle de ping-pong qui rebondit puis s’arrête net. Les ornithologues débutants s’en servent souvent comme premier repère sonore, tant il revient tôt au printemps et tant il chante depuis un perchoir découvert.
Des femelles qui migrent plus loin que les mâles
Dans les populations du nord et de l’est de l’Europe, une partie des oiseaux migre vers le sud à l’automne, et les femelles vont en moyenne plus loin que les mâles. Les mâles, restés plus près des sites de reproduction, sont les premiers à revenir défendre un territoire au printemps, ce qui leur donne un avantage pour attirer une partenaire. En France, beaucoup de pinsons des arbres sont sédentaires, mais l’espèce accueille aussi l’hiver des migrateurs venus de Scandinavie et de Russie.
Un régime qui change avec les saisons
Le pinson des arbres se nourrit surtout de graines : faînes de hêtre, graines de graminées, semences tombées au sol. Il se déplace en sautillant plutôt qu’en marchant, becquetant la litière plus qu’il ne fouille les branches. Au printemps, quand il élève des jeunes, son régime bascule vers les insectes et les chenilles, seule nourriture assez riche en protéines pour faire grandir les oisillons en une dizaine de jours.
Une nichée en hauteur, parfois deux dans l’été
Le nid, tissé de mousse, de lichens et de toiles d’araignée, se fond dans l’écorce d’une fourche d’arbre. La femelle y pond 4 à 5 œufs qu’elle couve seule pendant 11 à 13 jours. Une première couvée a lieu en avril, une seconde est possible en juin si la saison le permet. Les jeunes quittent le nid vers 12 à 15 jours, encore incapables de bien voler, et restent nourris par les parents une semaine de plus.
Le pinson du Nord, son sosie d’hiver
En hiver, un pinson à l’allure proche mais aux flancs orangés et au croupion blanc bien visible en vol n’est pas un pinson des arbres mais un pinson du Nord, venu se réfugier depuis la Scandinavie ou la Russie. Le pinson des arbres a un croupion vert olive et deux barres alaires blanches nettes, le pinson du Nord n’a qu’une seule barre alaire pâle. Les deux espèces se mélangent parfois dans les mêmes bandes hivernales, autour des hêtraies riches en faînes.
Une espèce commune mais qui recule localement
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe le pinson des arbres en préoccupation mineure : c’est l’un des passereaux les plus répandus d’Europe, présent aussi en Asie de l’Ouest et dans les massifs du Maghreb. Ce statut global masque des baisses locales, liées à la disparition des haies et des vergers où il trouve à la fois des sites de nidification et des insectes pour ses jeunes. Il reste, en dispersant les graines qu’il picore au sol, l’un des acteurs discrets de la régénération des sous-bois.
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