La mésange bleue : apparence, alimentation et vie de jardin
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Dans les années 1920, en Angleterre, des mésanges bleues ont commencé à percer les capsules en aluminium des bouteilles de lait laissées sur le pas des portes pour boire la crème qui remonte à la surface. Le comportement s’est propagé de ville en ville en quelques décennies, bien plus vite que la seule imitation directe ne l’explique. C’est l’un des cas les mieux documentés d’apprentissage social chez un oiseau, et il dit beaucoup de l’espèce : petite, curieuse, capable d’exploiter une occasion nouvelle.
Un poids plume au plumage tricolore
La mésange bleue mesure 11 à 12 centimètres et pèse entre 9 et 12 grammes, à peine le poids d’une pièce de deux euros. Son envergure atteint environ 18 centimètres. La calotte et les ailes sont bleues, les joues blanches cerclées d’un trait sombre qui traverse l’œil, le ventre jaune vif. Cette combinaison de couleurs, rare chez les passereaux européens, la rend reconnaissable même en mouvement rapide dans le feuillage.
Une horloge calée sur les chenilles
La reproduction de la mésange bleue est réglée sur l’explosion printanière des chenilles défoliatrices, en particulier celles qui se nourrissent des jeunes feuilles de chêne. La ponte a lieu entre avril et juin selon les régions, avec une couvée de 7 à 13 œufs incubés 12 à 14 jours par la femelle seule, pendant que le mâle assure le ravitaillement. Les jeunes s’envolent environ trois semaines après l’éclosion, à condition que le pic de chenilles coïncide avec leurs besoins : un printemps trop précoce ou trop tardif peut désynchroniser l’ensemble et réduire le nombre de jeunes qui survivent.
Des cavités plutôt que des branches
Contrairement à beaucoup de passereaux, la mésange bleue ne construit pas de nid à l’air libre : elle occupe une cavité, trou d’arbre, fissure de mur ou nichoir, qu’elle tapisse de mousse et de poils. Cette dépendance aux cavités naturelles, de plus en plus rares dans les forêts gérées et les jardins nettoyés de leurs vieux arbres, explique le succès des nichoirs artificiels installés par les particuliers, que l’espèce adopte volontiers dès leur premier printemps en place.
Un régime qui bascule avec les saisons
Granivore l’hiver, la mésange bleue se rabat sur les graines de tournesol, les faînes et les résidus de graisse laissés en mangeoire. Au printemps, son régime devient presque exclusivement insectivore : un couple peut apporter plusieurs centaines de chenilles par jour à une nichée nombreuse, ce qui en fait un allié pour limiter les défoliateurs dans un jardin ou un verger sans recourir aux insecticides. Le reste de l’année, elle inspecte aussi l’écorce des arbres et le dessous des feuilles à la recherche de pucerons et de petites araignées, souvent suspendue tête en bas au bout d’une branche fine, une acrobatie que peu de passereaux de son gabarit pratiquent aussi souvent.
La mésange charbonnière, sa cousine plus grande
La mésange bleue partage ses jardins et ses nichoirs avec la mésange charbonnière, plus grande de deux à trois centimètres, à la tête noire et blanche et à la cravate noire qui descend sur le ventre jaune. Les deux espèces se disputent parfois les mêmes cavités, la charbonnière ayant l’avantage du gabarit. En vol ou dans le feuillage dense, un observateur pressé peut confondre les deux à cause du jaune commun aux deux poitrines, mais la calotte bleue de l’une et noire de l’autre tranche dès qu’on regarde la tête.
Une espèce commune, sensible aux hivers rudes
L’Union internationale pour la conservation de la nature classe la mésange bleue en préoccupation mineure, tant sa population européenne reste importante. Les hivers longs et froids restent sa principale cause de mortalité naturelle, un oiseau de cette masse corporelle disposant de très peu de réserves de graisse. C’est aussi pour cette raison que le nourrissage hivernal, quand il est régulier, profite particulièrement à l’espèce.
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